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Société
15 mai 2015 14 h 39

JOYEUX ANNIVERSAIRE, CHÈRE FAMILLE

L’amour donne des… muscles
En panne d’inspiration, je m’accorde une pause non méritée. Au lieu d’écrire, je célèbre la beauté de la famille au féminin; les gars ayant déserté la maison. Je décide de passer du temps de qualité avec ma grande fille et la petite dernière, qui se vautre dans mes bras. Bourrelée de remords par notre manque d’activité physique depuis le début de la journée, je prépare ma troupe pour une promenade sous des nuages, qui menacent pourtant d’éclater. Je cède à la demande de mon aînée, qui insiste pour transporter la benjamine. Son argumentation, digne des plus illustres philosophes, m’a convaincue. Serrées les unes contre les autres, nous profitons du mauvais temps. En mère inquiète, j’observe la sœur porteuse. J’examine sans arrêt son visage à la recherche d’une mimique douloureuse. Je surveille son dos pour ne pas qu’il ploie sous l’effort tel le chêne de la fable pendant que les automobilistes qui nous dépassent me considèrent comme un bourreau d’enfant. Je replace de façon préventive les courroies du porte-bébé sur les jeunes épaules. Ma copie améliorée rayonne et couve du regard sa poupée de chair reposant sur sa poitrine. Heureuses, nous subissons les sautes d’humeur du printemps qui en veut à l’hiver gaspésien d’étirer son règne. Le vent court. Sa cadence soulève nos cheveux. Mon cerveau s’aère. Il bourgeonne. Je me questionne toujours sur ce que j’ai lu. Une famille, est-ce seulement le fait de vivre ensemble? Un souvenir me traverse l’esprit. Une brunette haute comme vingt pommes accompagnée d’une mère aimante et d’un frère bienveillant marchent bras dessus, bras dessous. Une tranche de vie banale d’où ressurgit néanmoins une charge d’émotions lumineuses.

Le pouvoir de bébé
Nous regagnons la maison avec en tête le désir d’un chocolat chaud décoré de guimauves. La fatigue m’envahit soudain. J’ai sauté ma sieste matinale. Mon poupon aux joues dodues commence à fabriquer des bulles sur le bord de ses lèvres. Il roule ses yeux enjôleurs, tire sa langue rose et me sourit tendrement. Mon cœur fond. L’énergie surgit de nulle part. Et, l’heure du boire se déroule dans un moment de pure douceur.

Elle vole à mon secours
Munis de moustaches chocolatées, ma grande et moi nous livrons un duel sans merci lors d’une partie de cartes où la logique mathématique et la stratégie sont de mise. Je me fais donc littéralement écraser. Ma fibre maternelle s’en enorgueillit un certain temps. Au comble de l’humiliation, je prétexte soudain que j’ai un texte à pondre. Moi, qui prêche toujours aux enfants de réaliser leurs devoirs en début de semaine, je me confesse et j’admets que je n’aurais pas dû retarder ma rédaction. Voilà que la plus surprenante et adorable réponse sort de la bouche de ma grande : « Je vais t’aider à écrire maman. Je suis bonne en composition. Tu corrigeras les fautes. »

Bonne fin de semaine des familles!