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23 septembre 2014 10 h 02

DPJ : signalements en hausse, budget en baisse

GASPÉ – Alors que les signalements reçus ont augmenté de 22 % depuis 2010 en Gaspésie/Les Îles, le Centre jeunesse (CJ) a dû réduire son budget d’environ 10 %. L’organisation s’inquiète des rumeurs de coupes dans les services aux enfants et enjoint Québec d’épargner ce pan de la population.

La directrice de la protection de la jeunesse Gaspésie/Les Îles, Linda Keating, a livré ce message à l’occasion du bilan annuel de la DPJ, lundi à Gaspé. « On est inquiets d’entendre mentionner l’aide aux devoirs, les petits déjeuners et les garderies parmi les compressions budgétaires. […] Nous, on reçoit l’impact de ce qui n’a pas été fait en amont : les problématiques deviennent plus lourdes et l’État doit s’en mêler. »

En 2013-2014, la DPJ régionale a traité 1301 signalements, une hausse de 3 % par rapport à l’année précédente, et de 22 % par rapport à 2010. Le nombre de signalements retenus cette année s’est établi à 631, soit 10 % de plus qu’il y a quatre ans.

Environ 47 % des enfants pris en charge le sont pour cause de négligence ou de risque sérieux de négligence.

Depuis 2010, le Centre de jeunesse Gaspésie/Les Îles a dû retrancher 1,4 M$ à son budget, qui avoisine les 14 M$. Pour la seule année financière 2014-2015, il doit éponger des compressions de 658 000 $.

« On a beaucoup coupé au plan administratif et on est rendus à la moelle épinière, mentionne Mme Keating. Dans les services aux jeunes, on est OK pour l’instant, mais c’est fragile. »

Si jamais la DPJ recevait un surcroît de signalements, elle n’aurait pas les moyens d’embaucher le personnel pour répondre à la demande, signale la directrice générale du Centre jeunesse, Lise Bernatchez.

Par ailleurs, le CJ a réussi à combler un poste d’intervenante bilingue dans Bonaventure, un manque qui avait allongé la liste d’attente en 2013. « La liste d’attente est maintenant très petite, avec quelques cas seulement », indique Mme Keating.

« N’ayez pas peur d’appeler »

Une mère de Grande-Rivière, Ghislaine Moreau, a témoigné de son expérience avec la DPJ. « Ma fille avait des problèmes de consommation, mais j’avais peur d’appeler au Centre Jeunesse, peur de me faire enlever ma fille. »

Aujourd’hui, après quelques séjours au Centre jeunesse, la fille de Mme Moreau va beaucoup mieux. « Je ne regrette pas [d’avoir contacté le CJ]. Je veux dire aux parents de ne pas avoir peur d’appeler. Et de ne pas attendre. Plus tu attends, plus c’est grave. »