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2 décembre 2015 17 h 56

QUELLE VERSION DU CANADA VOULONS-NOUS?

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Le Canada est arrivé à la Conférence de Paris comme un vent de fraîcheur pour bon nombre de nations qui s’attendent à un rôle plus actif du Canada sur le plan diplomatique dans la lutte aux changements climatiques. Néanmoins, le nouveau gouvernement de Justin Trudeau a choisi de conserver les mêmes cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) qu’avaient établi les Conservateurs, c’est-à-dire une réduction de 30% d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005. Remarquez que la situation est quelque peu compréhensible, compte tenu que les libéraux sont au pouvoir depuis peu et que le dialogue avec les provinces n’a été rétabli que récemment.

D’ailleurs, tout ce beau monde devra se réunir d’ici les trois prochains mois pour discuter des mesures d’atténuation et des cibles de réduction des émissions de GES. Ces négociations entre le fédéral et les provinces risquent de rappeler le jeu diplomatique qui se déroule ces jours-ci à Paris. Avec des joueurs qui, comme le Québec, ont une longueur d’avance dans le domaine et pour qui justement, le défi de faire mieux sera d’autant plus grand. Et d’autres, comme l’Alberta et la Saskatchewan, qui en amorçant dès maintenant une transition vers des énergies propres, pourraient facilement améliorer leur bilan carbone, mais dont le lâcher prise envers les sables bitumineux ne semble pas aisé. De belles chicanes de famille en perspective!

Le Canada et l’énergie, version obsolète
Le règne conservateur aura davantage fait la part belle aux sables bitumineux, ce noble produit du terroir canadien qui nourrit les coffres des gouvernements albertain et saskatchewannais. Il est évident que Justin Trudeau semble se préoccuper davantage des changements climatiques que son prédécesseur. Cependant, pour des raisons politiques et économiques, il se réserve bien de critiquer sévèrement le projet de pipeline Énergie Est, qui vise l’exportation du pétrole des sables bitumineux dont l’exploitation est largement subventionnée et coûteuse sur le plan environnemental.

Le Canada et l’énergie, version 2.0
Dans le cadre de la Conférence de Paris, le Canada et 19 autres pays ont décidé de lancer Mission Innovation, un partenariat mondial qui vise à faire doubler les investissements gouvernementaux dans la recherche et le développement dans le secteur des énergies propres au cours des cinq prochaines années. Ainsi, le gouvernement du Canada compte investir 300 millions de dollars par année dans cette filière qui en a grandement besoin. Avec une perte des parts de marché mondiales de l’ordre de 1% depuis 2005, le Canada s’affiche de moins en moins comme un exportateur de technologies propres, mais beaucoup plus comme un acheteur de telles technologies développées ailleurs. Un potentiel énorme s’ouvre devant nous au niveau mondial en raison de la transition vers des énergies renouvelables que devront entreprendre la majorité des états. Il serait bête pour le Québec et le Canada de manquer le bateau!

Il ne fait aucun doute que tant que le pétrole non conventionnel des sables bitumineux occupera une place prépondérante dans son portefeuille énergétique, le Canada ne saura remplir ses obligations internationales à l’égard des changements climatiques. On ne peut se tourner vers l’avenir en restant si accroché au passé. Qu’on se le tienne pour dit! Point à la ligne.

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