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2 septembre 2014 15 h 02

Bannir les OGM : possible ou impossible?

NEW CARLISLE - Bannir les organismes génétiquement modifiés (OGM) de la Gaspésie est un projet louable, mais « presque impossible » selon l'UPA Gaspésie-les-Îles.

Rappelons qu’un apiculteur de Maria, John Forest, a lancé une pétition pour réclamer l’exclusion des OGM de la région, estimant qu’ils nuisent à sa production. Ce dernier demande l’appui des citoyens pour faire bannir les semences de maïs et de soya transgéniques de la Gaspésie. Selon l’UPA, les OGM touchent un maximum de 700 hectares de culture sur un total de 29 000 dans l’ensemble de la région.

La démarche de M. Forest est appuyée par l’Union paysanne du Québec, qui vient de mettre en ligne sa propre pétition, réclamant la même chose.

Mais le président de l’UPA Gaspésie-les-Îles, Marc Tétreault, doute que ce scénario puisse se concrétiser, soulignant que les OGM sont encadrés par des lois fédérales. « Le fait est que les OGM sont homologués par le fédéral. Il faudrait interpeller la nation canadienne au complet. C’est presque impossible dans le contexte nord-américain, considérant la demande du marché », mentionne-t-il.

Malgré les « bonnes intentions de M. Forest », poursuit M. Tétreault, l’UPA Gaspésie-les-Îles ne s’opposera pas à l’utilisation des OGM. « Dans ce contexte, nous avons proposé des rencontres entre les producteurs concernés et M. Forest pour trouver des solutions », précise-t-il.  

C’est possible, dit l’Union paysanne

L’Union paysanne du Québec, qui appuie la démarche de M. Forest, rejette du revers de la main l’interprétation de l’UPA Gaspésie-les-Îles. « Les OGM gagnent du terrain en Gaspésie. Il y a dix ans, il n’y en avait pas », mentionne le président Benoit Girouard, ajoutant craindre que la région soit bientôt « envahie » par les OGM.

Ce dernier évalue que la recherche n’est pas suffisamment avancée pour comprendre les impacts des OGM. « Le principe de précaution doit être appliqué », pense-t-il. Contrairement au directeur de l’UPA, M. Girouard soutient que les OGM peuvent être exclus d’une région donnée, « si la volonté politique » est au rendez-vous.

« Le provincial peut le faire, de la même façon que des pesticides ont été interdits par le gouvernement du Québec », pense-t-il, ajoutant par ailleurs que l’utilisation ou non des OGM ne passent pas nécessairement par des lois ou des règlements. « Si tous les producteurs d’une région, comme la Gaspésie, s’entendent pour aller dans la même direction en n’utilisant pas d’OGM, on parviendrait à atteindre l’objectif. Ce qui permettrait en plus d’aller chercher des marchés sans OGM que les autres régions du Québec ne peuvent conquérir », ajoute M. Girouard.