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Économie
20 mars 2015 12 h 09

FAIRE FACE À L’AUSTÉRITÉ, MODE D’EMPLOI

ARÈNE POLITIQUE, COIN DROIT

L’AUSTÉRITÉ SELON P.A. BEAULIEU

SAINTE-ANNE-DES-MONTS — L’austérité? Quelle austérité? Vous parlez de ces quelques coupures bien plus cosmétiques qu’autre chose réalisées par le gouvernement Couillard récemment ou de la crise économique des années 1930???

Croyez-vous vraiment qu’en coupant 500 calories sur les 10 000 qu’un obèse morbide consomme quotidiennement, nous allons l’aider à retrouver la santé? NON. Un régime plus drastique est nécessaire pour son bien-être et son retour à un état plus normal, ce n’est rien d’autre que du gros bon sens.

Ce même gros bon sens s’applique à l’obèse qu’est devenu le Québec. La supposée austérité du PLQ dont on parle tant vous déplaît peut-être, mais elle est encore nettement insuffisante pour redresser la grave situation dans laquelle nous nous trouvons.

Je ne pense pas ici uniquement à la Gaspésie, mais au Québec dans son ensemble : notre collectivité vit nettement au-dessus de ses moyens depuis des décennies déjà.

Qui va payer la dette de 274 milliards du Québec, qui va toujours en augmentant?

Tôt ou tard, c’est la faillite qui nous attend si des mesures, déplaisantes j’en conviens, mais nécessaires, ne sont pas prises pendant qu’il en est encore temps. En jouant à l’autruche, en ne voulant pas regarder la réalité en face, nous ne faisons que laisser le problème empirer et le choc sera plus dur encore quand nous frapperons le mur.

Par la force des choses, nous n’aurons pas le choix de couper pour préserver l’essentiel, soit un minimum de services en santé et en éducation par exemple.

Et quand on regarde le vieillissement de la population, combiné à une baisse démographique à venir, ça ne nous donnera tout simplement pas le choix de fermer des villages non viables, entre autres, que cela nous plaise ou non.

Les individus et les groupes qui s’opposent le plus fermement à des mesures d’austérité sont ceux qui ont le plus à perdre, plusieurs étant tellement habitués à piger dans le plat de bonbons collectif depuis longtemps qu’ils tiennent pour acquis que les sucreries ne viendront jamais à manquer.

Avez-vous remarqué que lors des manifestations, on voit toujours les mêmes visages, soit ceux d’activistes de groupes communautaires et ceux de personnalités syndicales? Ces personnes représentent-elles vraiment la population, ou bien cherchent-elles d’abord et avant tout à sauver leurs propres acquis?

ON NE GUÉRIT POINT UN ALCOOLIQUE EN LUI DONNANT PLUS D’ALCOOL

On a pigé dans les poches des contribuables durant des années pour financer les CLD, les CRÉ, les CJE et bien d’autres organismes socio-économiques. Est-ce que le jeu en valait la chandelle? J’en doute.

Ma comparaison concernant l’argent dépensé pour venir en aide aux personnes en difficulté va déplaire à plusieurs, mais passé un certain seuil, mettre plus d’argent dans la « lutte contre la pauvreté », c’est malheureusement comme si on comptait guérir un alcoolique en lui donnant encore plus d’alcool.

Il y a des gens qui ont besoin de support, je suis entièrement d’accord sur ce point et je crois que nous devons collectivement les aider, la cause est noble, mais à trop vouloir aider, on fini par nuire en déresponsabilisant des individus.

La meilleure solution à la pauvreté, ce n’est pas d’injecter plus de subventions dans notre milieu, la meilleure solution, c’est « une job »!

SOYONS RÉALISTES!

Je ne crois pas que tout soit perdu pour autant, estimant personnellement que mon discours n’est ni défaitiste, ni pessimiste, mais plutôt réaliste. Nous avons l’avantage de disposer d’un vaste éventail de ressources, au niveau pétrolier notamment. Ces ressources peuvent être exploitées avec un niveau de risque acceptable pour les individus et l’environnement, à condition que nous cessions de courber l’échine devant une poignée d’environnementalistes, certains n’habitant même pas notre région, qui s’oppose à toutes les initiatives économiques rentables qui s’offrent à nous.

L’AVENIR PASSE PAR LA FORMATION ET L’IMMIGRATION

Si nous avons à « investir » collectivement (même si je préfère de loin les investissements privés aux dépenses publiques), je crois que nous devons le faire différemment, en axant sur l’éducation et sur l’immigration.

Aussi, j’aimerais bien mieux qu’on prenne 20 millions pour aider 20 PME de dix employés réparties sur le territoire, au lieu d’utiliser cette même somme pour une seule et unique entreprise qui en engagerait 200.

Je crois que la survie de la Gaspésie passe par la formation professionnelle. Des initiatives comme celles qui ont mené à l’établissement d’une formation DEP pour les monteurs de lignes en Haute-Gaspésie doivent se répéter, afin que notre région dispose d’un vaste bassin de travailleurs qualifiés, et ce dans une multitude de domaines, afin de rendre notre région attirante pour les investisseurs. Ces mêmes travailleurs peuvent habiter la région avec leur famille en allant travailler dans le Nord également.

Aussi, nous avons besoin de sang neuf. L’immigration est une autre nécessité, afin d’amener chez-nous une plus grande diversité. Or, sommes-nous prêts à accepter la présence de gens d’autres couleurs, parlant d’autres langues que le français, sur notre territoire?

Tout ça pour vous dire que je ne crois pas que la Gaspésie vit présentement une austérité, mais qu’elle a besoin à mon humble avis d’un sérieux « Wake up call » que plusieurs parmi nous ne sont vraiment pas disposés à recevoir.