le Jeudi 24 septembre 2026

Récemment, le préfet se disait inquiet des rumeurs émanant de Québec de coupures dans divers programmes, dont celui touchant l’aménagement en forêt publique. M. Poirier est rassuré des mesures touchant, entre autres, les travailleurs sylvicoles, mais reste tout de même sur ses gardes.

«Chaque année, on ne savait jamais si les budgets dévolus pour l’aménagement et la sylviculture allaient être reconduits. C’est reconduit pour cinq ans alors c’est une bonne nouvelle. Reste qu’il y a un bout que l’on ne sait pas si l’argent qui nous était octroyé auparavant pour les régions comme la nôtre sera là. Le diable est dans les détails», lance le préfet Poirier.    

Le ministre Bachand a aussi annoncé la création du Fonds de valorisation bois, doté d’une enveloppe d’investissement de 170 millions de dollars pour favoriser la 2e et 3e transformation des produits forestiers. Québec investit aussi 30 millions de dollars pour encourager l’utilisation du bois dans la construction.

Avec les sommes octroyées aux Conférences régionales des élus confirmées pour cinq ans et de l’argent neuf pour l’offre touristique, le préfet indique que l’exercice d’hier est teinté d’un parfum d’élection.«On dirait que nous sommes au début d’une période électorale.»

Afin de bonifier l’offre touristique, le gouvernement instaure un crédit d’impôt remboursable pouvant atteindre 175 000 $ pour favoriser la modernisation de l’offre d’hébergement touristique en région pour une durée de quatre ans.

Le ministre Bachand a par ailleurs annoncé la reconduction du Fonds de développement régional (FDR) pour un total de 300 millions de dollars sur cinq ans. L’appui inconditionnel aux centres locaux de développement  (CLD) se prolonge également.

La dette

La préfète de Rocher-Percé, Diane Lebouthillier qualifie de bon le budget provincial en apportant toutefois des bémols.

L’augmentation de la dette qui pèsera lourd sur les prochaines générations et les redevances minières sont parmi les points négatifs soulignés par Mme Lebouthillier. Les investissements en logement sont toutefois de bon augure pour la MRC, ajoute la préfète.«Je pense que le projet de logements pour les personnes âgées à Grande-Rivière pourrait voir le jour.»

De fait, le gouvernement injecte une somme de 330 millions de dollars pour l’adaptation de logements et pour la construction de 3 000 nouveaux logements, soit 2 500 logements sociaux et 500 logements locatifs privés dans les municipalités aux prises avec une pénurie de logements.

Les millions versés au secteur forestier est également une bonne nouvelle, mais trop échelonnés dans le temps, croit Mme Lebouthillier. «On parle de 500 millions de dollars, mais pour toutes les régions et sur des périodes de cinq ans.»

La préfète salue également le programme de régime de retraite pour toutes les entreprises de plus de 5 employés. «On sait que dans le secteur des pêches, les gens n’ont pas de régime d’épargne retraite. C’est donc une bonne nouvelle».

 

Avec la collaboration de Antoine Rivard-Déziel

L’établissement quatre étoiles de 40 à 60 chambres, baptisé Auberge Nouvelle-France, créerait 48 à 74 emplois selon la saison, et serait ouvert neuf mois sur douze.

Murdochville mise sur sa neige, ses sentiers de motoneige et son centre de ski pour attirer des clients du Québec, de l’Ontario, des Maritimes, de la Nouvelle-Angleterre et de l’Europe.

Anonyme

Le promoteur était absent du point de presse à Murdochville hier, et ses deux chargés de projet basés à Murdochville taisent son identité. Il s’agit d’un Canadien, «qui investit dans des projets partout dans le monde», précise la chargée de projet Francine Chouinard. Il serait accompagné d’un «groupe d’investisseurs» tout aussi anonyme pour le projet d’auberge.

Ultimatum

En mai 2011 à Québec, le promoteur a rencontré des représentants du gouvernement du Québec pour leur demander une aide financière de 2 millions de dollars sur les 18 millions nécessaires.

«On est inquiets face au temps que met le gouvernement à répondre à la requête de l’investisseur, affirme Mme Chouinard. On ne veut pas perdre un projet qui nous permettrait de faire revivre Murdochville.» L’homme d’affaires lance un ultimatum de 30 jours, au-delà duquel la ville «risque de perdre des capitaux privés».

Se sentir «le bienvenu»

L’aide du gouvernement serait «un signe d’acceptabilité sociale, pour qu’il se sente le bienvenu à Murdochville et en Gaspésie», affirme la chargée de projet. Mme Chouinard ne précise pas s’il s’agirait d’un prêt ou d’une subvention. «Le promoteur est très souple dans la façon dont ça lui sera accordé.»

Si le promoteur reçoit l’aide demandée, la construction de l’auberge pourrait commencer ce printemps, pour ouvrir en décembre 2013.

La femme, dont nous devons taire l’identité, a battu sa propre fille sur une base quasi quotidienne sur une période de 5 ans dans les années 80. La sexagénaire utilisait divers objets pour brutaliser la victime, qui était âgée de 7 ans quand les sévices ont débuté.

Devant un rapport défavorable à l’endroit de l’accusée, le juge Embert Whittom, de Percé, a imposé une peine de détention de 22 mois fermes à la femme, qui se voit aussi ajouter une probation de deux ans et une interdiction de contact avec la victime.

Changement d’avocat

L’homme dans la vingtaine qui aurait gravement brûlé la fillette de sa conjointe devra se trouver un nouvel avocat. La comparution du suspect devait se dérouler  jeudi dernier, mais le désistement du juriste a forcé le Tribunal à reporter la cause le 24 avril. En janvier dernier, l’individu aurait plongé la fillette de 22 mois dans un bain d’eau bouillante, ne supportant plus ses pleurs.

La bambine a été gravement brûlée au bas du corps et a dû être hospitalisée une dizaine de jours dans un à Québec. Cette dernière, qui récupère bien de ses blessures, devrait néanmoins conserver des séquelles à la suite des événements.

Tonton Serge

Accusé d’avoir agressé sexuellement des mineurs, l’ancien journaliste à la station de télévision communautaire de Grande-Rivière, Serge Langlois, alias Tonton Serge, connaîtra sous peu la date de son procès. L’homme de 53 ans, qui a plaidé non coupable a opté pour une audience devant juge seul qui devrait durer au minimum trois jours.

L’individu fait face à une dizaine d’accusations dont attouchements et incitations à des attouchements de nature sexuelle sur 4 victimes, deux garçons et deux filles, de moins de 14 ans. Les actes reprochés au suspect se seraient déroulés de 1975 à 2001 à Grande Rivière.

Par ailleurs, une accusation de vol s’est ajoutée aux actes reprochés à Langlois. Lors de la perquisition au domicile du suspect au moment de son arrestation, les policiers ont découvert de l’équipement audiovisuel qui appartiendrait à son employeur.

En 2012, 38 000 passagers et membres d’équipage feront escale à Gaspé, soit davantage que les trois années précédentes additionnées. La ministre du Tourisme, Nicole Ménard, de passage en Gaspésie vendredi, estime que l’industrie des croisières «est en pleine expansion et demeure l’un des secteurs les plus prometteurs. Mais les destinations se multiplient partout dans le monde, et il est important de se positionner», ajoute-t-elle.

Gare intermodale

La gare intermodale, à la marina de Gaspé, et l’aménagement des alentours coûteront 6,7 millions de dollars. Le bâtiment, d’une superficie totale de 600 mètres carrés (sur deux étages) hébergera notamment  le bureau d’information touristique, le service de Via Rail et une salle d’accueil pour les croisiéristes, qui attendront là le départ du train touristique.

La gare intermodale sera dotée d’une structure en bois. Au deuxième étage, une esplanade permettra aux touristes comme aux Gaspésiens de profiter de la vue. Le bâtiment deviendra aussi le point de départ de la piste cyclable de Gaspé.

En février 2010, un incendie avait endommagé la gare Via de Gaspé. Depuis, les passagers attendent le train dans une roulotte. La construction de la nouvelle gare devrait commencer ce printemps et s’échelonner sur un an.

Train touristique

Les premiers passagers du train touristique prendront donc le départ sur un chantier de construction. Cinq voyages Gaspé-L’Anse-à-Beaufils sont prévus à l’automne. Trois wagons donnés par l’Agence métropolitaine de transport de Montréal à la Société de chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) seront bientôt rénovés pour convenir aux touristes.

Le train touristique, baptisé L’Amiral, coûtera 2,1 millions $ pour la transformation des wagons, le design et la promotion, l’achat d’une locomotive, la construction d’un quai de débarquement à Coin-du-Banc et des travaux à la gare de L’Anse-à-Beaufils.

D’autres circuits prévus

Des guides-interprètes accompagneront 250 passagers à la fois sur les 80 kilomètres du trajet. À l’été 2013, une dizaine de départs pourraient être offerts en plus à «des dates-clés» pour des touristes qui ne sont pas des croisiéristes, affirme Olivier Demers, directeur de la SCFG.
«Parmi les dix départs, certains seront dans la Baie-des-Chaleurs, indique M. Demers. On pense par exemple à un circuit « Maximum Blues », pour lier le trajet à un événement.»

DEC se fait attendre

La ville de Gaspé et la Société de chemin de fer attendent toujours le feu vert de Développement économique Canada (DEC), qui doit confirmer une somme de 3,88 millions de dollars pour ces projets.  «On n’a pas tellement de marge de manœuvre pour la construction», indique Gaétan Lelièvre, président d’Escale Gaspésie.

DEC exige que les sommes liées à la stratégie croisières soient toutes engagées avant le 31 mars 2013, mais le ministre responsable, Denis Lebel, n’a pas encore donné sa réponse officielle.

Gaspé et la Société de chemin de fer investissent quant à elles près de 2 millions de dollars dans la gare et le train.

La compagnie souhaite prélever l’argile de l’arrière-pays de l’Estran, extraire les 24  % d’alumine qu’elle contient et l’expédier vers les alumineries de la Côte-Nord.

Le président d’Orbite, Richard Boudreault, a souvent dit que l’usine d’alumine métallurgique serait «le plus près possible» de la mine. Il fallait le prendre au mot, comprend-on à la lecture de l’évaluation économique préliminaire du projet, préparée par la firme Génivar.

Un bail sous étude

Le 14 septembre 2011, Orbite a déposé sa demande de bail au ministère des Ressources naturelles et de la Faune, où elle est sous étude, apprend-on dans un dossier du Journal GRAFFICI.

Le bail (et donc la mine à ciel ouvert) serait situé à deux kilomètres à l’est de la route G-103 (la Craque), entre Grande-Vallée (à 23 kilomètres) et Murdochville (à 32 kilomètres). Ce secteur est sur le territoire de la municipalité de Madeleine, même si le trajet de la route donne l’impression d’être chez ses voisines.

L’usine de traitement du minerai serait construite à 500 mètres de la mine, sur une surface relativement plane du secteur, toujours à Madeleine. «D’autres sites (Murdochville) ont été évalués mais disqualifiés à cause d’obligations économiques et d’infrastructures, et pour des raisons de coûts», écrit-on dans l’évaluation.

Le quai de Grande-Vallée «préféré»

Le «scénario préféré» d’Orbite pour expédier l’alumine vers la Côte-Nord consiste à utiliser le grand quai de Grande-Vallée. Le produit serait transporté par camion de l’usine jusqu’au parc industriel du village (près de la scierie du Groupe GDS). Des convoyeurs achemineraient ensuite l’alumine jusqu’au quai, via un trajet qui passerait au nord-ouest de Grande-Vallée «pour prévenir toute perturbation de l’environnement existant».

Une «étude d’optimisation devra être entreprise à l’étape de l’étude de faisabilité», précise l’évaluation, pour «sélectionner l’emplacement final et exact de l’usine, ainsi que les moyens de transport et le port». Toutefois, en ce qui concerne l’emplacement de l’usine, le document n’envisage aucun autre scénario que le site de la mine.

Le projet de 500 millions de dollars créerait environ 200 emplois. L’usine d’alumine métallurgique traiterait près de 7000 tonnes d’argile par jour.

Une autre usine à Cap-Chat

L’usine d’alumine de haute pureté est toujours prévue à Cap-Chat. Orbite a d’ailleurs annoncé récemment qu’elle stoppe les activités de son usine-pilote dans ce village pour commencer la conversion du bâtiment en une usine de production commerciale d’alumine d’une pureté de 99,99 % et plus. Ce type d’alumine est notamment utilisé pour fabriquer de la fibre optique, des lumières DEL et dans l’industrie automobile.

Le journal GRAFFICI d’avril contient plus de détails sur le projet d’Orbite.

 

Le spectacle sera une fresque historique qui allie théâtre, musique, chant et projections vidéo. Au total, 27 artisans œuvreront en coulisses et 54 comédiens et chanteurs défileront sur les planches. Les trois quarts des participants sont des élèves de l’école Antoine-Roy.

Voyage dans le temps

Le Grand Voyage mènera notamment les spectateurs en 1856, lors de la construction du phare de Cap-des-Rosiers, en 1909 pendant la révolte des pêcheurs de Rivière-au-Renard et lors de la Seconde Guerre Mondiale, lorsque se déploie un arsenal militaire dans la baie de Gaspé.

Des investissements de près de 300 000 $ ont été nécessaires pour les décors, les costumes, les trames sonores, la conception multimédia, la technique et la promotion.

Pour les touristes?

Depuis huit ans, l’école Antoine-Roy en est à sa cinquième production culturelle. «Jusqu’ici, nos productions avaient une portée scolaire et communautaire, explique Claudio Bernatchez, producteur délégué. Cette fois-ci, on ne veut pas que ça en reste là. Ça pourra devenir un outil d’attraction pour que les touristes passent plus de temps chez nous et maximiser les retombées économiques du tourisme.»

«Ce qu’on veut voir, quand on va à l’extérieur, c’est la culture locale. C’est ça qu’on va proposer. En plus, les participants sont des descendants de ceux qui ont fait l’histoire», renchérit Steve Boulay, l’enseignant d’Antoine-Roy qui a conçu et mis en scène le spectacle.

Les concepteurs ont prévu quatre représentations les 11, 12, 18 et 19 mai au gymnase de l’école Antoine-Roy. Si le projet est présenté aux touristes, ce sera au plus tôt à l’été 2013.

Au téléphone, son ton est autoritaire, presque véhément. Des portraits de femmes fortes? Elle a une opinion là-dessus. Et elle vous la fait connaître. «Vous devriez parler aussi de Délisca Roussy [la mairesse de Murdochville]! Je suis prête à lui laisser ma place!», s’emporte-t-elle. En personne, ses 5 pieds 2 surprennent. À l’entendre, on l’aurait cru plus grande.

Micheline Pelletier était à la retraite depuis peu quand elle s’est lancée dans la mêlée aux élections de 2005. Son mari depuis 46 ans, Gaston Synnett, n’était pas d’accord. «Je trouvais qu’elle avait fait sa part.» Pas elle. Mme Pelletier avoue avoir «un sens des responsabilités exacerbé».  Au point où elle a eu du mal, au début de son mandat, à demeurer dans son rôle. Des citoyens passaient à son bureau pour lui demander de la nourriture, rapporte le conseiller municipal Charles Soucy. «Il a fallu qu’on lui dise : « Ça, c’est l’affaire d’autres ressources, du CLSC ».»

Il lui est arrivé – et plus d’une fois – de fondre en larmes en prononçant un discours. Émotive, la mairesse? «Elle pleure en écoutant les nouvelles à la télé», rapporte son mari. Pendant l’entrevue, les larmes lui viennent à deux reprises.

La mairesse a ses détracteurs, qui ont du mal à endurer son «ton» et ses propos. Certains ont lancé au GRAFFICI : «Ah! Non! Vous n’allez pas encore parler de Mme Pelletier!» Jacques Lavoie, ex-maire de Sainte-Anne-des-Monts, l’avait encouragée à se présenter à la mairie. Aujourd’hui, il demande «Où est-ce qu’elle s’en va? On a l’air d’une gang de braillards, et l’entrepreneurship a pris le bord!» D’autres lui reprochent «sa cassette misérabiliste».

Quand on lui rapporte ces propos, Mme Pelletier s’avance sur sa chaise, lève un doigt et hausse le ton. «Ma cassette, c’est celle d’une personne indignée! Il faut passer par l’indignation avant de construire! […] Les gens qui disent ça veulent rester dans leur confort et ne pas voir la réalité. On est des élus. On ne peut pas laisser des gens pourrir dans la dévitalisation!»

«De la mitraillette»

La mairesse a déjà traité un citoyen de «clown» et déclaré que le député Pascal Bérubé avait «manqué son coup». Oui, il lui arrive de regretter ses dires. «Mais d’habitude, je regrette plus la façon dont je l’ai dit que ce que j’ai dit», précise-t-elle.

«J’ai un sens de la répartie qui est de la mitraillette et je fais peur à certaines personnes», admet Mme Pelletier. Toutefois, «elle n’est pas une femme entêtée», assure Maryse Létourneau, qui travaille à ses côtés depuis dix ans dans des organismes de développement. «Face à Mme Pelletier, il faut être armé d’arguments pour la faire changer d’idée. Quelqu’un qui ne l’est pas peut se sentir écrasé», ajoute-t-elle.

Pour comprendre Mme Pelletier, il faut savoir d’où elle vient. Elle articule à l’excès? Sa mère était sourde et lisait sur les lèvres. Pour se faire comprendre, les dix enfants avaient intérêt à articuler. Le goût d’instruire et de s’instruire – elle a fait carrière en éducation – pourrait bien lui venir de son père. Analphabète, il était quand même abonné au journal Le Soleil et demandait à ses enfants de lui faire la lecture.

Le parcours de Mme Pelletier en enseignement n’a rien de classique. «Ma mère, ce n’était pas un professeur, c’était quelqu’un qui démarrait des écoles», résume sa fille, Nathalie Synnett. Dans la grande région de Montréal, elle a travaillé auprès des décrocheurs – elle a fondé une école pour eux –  enseigné le français à des immigrants et œuvré en alphabétisation, avant de regagner sa ville natale pour travailler en formation professionnelle.

Quand elle n’est pas maire, Mme Pelletier est grand-mère. Deux de ses petits-enfants vivent à Sainte-Anne-des-Monts. Et elle s’en occupe. Début janvier, son petit-fils d’un an et demi s’est brûlé avec sa tasse de thé. «J’ai eu tellement de peine! J’en ai eu mal à la poitrine pendant deux jours!», lance Mme Pelletier. «Elle a tout lâché et elle a pris une chambre d’hôtel à Rimouski (où l’enfant était hospitalisé)» , raconte sa fille Nathalie.

Se présentera-t-elle aux prochaines élections? Elle laisse planer le doute. Une chose est sûre : «Elle ne fera jamais de la peinture à numéros», lance sa fille Nathalie.

Les raisons du déclin sont inconnues, mais des chercheurs québécois et terre-neuviens se regroupent pour tenter de l’expliquer. Le personnel du SCF vient tout juste de compléter le travail de moine de compter les fous sur ses photos aériennes prises en juillet 2011.

Résultat : la colonie comptait environ 47 800 couples nicheurs à cette date, comparativement à près de 60 000 en 2009. Dès l’été 2010, les chercheurs du SCF avaient noté une baisse. Ils avaient d’abord cru que la date de l’inventaire, plus tardive qu’à l’habitude, pouvait avoir joué, ce qui n’est finalement pas le cas.

Des questions

Jusqu’en 2009, la population de fous à l’île augmentait régulièrement depuis 30 ans. Avec le récent déclin, les fous de Bassan sont revenus à leur niveau du début des années 2000. «Ce n’est pas catastrophique, mais la tendance est à la baisse, alors il faut se poser des questions», affirme Jean-François Rail, du SCF, biologiste aux oiseaux marins.

«Ça peut être des mauvaises conditions climatiques, une maladie, la faible abondance des proies, dit M. Rail. Il y a une limite, aussi, à la taille des colonies. Les ressources des fous peuvent être épuisées.»

D’autres colonies aussi

Les chercheurs nord-américains sur le fou de Bassan se sont réunis récemment. Ils formeront un groupe d’étude pour échanger de l’information et chercher les causes.

Une démarche d’autant plus nécessaire que le déclin ne touche pas que l’île Bonaventure. «Il y a des signes de stabilisation ou de déclin dans toutes les colonies nord-américaines, même si la tendance est plus frappante à l’île Bonaventure», affirme M. Rail. Cinq autres colonies, moins importantes que celle de Percé, se trouvent dans le golfe du Saint-Laurent et à l’est de Terre-Neuve.

Et le déversement de pétrole?

Le déversement de pétrole dans le golfe du Mexique, en avril 2010, peut-il expliquer le déclin? Non, répond M. Rail. «Les fous qui nichent à l’Île Bonaventure étaient déjà presque tous rendus à la colonie à cette date-là.» Seuls les jeunes âgés d’un ou deux ans restent dans le Sud en été. Et ceux-là ne viendront nicher à l’île qu’à l’âge de cinq ans, soit en 2014.

Toutefois, «même s’il n’y a plus de nappe de pétrole, ça ne veut pas dire que l’habitat (du golfe du Mexique) n’est pas impacté», ajoute M. Rail. Environ le quart de la population adulte de l’île Bonaventure passe l’hiver dans le golfe du Mexique. Les autres se tiennent au large des côtes de la Floride et plus au nord jusque vers Cape Cod.

Le déversement d’avril 2010 a déjà enclenché un suivi plus serré des fous de l’île Bonaventure. Ils sont dénombrés chaque année plutôt qu’aux cinq ans. Leur aire d’hivernage sera étudiée plus à fond. Et des chercheurs tenteront de détecter des traces de contaminants chez les fous, et  leurs éventuels effets physiologiques.

Des falaises et du poisson

Les fous de Bassan viennent se reproduire d’avril à octobre sur l’île Bonaventure. Ils profitent des eaux poissonneuses des alentours, où l’on peut les voir plonger en piqué pour attraper du poisson. Sur l’île, ils trouvent aussi des falaises pour nicher et un habitat protégé, où les prédateurs sont moins nombreux.

Le couple est fidèle au même nid chaque année. Il couve un œuf qui éclot vers la Saint-Jean. Pour s’alimenter et ramener de la nourriture à leur poussin, les parents font tour à tour des sorties en mer d’une durée moyenne de 28 h, lors desquelles ils parcourent 132 kilomètres en moyenne. L’envergure d’un fou peut atteindre 1,80 mètre, et son poids, 3,2 kg.

Des fous… et des visiteurs

En 2009, la colonie de l’île Bonaventure était devenue la plus importante colonie de fous au monde, détrônant celle de Saint-Kilda, en Écosse. Chaque année, 100 000 personnes font une croisière à l’île Bonaventure. De ces visiteurs, 60 000 débarquent sur l’île. Le territoire est sous protection provinciale, avec le parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé.

Cette tranche du circuit de l’Association des Cowboys de l’Est du Canada (ACEC) promet d’en mettre plein la vue aux spectateurs. Prise de veau au lasso solo et en équipe, montée de chevaux sauvages avec et sans selle, terrassement du bouvillon, course autour de baril et surtout la spectaculaire montée des taureaux sauvages promettent un spectacle de qualité aux spectateurs présents.

«Nous sommes bien contents d’aller montrer notre sport à Paspébiac. On veut d’une certaine façon préparer la relève», s’enthousiasme le président de l’ACEC, Gino Perron.

Plusieurs dizaines de caravanes dévaleront donc la 132 en juin pour se rendre dans la municipalité. Ces dernières seront installées derrière le Canadian Tire et l’aréna. Des hôteliers du secteur seront aussi sollicités. Plus de 23 000 $ en bourses seront remis aux gagnants.

Retour gagnant

Impliquée dans l’association depuis une dizaine d’années et de retour récemment à Paspébiac, Isabelle Bélanger n’est pas peu fière d’avoir réussi à attirer un des 27 rodéos du circuit présentés un peu partout au Québec. «C’est pour moi une passion que je veux transmettre aux gens de la communauté», dit-elle.

Les compétitions seront disputées dans le Centre récréatif et un chapiteau sera érigé sur le stationnement. «Plusieurs activités seront pour la famille avec, entre autres, des jeux gonflables pour les enfants. Un spectacle à saveur country sera présenté le samedi en soirée», confirme Mme Bélanger qui ajoute qu’un déjeuner est aussi à l’horaire le dimanche.

«Des kiosques de même que des dégustations de produits régionaux, dont nous sommes à finaliser la présence des producteurs, devraient compléter le tout.»

Et jusqu’ici, les commanditaires régionaux approchés ont fort bien répondu à l’appel d’Isabelle Bélanger. «C’est certain que la présence des quelque 200 compétiteurs et leurs accompagnateurs, ça va être bon pour l’économie locale.»

Mme Bélanger est confiante de la réussite de l’événement qui pourrait revenir en 2013.

«C’est pas mal ce qui pouvait arriver de pire à Murdochville, lance la mairesse Délisca Ritchie Roussy. C’était un joyau de notre patrimoine, et notre principal attrait touristique.»

Les pompiers ont reçu un appel vers 1 h cette nuit. Le bâtiment est une perte totale, même si la structure est encore debout. Rien ne laisse croire à un incendie criminel pour l’instant.

Chez Mme Roussy, le téléphone a sonné vers 2 heures du matin. Elle s’est habillée en vitesse et a sauté dans sa voiture pour se rendre sur les lieux. «À mon arrivée, il y avait de grosses flammes, et le bâtiment a brûlé encore longtemps», rapporte-t-elle.

«Il faut rebâtir»

La mairesse croit qu’il «faut rebâtir» le Centre. «On va laisser retomber les émotions, analyser ça à tête reposée et voir ce qu’on peut faire. On va aussi s’asseoir avec les employés, qui sont attachés à leur travail et au Centre», dit-elle.

William Hogan, président du conseil d’administration du Centre, a passé la nuit sur les lieux de l’incendie. «Des gens sur place pleuraient. Si on essaie de quantifier nos émotions sur une échelle de 1 à 10, je dirais qu’on est à 11.»

Des artéfacts en fumée

La reconstruction du bâtiment pourrait coûter 2 millions de dollars, estime M. Hogan. Mais des artéfacts, ça ne se reconstruit pas, note-t-il. «On avait des fanaux, de l’outillage qui était utilisé par les mineurs. Ça ne se retrouve pas sur les tablettes d’un magasin.» Des photos qui ne sont pas archivées ailleurs sont aussi parties en fumée.

Le président n’a aucune idée de ce qui peut avoir déclenché le feu. «Les policiers sont là, ce matin, avec des spécialistes en incendie, pour trouver l’origine.»

Le bâtiment était assuré, affirme M. Hogan. Toutefois, au moment d’écrire ces lignes, il ne savait pas si l’exposition était couverte par l’assurance.

Dix employés sous le choc

Le Centre employait une dizaine de personnes de juin à septembre. Il offrait une descente dans une ancienne galerie d’exploration de la mine, une exposition interactive sur le cuivre et l’histoire de Murdochville, ainsi qu’une visite au pied des éoliennes qui surplombent la ville.

Louise Potvin, employée du Centre d’interprétation depuis 1989 (l’année de l’ouverture), a appris la nouvelle ce matin via Facebook. «C’est sûr qu’on est tristes et qu’on a le cœur gros», dit-elle.

Employée saisonnière du Centre, Mme Potvin touchait de l’assurance-emploi le reste de l’année. «On va commencer par digérer ça. Mais c’est sûr que je n’aurai pas le choix de me trouver un autre emploi», dit-elle. Et la recherche pourrait être difficile à Murdochville, qui peine à se relever de la fermeture de la fonderie de cuivre, en 2002.

GRAFFICI.CA a appris la nouvelle à une autre employée, Johanne Boulay, qui a eu du mal à trouver les mots pour décrire son émotion. «Le Centre, c’est notre histoire, c’est le cuivre, la mine».

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