le Mercredi 23 septembre 2026

GRAFFICI.CA a consulté les résultats du Palmarès 2014 du Centre sur la productivité et la prospérité de l’école des HEC (Hautes études commerciales) de Montréal, qui compare les données 2012 des municipalités gaspésiennes à des municipalités de taille similaire.

Des 25 municipalités incluses au palmarès, 23 payaient seulement entre 29 % et 63 % de la facture moyenne québécoise en 2012. À une extrémité du spectre, Murdochville déboursait 16 % de la somme facturée à des villes de taille similaire, avec un montant correspondant à 15,83 $ per capita. À l’autre bout du spectre, Carleton-sur-Mer assumait la facture proportionnellement la plus élevée, tout de même 20 % sous la moyenne provinciale. Elle équivalait à 82,36 $ par habitant.

Une question de richesse foncière

Selon le ministère de la Sécurité publique (MSP), le partage des coûts entre Québec et les municipalités est calculé en fonction de plusieurs variables, dont la population et la richesse foncière uniformisée (RFU). Une ville populeuse et dont la valeur taxable des bâtiments est élevée paiera ainsi une facture plus salée.  

A contrario, « les municipalités de la région administrative de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine ont une RFU généralement plus basse que celle des autres municipalités desservies par la SQ, ce qui explique les coûts plus bas payés par ces municipalités », explique par courriel le relationniste du MSP, Clément Falardeau.

Encore sous la moyenne

Les données utilisées pour le palmarès datent de 2012. Malgré les augmentations subies depuis, les montants assumés par les localités gaspésiennes en 2014 sont encore sous la moyenne.

Selon le ministère de la Sécurité publique, les MRC de la Gaspésie paient entre 19 % et 33 % du coût réel du service de la SQ, comparativement à 53 % en moyenne dans l’ensemble de la province. Le reste de la facture est assumé par le gouvernement du Québec.
Certaines fluctuations sont prévues à nouveau en 2015, mais n’ont rien à voir avec le nouveau Pacte fiscal annoncé par le gouvernement du Québec.

À titre d’exemple, Gaspé paiera 1,84 M$ en 2015 pour la SQ, comparativement à 1,5 M$ en 2012, soit une hausse de 23 %. Toutefois, sa facture de 2012 représentait seulement 46 % de la moyenne des villes de taille similaire. À Murdochville, la facture de 2015 diminuera de 600 $, pour se fixer à 14 970 $, à cause de la baisse de la richesse foncière.

« Gagnants au moins sur un point »

Pour le préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, ce n’est que justice que les Gaspésiens paient moins que la moyenne québécoise pour la SQ : « Avec tout ce qui nous tombe dessus actuellement, si on peut être gagnants sur au moins un point, tant mieux! »
« Nous autres, on trouve qu’on paie cher, maintient le maire de Grande-Rivière, Bernard Stevens. Et avec les coupures qui s’en viennent, on craint que la SQ coupe dans ses services », dit-il.

À la Ville de Gaspé, on aimerait « que la facture soit plus prévisible et que les fluctuations soient moins grandes d’année en année ».

Le quartier visé, face au Carrefour Gaspé, compte 120 appartements subventionnés gérés par l’Office municipal d’habitation de Gaspé (OMHG). Ils abritent 87 jeunes de 0 à 18 ans, dont beaucoup au sein de familles monoparentales. Et c’est sans compter 80 logements privés, aussi peuplés en partie de familles pauvres.

La plupart des organismes communautaires – dont la Maison de la famille et la Maison des jeunes – sont situés de l’autre côté de la baie de Gaspé. D’où le constat exprimé par Daniel Samuel, directeur de l’OMHG : « C’est une clientèle plus démunie, donc avec plus de besoins en intervention communautaire […], mais confinée dans son milieu, avec peu de services de proximité pour les familles. »

Un 6½ pour se rencontrer

L’OMH et le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Côte-de-Gaspé ont donc établi une « maison de quartier » dans un duplex de la rue Grandvillais. Depuis le 1er juillet, ces six pièces et demie sur deux étages servent de lieu de rencontre aux résidents, dans le but d’améliorer leur qualité de vie et de dynamiser la vie de quartier.
 
Une travailleuse communautaire est présente du mardi au vendredi. Un stagiaire en travail social du campus de Gaspé y offre notamment de l’aide aux devoirs.

Seulement cinq mois après l’ouverture, les gens du quartier se sont approprié les lieux, jugent ses promoteurs. Nadine Guilbert, la travailleuse communautaire, calcule qu’environ les deux tiers des résidents sont passés à la Maison.

« Ça crée des liens dans le milieu, dit Mme Guilbert. On sent qu’il y a besoin important de jaser et de venir chercher un peu de chaleur. » La travailleuse a le mandat de diriger les résidents vers des services du CSSS ou d’organismes communautaires s’ils en ont besoin.

Les résidents ont suggéré et organisé diverses activités, dont des barbecues, des ateliers de cuisine collective, des sorties de groupe et des cafés. Des enfants ont entamé une fresque au sous-sol. Un bénévole a monté des modules de jeux à l’arrière de l’appartement et le projet d’aménager un véritable parc sur un espace gazonné appartenant à l’OMHG est en train de germer.

70 000 $ par an

La Maison de quartier coûte 70 000 $ par an à faire fonctionner. C’est la seule du genre en Gaspésie et elle ne compte pas vraiment d’équivalent dans la province. Dans les villes où les logements subventionnés font partie de grands immeubles, une salle est parfois offerte pour la vie communautaire.

Avant son accident, Jonathan Plante faisait de la moto à haute vitesse. Comme charpentier-menuisier, il grimpait sur les toitures sans s’attacher. Il se qualifie lui-même de « petit cowboy » : « des gens qui pensent être en contrôle de la situation grâce à leur talent et à leurs habiletés, explique-t-il. Mais c’est le facteur chance qui joue. »

Le 12 mars 2007, la chance a fait défaut. M. Plante a grimpé sur une rampe formée d’une simple planche pour aller travailler sur la toiture d’une maison en construction. En tentant de rattraper sa boîte de clous, il est tombé vers l’arrière, 15 pieds plus bas. « J’ai atterri sur le dos, au sous-sol, sur un « deux par six » avec deux pouces de glace dessus. Ça a fait un « crac ». »

M. Plante a eu la colonne vertébrale fracturée et la moelle épinière sectionnée. Verdict : il ne marcherait plus jamais. Il avait 26 ans.

« Ça aurait pris dix minutes, de faire une rampe de sécurité avec un garde-corps, dit-il. Avec ce raccourci-là, j’ai pas sauvé une seule minute et j’ai perdu pas mal de temps. »
Aujourd’hui, M. Plante joue au hockey sur luge, élève deux enfants et a donné plus de 400 conférences, la plupart en entreprise. « Moi, ça va vraiment bien. Mais il y a un département que je gère mal : de voir comment la vie de mon entourage a basculé. »

Un « ingrédient » de la recette de prévention

« Je vous souhaite de prendre le temps de faire les choses, dit le jeune homme, de lever le « flag », de dire : j’ai des questions. »

Les jeunes présents, des étudiants de l’école secondaire C.-E.-Pouliot, du Centre de formation professionnelle et du cégep de Gaspé, l’ont applaudi debout à la fin de sa conférence.

« Lui, c’est une source de courage, a réagi Jade Francoeur, une élève de 3e secondaire. Je suis quelqu’un de pressé. De me retrouver en chaise roulante pour une banalité… disons que je vais faire attention. »

M. Plante estime que ses conférences peuvent changer les choses, « pas à elles seules, mais comme un ingrédient de la recette. Je mets des images sur ce qui est véhiculé par les intervenants en santé et en sécurité. »

93 accidents en GÎM

En Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, les jeunes de 24 ans et moins ont subi 93 accidents de travail en 2013. Une proportion de 76 % était des hommes. À l’échelle de la province, la CSST a dénombré 10 957 accidents chez les jeunes travailleurs l’an dernier, soit 32 par jour en moyenne.

Malgré une baisse de 12 % des accidents chez les 24 ans et moins depuis 2009, ces derniers demeurent une fois et demie plus susceptibles d’être victimes d’un tel drame.

Le navire Dual Venture appartiendra à la Lunar Fishing New Brunswick Inc., le fruit de l’association d’une firme de l’Écosse et d’une firme de la Nouvelle-Écosse. Ce premier senneur construit au chantier naval de Gaspé est un contrat de 6 M$.

Le senneur dispose d’un espace à l’arrière pour un plus petit bateau, qui sera largué en mer pour maintenir la senne (le filet) pendant que le navire la déploie en cercle. Le hareng, sorti de l’eau grâce à une « pompe à poisson », sera entreposé dans une cale à l’eau réfrigérée.

Le Dual Venture, sur lequel travaillent une trentaine d’ouvriers, doit être livré en avril 2015. L’entreprise compte au total près de 50 employés, qui font aussi de la réparation navale.

Diversification réussie

Le chantier naval Forillon avait construit son dernier navire de pêche en 2009. « Depuis 2006, on cherche d’autres marchés, parce que dans les pêches, il y a eu un drop, commente Robert Côté, propriétaire du chantier. On a donc fait des traversiers, des barges et des remorqueurs. »

 « On a été proactifs [pour diversifier], poursuit-il. On a un noyau [d’employés] super qualifié qui nous permet de nous présenter à plein de clients, avec des projets clé en main [du design à la construction]. C’est notre force. »
 
Le M. Bourbonnais VII, construit entre octobre 2013 et juin 2014, est le cinquième traversier sorti du chantier naval Forillon. Le navire 30 mètres, un contrat de 2,5 M$, est la propriété des  Traversiers Bourbonnais, qui s’en servent pour la desserte Masson-Cumberland sur la rivière des Outaouais. Il peut contenir 67 passagers et 15 voitures.

Au début de l’été, le chantier a aussi livré deux remorqueurs à McNally Construction, un contrat de 1,2 M$ pour les deux.

Les ouvriers commenceront cet hiver un bateau de pêche à la crevette et au crabe, d’environ 90 pieds, pour un client de Terre-Neuve.

« On a d’autres prospects sérieux pour la construction, rapporte M. Côté. On est en train de s’entendre avec un client pour deux ou trois remorqueurs. On a de la job, pas à pleine capacité, jusqu’au printemps 2016. »

Le chantier vit « de bonnes années », estime son propriétaire, mais peine à trouver de la main-d’œuvre compétente. « On manque de gens qualifiés dans tous les postes, y compris des journaliers », dit-il. Cette pénurie freine les élans du chantier, en l’obligeant à décaler les projets dans le temps.

Environ 15 employés de Junex travaillent sur le site, situé à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Gaspé. Lors de la visite de GRAFFICI.CA, le 6 novembre, le forage Galt n° 4 horizontal atteignait 900 mètres de profondeur et Junex commençait à le dévier en diagonale.

La firme espère ainsi intercepter des fractures naturelles verticales, par où les hydrocarbures pourraient remonter. « On pense que le forage horizontal est la clé pour avoir un projet viable économiquement, déclare Mathieu Lavoie, ingénieur et vice-président aux opérations chez Junex. […] On pense pouvoir produire sans stimulation ou fracturation hydraulique. »

L’injection d’acide chlorhydrique pour « nettoyer » les fractures n’est pas exclue, mais nécessiterait une demande de certificat d’autorisation, indique M. Lavoie.
Galt n° 4 horizontal, un forage de 5 M$ atteindra une longueur totale de 2300 mètres et une profondeur de 1300 mètres à son terme, au début décembre.

Dans le même secteur, Junex est en train de niveler l’emplacement de Galt n° 5, son prochain forage horizontal, qu’elle espère réaliser en 2015.

Valoriser les déblais

Galt n° 4 produira au maximum 250 m³ de déblais et 300 m³ de boues de forage, estime M. Lavoie. La partie liquide part en camion-citerne vers les installations de Newalta, à Montréal, une firme qui traite les eaux industrielles.

Quant aux déblais solides, « le plus simple pour nous, ce serait de les envoyer au site d’enfouissement, mais le ministère de l’Environnement nous demande de les valoriser », explique M. Lavoie.

Les déblais seront d’abord analysés pour s’assurer qu’ils ne constituent pas un déchet dangereux. Leur usage dépendra de leur composition et de leurs propriétés. « On met du bran de scie [dans les déblais] pour enlever l’eau. S’il y en a suffisamment, ça fait de la terre arable, illustre M. Lavoie. Si les déblais sont très granulaires, on peut s’en servir dans la construction. Et si j’ai un matériel très granulaire avec une bonne perméabilité, ça peut aussi servir de matériel de recouvrement [dans un dépotoir]. »

La Régie de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie doit décider fin novembre si elle acceptera ou pas des déblais de forage au dépotoir de Gaspé, qu’elle gère. En attendant, aucun résidu de forage n’y sera enfoui, indique la Ville de Gaspé. En 2012, la Ville avait accepté des déblais de Pétrolia.

Junex nous a fourni la liste des additifs qu’elle prévoit utiliser dans son fluide de forage. Elle inclut du nitrate de calcium (aussi utilisé comme engrais), de la gomme xanthane, de la bentonite (un type d’argile), de la soude caustique (une base forte, aux propriétés corrosives), du carbonate de calcium (principal composant du calcaire) et de l’huile (Radiagreen EBL).

Les os et fragments d’os appartiennent à plusieurs enfants et adultes. Ils « sont usés et d’aspect ancien », indique le pathologiste du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal qui les a examinés. « L’aspect courbé de certains de ces os suggère fortement la présence d’une carence nutritionnelle du vivant de la ou des victimes », ajoute-t-il.

Les 167 passagers du Carrick’s étaient des Irlandais qui fuyaient la famine. Partis de Sligo en Irlande au printemps 1847, une tempête les a jetés sur des récifs au large de Cap-des-Rosiers quelques semaines plus tard.

Il y a eu 48 survivants. Les 87 corps retrouvés sur la plage ont été enterrés dans une fosse commune. En 1900, un monument aux victimes a été érigé sur l’emplacement approximatif de la sépulture. Les os ont été découverts non loin de ce monument.

Même si le coroner Jean-Marc Picard conclut à des « morts de cause inconnue », les circonstances de la découverte « soulèvent la forte possibilité » qu’il s’agisse des naufragés du Carrick’s, écrit-il.

Datation à venir

Les ossements sont toujours au département d’anthropologie de l’Université de Montréal. Au cours des prochains mois, on y mènera des analyses pour les dater, et éventuellement des analyses d’ADN pour connaître l’origine (irlandaise ou autre) des victimes.

La professeure Isabelle Ribot, responsable du dossier, réserve son opinion pour l’instant. « Pour les périodes récentes, c’est plus difficile de dater [les ossements], dit-elle. Le contexte des sépultures n’est pas très précis non plus : il n’y a pas d’artéfacts. »

Au cimetière

Georges Kavanagh, descendant de la seule famille de rescapés qui s’est établie à Cap-des-Rosiers après le naufrage, souhaite que les ossements soient enterrés dans le cimetière du village.

Aucun autre ossement n’a été retrouvé depuis 2011, mais la mer continue de gruger la berge, note M. Kavanagh. Puisque Parcs Canada songe à déplacer le monument aux naufragés pour le protéger de l’érosion, « ce serait l’occasion de fouiller pour voir si la fosse commune est là et de la déplacer [vers le cimetière] », dit-il.

Parcs Canada consulte

Par courriel, les gestionnaires du parc Forillon indiquent qu’à la suite du rapport du coroner, « Parcs Canada souhaite prendre les mesures nécessaires pour consulter les communautés concernées ».

 
Les chercheurs ont colligé les données 2012 fournies par les municipalités au ministère québécois des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT).

Murdochville en queue de peloton

Murdochville traîne en avant-dernière position du groupe des municipalités de moins de 1000 habitants, avec un coût moyen des services quatre fois plus élevé que la moyenne. « Quand on compare notre population aux infrastructures qu’on possède, c’est tout à fait normal, avance la mairesse Délisca Ritchie-Roussy. Les infrastructures sont conçues pour 5000 personnes ou plus et on est 780! »

À titre d’exemple, les rues de Murdochville sont « extrêmement larges, pour laisser passer des camions dans un contexte minier », ce qui hausse d’autant les coûts de voirie, remarque la mairesse. « Ça va demeurer comme ça tant qu’on n’aura pas augmenté notre population », ajoute Mme Délisca Ritchie-Roussy.

Des services éparpillés

Les contribuables de Gaspé paient 52 % plus cher que la moyenne des villes de 10 000 à 24 999 habitants, selon le palmarès. Percé est quant à elle 63 % au-dessus de la moyenne des municipalités de 2000 à 4999 habitants.

Donner des services sur une grande étendue augmente les coûts, analyse le maire de Percé, André Boudreau. « Les services d’incendie nous coûtent cher, mais ça nous prend trois casernes avec quatre camions et de plus grandes équipes. D’être plus performant [financièrement], ça voudrait dire de couper les services! »

Saint-Elzéar (+ 170 %), Matapédia (+ 87 %), Mont-St-Pierre (+ 64 %) et Saint-François d’Assise (+ 60 %) paient aussi davantage que la moyenne pour leurs services. Dans une moindre mesure, Grande-Vallée (+33 %), Saint-Alexis-de-Matapédia (+33 %) et Maria (+49 %) sont également au-dessus de la moyenne.

Les services à Sainte-Anne-des-Monts et Chandler coûtent respectivement 10 % et 6 % plus cher qu’ailleurs en province.

Des infrastructures aux normes, ou pas?

À Maria, le maire Christian LeBlanc note que dans sa municipalité, la mise aux normes de l’eau potable est complétée et les eaux usées sont assainies selon les règles. « Je serais curieux de savoir quelles municipalités sont aux normes dans la Baie-des-Chaleurs. J’aime mieux payer plus cher et que nos eaux usées soient traitées, et non “flushées” dans la mer. »

En Gaspésie, seules Caplan (-19 %) et dans une moindre mesure, Hope (-3,5 %) affichent un coût moyen des services inférieur à la moyenne.

Caplan affiche un coût de 0 $ pour l’assainissement des eaux usées, qui sont rejetées à la mer après un passage au dégrilleur (une grille).

Des 42 municipalités de la Gaspésie, 17 ne sont pas classées, puisque les chercheurs ne disposaient pas de suffisamment d’informations. Parmi les absents notables, il y a Bonaventure, New Carlisle et Paspébiac.

Des doutes sur les données

Par ailleurs, certains maires émettent des doutes sur la fiabilité des données utilisées. « Je ne peux pas commenter parce que ce n’est pas précis, dit le maire de Grande-Rivière, Bernard Stevens. Sa ville dessert sa voisine Sainte-Thérèse de Gaspé en eau potable et partage avec elle son service de sécurité incendie. Les coûts indiqués par habitant pour Grande-Rivière ne tiennent donc pas la route, illustre le maire.

De 2009 à 2011, la Gaspésie et les Îles ont affiché un taux de 19,7 suicides par 100 000 habitants, comparativement à 14,3 dans l’ensemble du Québec. Le taux régional de 2000 à 2002 s’élevait à 22,3.

La tendance régionale semble à la baisse, mais vu les petits nombres compilés, les statistiques peuvent être trompeuses, avertit Suzanne Gérin-Lajoie, agente de planification en prévention du suicide à la Direction de la santé publique (DSP) Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Verrous de pontet

Pour une quatrième année consécutive, la DSP distribue 2000 verrous de pontet (cadenas à gâchette) dans les municipalités. Le but : rendre la maisonnée sécuritaire. « Peut-être que le propriétaire de l’arme à feu ne sera jamais suicidaire, mais son fils, un proche, un cousin, pourrait commettre un suicide [avec l’arme à feu] », explique Mme Gérin-Lajoie.
La présence d’une arme à feu dans une maison multiplie par cinq le risque de décès par suicide. « La plupart du temps, le passage à l’acte suicidaire est dans un moment d’impulsivité », indique Mme Gérin-Lajoie. Le simple fait que l’arme soit verrouillée peut donc sauver une vie.

Sentinelles

La région compte maintenant environ 200 sentinelles, des personnes formées pour détecter les personnes suicidaires dans leur milieu de travail ou leur milieu social et les référer vers les services adéquats.

Les personnes suicidaires sont aussi suivies de manière étroite. « C’est de les appeler ou de les rencontrer plusieurs fois par semaine, explique Mme Gérin-Lajoie. On intervient aussi auprès des personnes endeuillées par suicide parce qu’elles sont plus à risque. »
« Dans la grande majorité des cas, les gens retrouvent espoir, note Mme Gérin-Lajoie. […] Au fond, la question, c’est comment outiller les gens pour faire face à des situations difficiles. »

1 866 APPELLE

La ligne 1-866 APPELLE (1 866 277-3553) reçoit environ 1000 appels par an de la part de Gaspésiens et de Madelinots, qu’ils soient des personnes suicidaires ou des proches inquiets.

Du 27 septembre au 4 octobre, 110 participants et une quinzaine d’employés et bénévoles ont marché un total de 117 kilomètres sur les sentiers du parc de la Gaspésie, du parc Forillon, de la Haute-Gaspésie et de la Côte-de-Gaspé.

« On a été vraiment chanceux avec la météo, ce qui a facilité toute l’organisation », indique la directrice générale de la TDLG, Maïté Samuel-Leduc. Les organisateurs ont subi à peine quelques gouttes de pluie un soir. Les températures ont varié de 20 °C le premier jour pendant la randonnée du mont Albert, à 0 °C sur le mont Jacques-Cartier le lendemain. L’arrivée à Grande-Grave samedi s’est faite sous le soleil.

Une TDLG à bottine en 2015

Il y aura une deuxième TDLG à bottine, c’est décidé, du 26 septembre au 3 octobre 2015, confirme Mme Samuel-Leduc. « On va essayer de faire quelque chose de différent, d’aller dans la Baie-des-Chaleurs, même si le parc de la Gaspésie et Forillon sont assez incontournables. »

La TDLG à bottine contribue à « allonger la saison touristique », dit la directrice. À une époque où les touristes se font plus rares, « les retombées sont intéressantes pour les communautés où l’on arrête, comme Petite-Vallée, Rivière-au-Renard ou L’Anse-au-Griffon », estime-t-elle.

Sur les pas de leur arrière-grand-père

Les histoires de TDLG sont aussi nombreuses que les randonneurs. Marlyne Casey et Michel Briard, deux participants natifs de la Gaspésie, mais établis respectivement à Québec et à Mont-Joli, ont raconté la leur à GRAFFICI.CA.

Mme Casey et M. Briard ne se connaissaient pas avant la TDLG. En jasant sur les sentiers, ils se sont découvert un ancêtre commun, leur arrière-grand-père Timothé Auclair. « Il était responsable de la livraison du courrier entre Sainte-Anne-des-Monts et Rivière-au-Renard avant la construction de la route 132 », explique M. Briard.

Les deux randonneurs ont pensé à lui en marchant sur ses traces entre le Grand-Étang et L’Anse-à-Valleau, un trajet de 16 km, « dont 6 km de galets » en bord de mer, indique Mme Casey. « C’est une drôle de page d’histoire qui se tourne », commente la randonneuse. « Nous, on le fait avec de l’équipement moderne, mais en 1855, ce n’était pas du tout la même chose », ajoute M. Briard.

La présence de méthane dans un puits d’observation de l’eau souterraine près d’Haldimand n° 1 est connue depuis septembre 2012. Ce qui est nouveau, c’est l’interprétation faite par l’ingénieure-géologue Chantal Savaria des analyses menées par l’INRS dans son étude hydrogéologique présentée en mai.

Dans une note technique préparée pour le comité Ensemble, Mme Savaria écrit que le méthane trouvé dans des puits d’observation à Haldimand est « majoritairement thermogénique ». En d’autres termes, il viendrait d’hydrocarbures en profondeur et non de la décomposition de matières organiques près de la surface, comme le méthane dit « biogénique ».
Le méthane thermogénique « indique la présence de fractures [naturelles] pouvant causer la contamination de l’eau souterraine par le gaz provenant du pétrole en profondeur », indique Mme Savaria.

Des produits associés « dangereux »

« De mettre d’autres forages va accentuer le problème. Les concentrations [de méthane] pourraient devenir problématiques, déclare Mme Savaria en entrevue à GRAFFICI.CA. Le méthane n’est pas dangereux comme tel, mais les produits qui y sont associés, comme l’éthane et le propane, sont plus dangereux. Le méthane est un indicateur », poursuit-elle.

Il suffirait d’analyser le gaz contenu dans Haldimand n° 1 pour savoir s’il a bel et bien suinté dans le puits d’observation à proximité, ce que l’INRS n’a pas fait, souligne l’ingénieure-géologue.

La note de Mme Savaria contredit certains pans de l’analyse de l’hydrogéologue de l’INRS, René Lefebvre. Selon M. Lefebvre, la fracturation naturelle « ne serait pas une voie continue entre le réservoir pétrolier [en profondeur] et la surface ».

La note de Chantal Savaria « confirme nos doutes par rapport à l’étude de l’INRS, commente Lise Chartrand, du comité Ensemble. Nous allons écrire une lettre en bonne et due forme au ministre [de l’Environnement, David Heurtel] pour qu’il révise son autorisation. »

Le maire s’en remet à Québec

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, a réagi par voie de communiqué pour dire qu’il « enverra au ministère différentes informations qui ont été portées à son attention ». Québec détient la compétence légale et l’expertise nécessaire pour traiter la question, estime le maire.

« Contrairement à ce qui avait été écrit dans le communiqué diffusé par le comité Ensemble […], la Ville ne demande pas la révision du certificat d’autorisation [de Pétrolia] », ajoute le maire Côté.

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