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4 avril 2012 16 h 14

L’art au service de la mémoire des quais de la Gaspésie

L’artiste gaspésienne, Maryse Goudreau, présente jusqu’au 4 mai au Centre d’artistes Vaste et Vague de Carleton-sur-Mer son exposition, La mémoire est une arme, qui vise à susciter une réflexion sur la disparition des quais gaspésiens.

Cette exposition offre aux visiteurs un voyage à travers les interventions artistiques menées par Mme Goudreau à Marsoui, à Miguasha, à Carleton-sur-Mer et à New Richmond lors des Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie en 2010 et 2011.

Au cours de cette période, l’artiste a multiplié les actions et les installations artistiques pour sensibiliser le public à l’abandon graduel des quais sur la péninsule gaspésienne. Son objectif : souligner l’importance d’entretenir la mémoire collective. Elle souhaite que les Gaspésiens reconnaissent que les quais ont longtemps été au cœur de la vie collective de la région.

«C’est une exposition très engagée socialement et même politiquement. Je souhaite utiliser la mémoire pour combattre la banalisation de la disparition des quais dans nos milieux de vie», explique l’artiste photographe.

Parmi les œuvres exposées, se retrouvent les clichés d’une foule de plus de 200 figurants volontaires photographiés avec un appareil du 19e siècle sur le quai de New Richmond l’été dernier. «J’ai choisi ce lieu pour susciter une réflexion par rapport à la durabilité de notre développement. Ce quai, il est encore en bon état, mais depuis la fermeture de la Smurfit-Stone,  il ne sert plus, il est voué à mourir.»

L’artiste précise que sa démarche vise à faire réfléchir le public et non pas à lui offrir des pistes de solution. «Je souhaite que la lecture que j’offre encourage les gens qui visitent l’exposition à s’intéresser aux liens qu’on perd avec notre histoire, notre identité collective et avec la mer en laissant les quais à l’abandon», dit-elle.
 
La saga des drapeaux volés

Une bonne partie de l’exposition vise par ailleurs à faire découvrir au public, à l’aide de photographies, de textes et d’objets, les multiples rebondissements de l’intrigante saga du saccage et du vol des dix-neuf drapeaux installés sur les vestiges du quai de Miguasha l’été dernier. Rappelons que 48 heures après leur installation, les drapeaux ont été volés et les lieux saccagés. Cet événement avait semé la consternation dans la région.

Mais au lieu de s’apitoyer sur son sort, Mme Goudreau y a vu une occasion de faire preuve de créativité artistique, qu’elle partage maintenant dans son exposition. «Ces actes de vandalisme m’ont déçu, mais en même temps, ils ont attiré l’attention sur mon message. Et maintenant, ces événements font maintenant partie de mon exposition. Autrement dit, la destruction de mes œuvres m’a servie dans ma création, m’a forcée à les transformer et à les faire vivre sous une autre forme.»

Le public peut visiter l’exposition La mémoire est une arme jusqu’au 4 mai à la salle Desjardins du Quai des arts de Carleton-sur-Mer.

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