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30 juin 2014 15 h 00

Cimenterie : l’ignorance du ministre Heurtel laisse pantois

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PERCÉ — Le nouveau ministre libéral de l'Environnement, David Heurtel, semblait ignorer les émissions de gaz à effet de serre qu'émettra la future cimenterie de Ciment McInnis à Port-Daniel, ce que déplore l'Association québécoise de la lutte à la pollution atmosphérique.

En commission parlementaire la semaine dernière, le ministre Heurtel a été questionné par la députée de Québec solidaire de Sainte-Marie-Saint-Jacques Manon Massé. Celle-ci lui a demandé si le chiffre de deux millions de tonnes de GES qui seront rejetés annuellement par la cimenterie était réaliste. « Je n’ai pas vu les chiffres dont parle la députée, si elle peut me donner ses sources, je serai heureux de les examiner », a répliqué le ministre Heurtel.

Dans les faits, ont rappellera que, l’automne dernier, le président-directeur général de Ciment McInnis Christian Gagnon, a confirmé en conférence de presse à Chandler que la cimenterie rejettera 1,7 million de tonnes de GES annuellement. M. Gagnon avait aussi tenu à dire que son usine d’un milliard de dollars respectera les plus hauts standards mondiaux en matière de respect de l’environnement.

Cela dit, la réponse offerte par le ministre à la députée de Québec solidaire démontre l’ignorance de M. Heurtel de ce dossier, fait valoir le président de l’AQLPA, André Bélisle. « C’est l’impression que ça nous donne de prime abord. Cela dit, je pense qu’on doit tout de même lui donner le bénéfice du doute puisqu’il vient de rentrer en poste.

Maintenant, les informations existent bel et bien sur ce sujet tant au sein de son ministère que dans notre rapport qui consacre une section importante au coke de pétrole (le combustible pour chauffer le four) et la cimenterie McInnis ». André Bélisle fait ici référence au rapport publié en septembre dernier conjointement par l’AQLPA et Greenpeace intitulé « Ce que vous devez savoir sur la venue du pétrole de l’Ouest au Québec, mais que les pétrolières préfèrent que vous ne sachiez pas! »

Ce rapport notait que la cimenterie gaspésienne « pourrait devenir l’un des, sinon le plus gros four à coke de pétrole au Québec et peut-être en Amérique du Nord », en précisant que l’émission de GES sur une base annuelle varierait de 700 000 à deux millions de tonnes.
André Bélisle demande par ailleurs à Québec de donner l’heure juste quant à ses intentions sur le plan du suivi dans tout ce dossier. « On n’a toujours pas de plan d’action de Québec », note-t-il en confirmant que son organisme va continuer à travailler en collaboration avec les écologistes de la Gaspésie. « On demeure très actifs dans ce dossier et on est très solidaires ».