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30 octobre 2013 23 h 38

« Arrêtez de mépriser les régions » – François Roussy

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GASPÉ – Le maire sortant de Gaspé, François Roussy, estime que les régions sont toujours méprisées par les paliers de gouvernements supérieurs, deux ans après une sortie fracassante où il avait accusé le gouvernement du Québec et les parlementaires de nuire à leur développement.

Dans un testament politique livré avec franchise à GRAFFICI.CA, à quelques jours de son départ de la vie politique, il souligne qu’il reste beaucoup de travail à faire : « C’est sûr qu’à chaque fois, on réussit à positionner notre Gaspésie… mais le travail n’est pas fini. Il y a encore trop de préjugés, trop de désinformation par rapport aux régions. Il y a trop de clivages entre les urbains et les ruraux », explique M. Roussy.

Il souligne que les régions ont besoin des grands centres, mais les grands centres ont aussi besoin des régions. « Oui, les régions vont devoir au cours des prochaines années donner des coups de gueule, à se défendre et à arrêter de se faire mépriser, de se faire manquer de respect. La désinformation fait en sorte qu’il y a une vision tellement négative des grands centres par rapport à nous autre », ajoute M. Roussy.

« Les grands centres, c’est la force, c’est l’innovation, ce sont les centres de recherches. La richesse? Ce sont les régions du Québec. Ce sont les ressources humaines, les ressources naturelles, l’énergie. Tu as la force et la richesse. On peux-tu travailler ensemble? »

Pour lui, les ruraux devront se positionner parce que « les chiffres sont là. Ça fait 30 ans qu’on est moins développé ».

Des « nananes » pour les régions

Selon lui, les régions ne sont pas dans les grandes enveloppes budgétaires du gouvernement, que ce soit la santé, l’éducation, les transports, l’économie.

« Il n’en demeure pas moins que dans les grandes enveloppes, les régions ne sont pas là. Lorsque vous allez chercher votre petit « nanane », vous êtes contents. On obtient de petites politiques et on est content », explique M. Roussy.

« On passe à côté de grandes possibilités de développement », avance-t-il.

Un bon coup et un mauvais coup

Sur la scène municipale, François Roussy avoue humblement être déçu de ne pas avoir été chercher tout l’argent que la Ville de Gaspé aurait dû obtenir de la part du gouvernement fédéral.

« Je l’ai fait, mais je n’ai jamais réussi à aller chercher ce que je pense que Gaspé et la Gaspésie auraient dû obtenir de la part du gouvernement fédéral », indique M. Roussy.

Son bon coup? « C’est sans aucun doute, c’est le fait d’avoir construit une équipe d’élus et de citoyens qui ont travaillé ensemble. Une collaboration extraordinaire dans les projets. Quand on est divisé, on se bat quartier par quartier. C’est tellement mauvais pour le développement », analyse-t-il.

Pas une « belle-mère »

François Roussy n’a pas l’intention de jouer « à la belle-mère » après son départ de la mairie. Toutefois, il estime que le prochain conseil devra mettre en priorité la question de l’eau potable. « Le gros défi à Gaspé dans les prochaines années, qui va coûter cher. C’est pour ça que je me suis entêté à ne pas accepter une subvention de 50 %. C’est important qu’on reçoive au moins 75 % minimum. Rimouski a eu 75 %, Baie-Comeau a eu 80 % », propose M. Roussy au nouveau conseil.

Il ne veut pas encore se prononcer concrètement sur son avenir personnel, soulignant qu’il est en réflexion sur les différents projets à élaborer. Il souhaite toutefois demeurer à Gaspé.

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