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Économie
13 janvier 2016 15 h 44

INSPIRANTS, CES ÉGYPTIENS!

Et du mystère, il y en avait. Il n’est pas difficile de comprendre que lorsque nous n’avons pas la médecine moderne et les ressorts de la science pour expliquer un phénomène ou un autre, il faut trouver réponse à l’intérieur de repères qui sont propres à notre civilisation et qui nous permettent de se reconnaître comme membre d’un même groupe. Des explications communes, un langage commun, des rites d’accompagnement collectifs forts et des interprètes en qui nous avons confiance; la recette de base pour faire société.

À travers les différentes manifestations, les symboles et les offrandes, les Égyptiens donnaient sens à leur existence et réussissaient à expliquer tantôt les bonnes récoltes, tantôt les mauvaises; les durs coups de la vie, les mauvais sorts et aussi les moments heureux  et les grandes réussites. Par ailleurs, et le fait est notable, les Grands prêtres et les hommes médecines, qui étaient les intermédiaires directs entre les divinités, la population et la mort, avaient comme finalité dans leur pratique de favoriser le bien commun et la protection de la population afin d’en assurer la pérennité.

Deux éléments intéressants ressortent de cette brève lecture. Le premier, c’est que le sens de l’existence est souvent plus agréable et plus soutenu lorsqu’une collectivité arrive à y donner corps et partage des activités et un avenir commun. Pour le cas qui nous occupe, il est intéressant de constater qu’au Québec, lorsque nous avons inscrit une rupture avec notre religion chrétienne et ses pratiques quotidiennes au moment de la révolution tranquille, nous n’avons pas réussit à faire émerger des pratiques et des rapports collectif face à l’avenir qui représentaient notre historie et notre identité.

Partant de là, nous avons intégré, par défaut, des pratiques et des rapports plutôt étrangers à ce que nous sommes. Chose intéressante, cet essentiel travail de la vie commune nationale est, encore aujourd’hui, à faire.

Deuxième constats, les efforts collectifs mis en commun dans ce que nous pourrions appeler l’activité économique de l’époque, et son encadrement par l’élite culturelle, avait comme finalité non pas l’accumulation et l’accaparement de la richesse matérielle à des fins personnelles et privées, mais visait prioritairement le bien être de la communauté dans le temps. Ce bien être se matérialisait notamment dans l’esthétisme, l’écriture, la sculpture et le dessin et permettait à la société de se connaître et se reconnaître à travers l’art.

Or, que vaut une doctrine économique si ça finalité n’est pas l’émancipation des traits culturels qui rassemblent une communauté et qui permettent à une civilisation de grandir, de partager avec le monde ce qu’elle est et ce qui lui est sensible, notamment dans l’esthétisme, et ce qui lui permet de s’affirmer comme peuple distinct et singulier.

En ce sens, en regard de notre modèle économique, de sa trajectoire et de la manière avec laquelle on l’utilise pour se tracer un avenir, nous aurions avantage à tirer leçons des pratiques qui ont permis à des civilisations comme celle de l’Égypte ancienne de perdurer pendant plusieurs siècles, et de laisser des traces encore présentes aujourd’hui et fort intéressantes à étudier.