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Blogue citoyen

22 décembre 2015 14 h 47

UN CADEAU DE NOUS À NOUS

| BONAVENTURE, 22 décembre 2015 - « Le temps des Fêtes, c’est aussi un temps pour rêver d’un monde meilleur, plus juste, plus sensé. Voici une fable pour combattre notre apathie citoyenne en méditant sur le pouvoir de l’imagination. »

Nous sommes entrés très calmement dans le Salon bleu. Pas tous, évidemment. Nous étions beaucoup trop nombreux. Comme d’habitude, les membres de l’Assemblée s’obstinaient. Nous leur avions pourtant bien dit que cette fois, c’en était trop. Mais ils semblaient quand même surpris de nous voir arriver. Quelques gardiens de sécurité ont tenté de nous retenir, en vain. Il n’y avait aucune agressivité dans nos gestes. Juste une grande détermination. Pas arrêtable. Une jeune femme se dirigea vers le président. Sans même qu’elle eut à prononcer un seul mot, il comprit. Il se leva, traversa l’immense pièce en se faufilant à travers nous et sortit. La jeune femme se tourna ensuite vers les députés. Toujours en silence, elle leur montra la porte. Avec bienveillance, mais fermeté. Il y eut une brève hésitation. Mais bientôt, les élus commencèrent à se lever un à un pour partir. Il ne resta que le premier ministre et ses plus farouches défenseurs. Il s’engagea dans un long monologue indigné. Nous l’avons patiemment écouté, jusqu’à sa fin. Comme seule réponse, il ne reçut qu’un immense et magnifique silence. Il n’était plus rien. Nous n’avons même pas remarqué son départ. Nous étions déjà lancés dans l’aventure de notre émancipation.