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29 septembre 2014 15 h 57

Eau potable et forages : 22 municipalités poursuivent la lutte

GASPÉ -- Vingt-deux municipalités québécoises, dont Ristigouche-Partie-Sud-Est, poursuivent la lutte en vue de protéger leur eau potable de façon plus sévère que Québec. À leurs yeux, la distance minimale de 500 mètres entre une source et un forage pétrolier ou gazier est insuffisante.

Les représentants de ces localités se sont réunis récemment à Saint-Edmond-de-Grantham, dans le Centre-du-Québec. « On veut dire au ministre [de l’Environnement, David] Heurtel que c’est nous qui occupons le territoire et que c’est notre eau », lance François Boulay, maire de Ristigouche.

Les règlements adoptés par plus de 100 municipalités depuis deux ans imposaient un minimum de deux kilomètres entre un forage et une source d’eau potable. Le règlement provincial adopté en juillet réduit cette distance à 500 mètres, à moins qu’une étude hydrogéologique identifie un risque dans un rayon plus large. Le règlement de Québec rend inopérants les textes de loi municipaux.

À Ristigouche, « avec notre règlement, il restait le quart des terrains disponibles [pour des forages], versus les deux tiers et même plus avec le règlement de Québec, qui ouvre du territoire tout près de la route 132 et de la rivière Ristigouche », illustre M. Boulay.
Les 22 municipalités tenteront d’obtenir l’appui des 1100 autres de la province. Elles enverront une requête au ministre Heurtel afin qu’il approuve leurs règlements et les rende ainsi valides, une dérogation possible en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement.

Gaspé et la FQM réticentes

Gaspé, fer de lance de la lutte jusqu’à récemment, est peu encline à demander une dérogation. « On a demandé si longtemps à Québec d’avoir un règlement provincial et on s’est engagés à vivre avec », dit le maire Daniel Côté. Il qualifie toutefois de « légitime » la démarche des 22 municipalités et n’exclut pas d’y participer.

Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Richard Lehoux, accueille froidement l’initiative des 22 municipalités. « Nous, on était satisfaits du règlement provincial, le plus sévère en Amérique du Nord. On le demandait depuis 2011. » M. Lehoux propose d’organiser une rencontre entre les municipalités et le ministre Heurtel.

La plupart des 22 municipalités sont situées au Centre-du-Québec, en Estrie, en Montérégie et dans Lanaudière, des régions dont le gaz de schiste est convoité.