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Société
6 août 2015 9 h 59

ATTENDS, PERDU…

Bilbo Cyr

Blogueur

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Est-ce que j’ai prié en vain
Caressant de l’allumette un dieu de foin
Ai-je perdu des amis pour rien
Devenus des étrangers bien habillés
Poignée de main molle, regard voilé et cravate rayée
Ai-je fait fausse route
En portant haut mon drapeau tissé de doutes
Trouble-fête ou héros de romance
Ai-je gagné au change un peu plus que des apparences
Me suis-je levé debout
Seulement pour contempler de haut la masse à genoux
Qui compte ses sous
Pendant que la vague déferle
Et que les huîtres se roulent des perles
Puis-je lutter contre la marée
Qui charrie des cadavres d’utopies et des pick-up chromés
Les jointures crispées de serrer le poing
Et ne plus savoir tendre la main
Sauf parfois pour pointer du doigt
Ta petite paille, ma poutre à moi
Est-ce que j’ai perdu tout ce temps
Pour me réveiller face à la cheminée
Le tuyau du junkie pour sa dope
La trail toxique du pusher de coke
Noire comme le bitume de l’accident d’occident
Ou blanche comme l’éléphant
Mêlées, ça fait gris
Comme le ciment cuit

Ma terre est de porcelaine et d’os de baleines
Pour ma Baie, j’ai de la peine
C’est à coup de dynamite qu’on lui ouvre les veines
La complaisance se vend en vrac
Toujours par les mêmes, tabarnak
Qui pétrissent des rêves en farine de moutarde
Qui laissent en bouche un goût de peuple malade
De mémoire morte et de foie de morue

Qui s’incline sans se battre a déjà disparu
Servir de bras n’est pas digne d’être un rêve
Même quand le choix c’est « Marche ou crève »

J’en perdrai encore du temps
À tourner autour du trou blanc
Malgré les ventres creux sans oreilles
La soumission au chèque de paye
Mon murmure face au vacarme des pelles mécaniques
Sera ma seule arme face au futur cynique
Et goutte par goutte devant la cupidité abyssale et l’air sale
Comme un colibri devant un grand feu qui se souhaite plus nombreux
Je resterai digne en me disant que je fais ce que je peux
Je ne fuirai pas vers les déserts du laisser-faire
Même seul contre tous mes frères, je ne vais pas me taire.