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26 septembre 2013 6 h 53

Actions dans Orbite: des élus critiqués

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PERCÉ - Les élus détenant des actions dans Orbite Aluminae devraient retirer leurs billes de l'entreprise pour des raisons morales, selon un expert.

Le préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, et le maire de Cap-Chat, Judes Landry, détiennent des actions en bourse de la firme de transformation d’alumine argileuse, comme le rapportait récemment GRAFFICI.CA. Les élus en question avaient alors indiqué être à l’aise avec cette situation et qu’ils ne se sentaient pas en conflit d’intérêts.

Le professeur en Sciences de la gestion à l’Université du Québec à Rimouski, Michel Fortier, estime que même si tout cela est légal, comme nous l’a aussi confirmé le ministère des Affaires municipales, il n’en demeure pas moins, dit-il, que les élus se mettent dans une situation « délicate ».
L’expert juge que ces derniers perdent une certaine indépendance face à l’entreprise en détenant des actions. « Par définition, quand on a un intérêt financier dans une compagnie, on se trouve à être partie prenante de cette organisation. On perd la liberté qu’on avait de ne pas avoir d’attaches avec l’entreprise afin de prendre des décisions qui soient dégagées. »

Michel Fortier croit qu’il vaudrait mieux pour eux de se départir de leurs intérêts financiers. « Je ne trouve pas que c’est l’idée du siècle d’être un investisseur dans une entreprise [pour un élu], ce qui risque de faire croire à la population qu’on ne prend pas des décisions avisées. Là est la question au fond. »

Réactions

Allen Cormier et Judes Landry rejettent les critiques formulées par le professeur Fortier. Les deux élus persistent et signent.

Allen Cormier rappelle faire ses déclarations d’intérêts pécuniaires de manière rigoureuse qui peuvent être « consultées » et qu’en aucun temps ses actions lui ont empêché d’être critique envers l’entreprise.
Il en veut pour preuve un événement qui a eu lieu l’automne dernier. « Ce n’est pas parce que je suis un actionnaire d’Orbite que j’endosse tout ce que la compagnie dit ou fait. À preuve, lors d’une manifestation organisée à Cap-Chat pour que les gens de l’endroit puissent être embauchés, je suis directement intervenu auprès de l’entreprise pour défendre les travailleurs ».

 Judes Landry, rappelle ce qu’il a déjà déclaré à GRAFFICI.CA à savoir qu’il est un actionnaire de la Caisse populaire, ce qui ne lui empêche de traiter avec l’entreprise à titre d’élu. Est-ce qu’on demande aux élus d’être plus catholique que le pape? « C’est à peu près ça, monsieur », répond le maire, visiblement irrité par toute cette histoire.

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