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24 juillet 2015 10 h 11

LE « TOUR DE LA GASPÉSIE » A 86 ANS

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À compter de ce moment, le tour de la Gaspésie est rapidement devenu un classique au sein du Québec touristique. Car bien peu de régions de la belle province, à l’exception du Lac-St-Jean peut-être, peuvent se visiter en complétant une boucle qui présente une aussi belle diversité de paysages, d’attraits et de… gens sympathiques.

Avant 1929, des routes existent en Gaspésie, que ce soit dans la Vallée, la Baie-des-Chaleurs et à l’extrémité de la péninsule. Par contre, du côté nord, aucune route ne relie les villages dans les anses, ce qui n’avait pas empêché les gens de s’établir le long de cette côte hachurée qui figure parmi les plus beaux paysages de la région.

Retournons en arrière. En 1921, le ministère de la Colonisation du Québec ouvre le dossier et consacre un investissement de 800 000 $ sur cinq ans à l’ouverture et à l’amélioration des chemins, d’autant plus que les automobiles sont de plus en plus nombreuses dans la région. En 1926, le dossier passe au ministère de la Voirie qui, de 1926 à 1929, injecte 500 000 $ pour finaliser la route de contour de la péninsule.

À l’été 1929, la route 6 est maintenant terminée. Le 20 juillet, une importante délégation de personnalités, présidée par le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau et composée de l’Honorable Joseph-Édouard Perrault, ministre de la Voirie, du ministre Joseph-Charles-Ernest Ouellet, du diplomate français Henri Coursier et de plusieurs autres voitures de politiciens et de journalistes, fait le tour de la Gaspésie par la nouvelle route. Durant cette semaine d’inauguration, du 20 au 27 juillet, banquets, réceptions et assemblées politiques se succèdent dans les villages de la côte alors que les discours font état de la prospérité économique qu’engendrera cette nouvelle voie d’accès à la région. La nouvelle route « 6 » portera le nom officiel de boulevard Perron, en l’honneur de monsieur Léonide Perron, qui fut, quelques années auparavant, ministre de la Voirie dans le cabinet Taschereau.

Dans son édition du 2 août 1929, dans sa couverture de l’événement, l’hebdomadaire Le Progrès du Golfe, publié à Rimouski, rapporte les conseils du Club Automobile de Québec. En effet, le Club invite les automobilistes à faire le tour de la Gaspésie en passant par Sainte-Anne-des-Monts avec retour par la Vallée de façon à « faire les rencontres du côté de la falaise et éviter la hantise du précipice pour les chauffeurs qui conduisent du côté du vide ».  Le Club ajoute également le conseil d’utiliser la « petite vitesse » pour monter et descendre les côtes entre Sainte-Anne-des-Monts et Gaspé.

Mais la grande question qui défraie l’actualité à l’époque est la suivante : la nouvelle route est-elle véritablement un boulevard? Une polémique médiatique anime le débat, soulevée par le journaliste Louis Dupiré qui, dans le quotidien Le Devoir, écrit « qu’il s’agit de la plus longue faute de français de la province puisqu’elle a 550 milles d’étendue ». Cette polémique, rapportée dans l’édition du 2 août du Progrès du Golfe, se rattache bien sûr à l’étroitesse de la route 6 du côté nord de la Gaspésie, certaines photos d’archives étant assez éloquentes à ce sujet. Mais étroitesse de la route ou pas, le concept du tour de la Gaspésie est lancé et l’ensemble de la Gaspésie s’ouvre désormais au tourisme routier.

Cette même année 1929, une première brochure à vocation touristique voit le jour sous le titre de Romantic Quebec: Gaspé Peninsula. Puis quatre ans plus tard, le ministère de la Voirie publie La Gaspésie, histoire, légendes, ressources, beautés, une brochure imprimée en 50 000 copies en français et en 100 000 copies en anglais dans le but de rejoindre les marchés hors Québec, dont la Nouvelle-Angleterre. Et quelques années plus tard, en 1935, le magazine National Geographic publie un reportage sur la Gaspésie. Un magazine dont on peut dire qu’il est tombé en amour avec la région, compte tenu des distinctions que ce magazine a attribuées à la Gaspésie au fil des dernières années.

En terminant, bonne saison touristique aux nombreux Gaspésiens et Gaspésiennes qui œuvrent dans l’industrie et bon séjour à tous les visiteurs qui fréquentent la région.