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10 janvier 2014 11 h 19

Pétrolia menace d’abandonner le projet Haldimand

PERCÉ – Les plaidoiries des avocats de Pétrolia et de la Ville de Gaspé sont entendues vendredi au Palais de justice de Percé. Jeudi, la firme a menacé d’abandonner le projet Haldimand, tandis que l’ex-maire de Gaspé a décrit sa perte de confiance envers Pétrolia et les instances gouvernementales.

Pétrolia demande au juge de la Cour supérieure d’invalider le règlement de Gaspé sur l’eau potable, qui empêche la firme de forer Haldimand n° 4.

L’impossibilité de réaliser ce forage « voudrait dire l’abandon du projet Haldimand au complet », a déclaré l’ex-président de Pétrolia, André Proulx, appelé à la barre hier.

Pétrolia compte sur ce forage pour améliorer ses connaissances. « Ce gisement nous permettrait de comprendre ce qui se passe [au plan géologique] sur 30 % du territoire gaspésien. »

La firme aurait du mal à convaincre des investisseurs de recommencer ailleurs, a plaidé M. Proulx. Pétrolia a déjà réalisé deux forages à Haldimand et dépensé huit millions de dollars pour l’explorer.

L’ex-président a aussi brandi un flacon d’huile pour bébés en expliquant que c’était l’équivalent du distillat de pétrole utilisé pour forer en profondeur, soit l’ingrédient le plus toxique du fluide. Pétrolia souhaite produire sans utiliser la méthode de fracturation à Haldimand, a ajouté M. Proulx.

Perte de confiance

L’ex-maire de Gaspé, François Roussy, a expliqué qu’il avait peu à peu perdu confiance en Pétrolia et les instances gouvernementales, ce qui l’a poussé à réglementer.

En janvier 2011, Pétrolia « nous a annoncé qu’ils projetaient un forage horizontal avec fracturation à Haldimand n° 4, mais avec des techniques différentes du gaz de schiste, a rapporté M. Roussy. […] On est devenus très inquiets. [Pétrolia] nous a dit de ne pas informer Nathalie Normandeau [alors ministre libérale des Ressources naturelles], qu’on pouvait s’entendre au plan local. »

Des questions posées de longue date à Pétrolia étaient toujours en suspens en novembre 2012, a ajouté l’ex-maire.

Par ailleurs, depuis 2011, le conseil de ville de Gaspé demandait à Québec une contre-expertise indépendante pour protéger l’eau potable, ce qu’il a obtenu seulement à l’été 2013.