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11 février 2022 9 h 10

Des mots, des notes et des images

Des saisons intranquilles

Sophie Rochefort

GASPÉ | Fruit de plus d’un an d’écriture, le recueil de poésie Des saisons intranquilles a finalement été présenté au public lors de son lancement à Gaspé, le 18 décembre dernier. Résultat d’un véritable « défi de discipline », le premier ouvrage de l’autrice Sophie Rochefort offre un tour complet des saisons, un vers à la fois.

« Si la fille est sortie de la Gaspésie, vous allez voir qu’on ne peut pas sortir la Gaspésie de la fille. » Bien qu’un peu cliché, cette formule met bien en contexte l’oeuvre qui a été présentée à la trentaine de personnes réunies au café Paquebot pour le lancement.

« Vous ne mesurez pas à quel point c’est hors du commun comme aventure », s’est émue l’artiste au début de sa prise de parole. Pour la première fois, celle qui habite désormais à Québec a présenté ses écrits dans un ouvrage qui lui est entièrement consacré, publié par les Éditions 3 Sista de Percé. Celle qui se qualifie comme « une expatriée » tenait à présenter son travail en Gaspésie, où elle a puisé une grande partie de son inspiration.

Écrit en rapiéçant des vers pondus au fil des semaines, Des saisons intranquilles permet de suivre les saisons, un poème à la fois, explique Mme Rochefort. « Je m’étais lancé le défi d’écrire un peu tous les jours. Au fil des mois, j’ai réalisé qu’on peut vraiment sentir les saisons qui passent à travers des poèmes. »

« Ça parle de la traversée de la vie, des tensions et des résolutions qui la ponctuent, comme le font les saisons », décrit-elle. « On aborde aussi le contact avec l’immense, le rapport au plus grand, qui est si familier quand on a habité à Gaspé. »

L’autrice a eu un véritable coup de coeur lorsqu’on lui a présenté la couverture du recueil, réalisé par l’illustratrice Catherine Beau-Ferron. « J’ai été estomaquée. Ça accompagne tellement bien l’intensité et la douceur des textes. On pourrait dire que je suis tombée en amour », raconte-t-elle.

Même si elle écrit « depuis toujours », il s’agit de la première publication de Sophie Rochefort. « Savoir que mes mots peuvent résonner chez quelqu’un d’autre, qu’ils se partagent, c’est complètement fou. » Charmée par l’expérience, l’artiste travaille déjà sur ses prochains écrits, laissant planer un projet de recueil illustré.

Des saisons intranquilles est disponible à la librairie Liber de New Richmond, sur le site LesLibraires.ca ainsi qu’aux Éditions 3 Sista.

Sophie Rochefort dit être « tombée en amour » lorsqu’on lui a présenté le dessin de Catherine Beau-Ferron qui allait envelopper son recueil. Photo :Offerte par Les Éditions 3 Sista

Simon Carmichael

 

En patientant jusqu’à son retour sur scène, Quimorucru sort un nouvel opus baptisé Le gin de la vieille usine

GASPÉ | Originaire de la Baie-des-Chaleurs, le groupe Quimorucru lance son 10e album, Le Gin de la vieille usine ; huit morceaux coups de poing fidèles à leur univers traditionnel et festif, insufflant une fraîche brise énergique méritée et attendue en cette fin de deuxième année pandémique.

« Hey capitaine ramène ma femme! », scandé sous fond de traversier qui s’amarre, voilà comment l’album démarre. Disons que le ton est donné assez vite, et lorsque le groupe en entier décoche son premier accord, on ne souhaite qu’une chose : entendre ce nouvel opus en spectacle. D’ailleurs, le groupe avance que la magie opère véritablement sur scène, eux qui n’ont offert que deux prestations au cours de la dernière année et demie.

Bien que les spectacles n’arriveront pas de sitôt, Le gin de la vieille usine repose essentiellement sur un processus de création spontanée. Parfois même, certaines chansons ont été enregistrées en spectacle et n’ont pratiquement pas été retouchées pour l’album. « La chanson-titre a été composée dans notre Winnebago en une vingtaine de minutes! »,
mentionne Yan Cyr, le chanteur. De plus, cet album se démarque principalement par l’ajout d’un septième musicien à la guitare électrique, Dominic Potvin, qui apporte de jolies touches de country à la formation qui autrement s’inspire énormément des sonorités traditionnelles irlandaises et cajuns.

Or, Le gin de la vieille usine rassemble les thèmes de prédilection de Quimorucru, en activité depuis déjà plus de 15 ans, c’est-à-dire faire la fête, explorer les racines acadiennes, et bien sûr déclamer leur amour pour la Gaspésie, leur terre natale. Bien que les sept membres habitent pour la plupart dans des villes disséminées aux quatre coins de la province, Steve Delarosbil, l’un des fondateurs, avoue avec humour n’avoir jamais vu sept gars vouloir autant revenir en Gaspésie. Pour avoir une meilleure idée de leur attachement profond pour la péninsule, la chanson Party Gaspésien, un de leurs plus gros succès, illustre merveilleusement bien cette idée.

« On désire transmettre la joie de vivre des Gaspésiens à notre public présent majoritairement dans l’Est-du-Québec. On parle de party d’été, de Noël et de pêche, c’est toujours le party! », s’exclame Steven Delarosbil, un autre des fondateurs. « On camoufle même des sujets plus sérieux sous des airs entraînants. C’est rare que notre répertoire déroge à cette règle », ajoute son frère aîné.

L’album est désormais disponible sur toutes les plateformes numériques. Il peut aussi être téléchargé sur Bandcamp. Néanmoins, on ignore toujours quand se fera le lancement officiel de Le gin de la vieille usine.


Le gin de la vieille usine est le 10e album du groupe. Il est actuellement disponible sur toutes les plateformes numériques. Photo : Offerte par Quimorucru

Guillaume Whalen

 

Suivre les lucioles, Un album pour nous faire voyager, signé Claude Hurtubise

GASPÉ | Après avoir présenté en novembre sa pièce Suivre les lucioles, l’artiste multi-instrumentiste Claude Hurtubise a lancé un album du même nom le 28 janvier.

Pour des raisons évidentes, le lancement officiel qui devait avoir lieu la veille au Quai des brumes de Montréal a dû être reporté à une date qui reste encore à déterminer. Qu’à cela ne tienne. Celle qui a posé ses valises dans le quartier Douglastown de Gaspé en 2021 a travaillé d’arrache-pied pendant deux ans pour donner vie à ce projet, et ce n’est pas la pandémie qui allait l’empêcher de partager le fruit de son travail. Il s’agit incidemment d’un premier album en carrière pour Claude Hurtubise, trois ans après son premier EP réalisé par Marc Déry.

Musicalement, l’opus coloré jazz-pop constitué de 11 morceaux s’anime au rythme de ses voyages en Afrique et dans les Amériques, que ce soit au coeur des forêts du Yukon, en fugue à vélo dans l’hiver montréalais, sur des scènes à Bogota et à Abidjan ou encore au Carnaval de Rio. « Ça s’inspire d’aventures des dernières années dans différents pays. Je voyage avec mon accordéon, et j’aime ça apprendre les styles traditionnels des endroits que je visite. J’aime ensuite reprendre certains rythmes et les intégrer à ma propre musique. Ça donne une espèce d’hybride avec mes racines plutôt jazz. On le sent dans la musique et les progressions des accords », explique la principale intéressée.

L’album réalisé par Simon Walls rassemble d’ailleurs une équipe de musiciens d’ici et d’ailleurs, dont certains proviennent de la Colombie et du Burkina Faso. Elle chante majoritairement en français, à l’exception d’une chanson en espagnol. Claude Hurtubise a aussi porté une attention particulière aux paroles, elle qui est une amoureuse de la langue de Molière. « J’aime vraiment les mots en général, leur sonorité et les images qu’ils évoquent. Je passe mon temps à écrire des textes. J’aime faire voir des choses avec les mots, raconter des histoires », ajoute-t-elle.

Reste maintenant à savoir quelle sera la suite pour l’auteure-compositrice- interprète, pianiste, accordéoniste et diplômée en interprétation jazz de l’Université de Montréal. Elle avait pris une pause de l’enseignement à l’école de musique Mi-La-Ré-Sol de Gaspé pour se consacrer pleinement à sa carrière musicale. Une tournée pourrait avoir lieu en juin, si la situation sanitaire le permet.

Dans tous les cas, Suivre les lucioles est d’ores et déjà disponible en écoute intégrale sur ICI Musique, en plus des plateformes numériques habituelles telles que iTunes, Spotify ou Bandcamp. Des albums physiques sont aussi disponibles.

Notons qu’en parallèle, la cinéaste Laurence Turcotte-Fraser a créé des vidéos en nature pour accompagner certaines chansons de l’album, alors qu’une association avec l’artiste gaspésienne Caty Collet, elle aussi de Douglastown, a permis de créer des vêtements artisanaux aux couleurs de Suivre les lucioles.


Suivre les lucioles est un opus coloré jazz-pop constitué de 11 chansons, disponible depuis le 28 janvier. Photo : Yves Demers

Jean-Philippe Thibault