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31 mai 2012 8 h 42

Appui à la cimenterie : la MRC Bonaventure suscite la grogne

Les maires de la MRC de Bonaventure ont adopté mercredi soir, parfois dans le tumulte, une résolution d’appui au projet de cimenterie à Port-Daniel.

Une trentaine de citoyens ont répondu à l’appel d’Éco-Vigilance et se sont présentés à St-Siméon afin de dénoncer la décision des élus.

Sous les cris de «démocratie» ou «un veut un BAPE» des gens présents, les maires ont majoritairement répondu favorablement à la résolution, malgré la demande du maire de Bonaventure, Serge Arsenault, de surseoir à la demande de sa voisine du Rocher-Percé en attendant d’obtenir des informations supplémentaires sur le projet.

Un des contestataires, Luc Potvin, croit que les dés étaient pipés d’avance. «Des personnes ont demandé l’ordre du jour de la réunion spéciale et on nous a dit que le dossier de la cimenterie serait traité, possiblement durant la période de question. Or, on se retrouve devant le fait que le point a été traité dans la correspondance. On voit que la résolution a été drôlement bien ficelée. On aurait souhaité pouvoir s’exprimer avant que la décision soit prise.»

Se disant en faveur d’un projet créateur d’emplois dans la MRC Rocher-Percé qui a bien besoin, une des portes-parole de l’organisme, Cynthia Dow, se dit toutefois très inquiète des conséquences du projet sur l’environnement.«Nous sommes préoccupés par les rejets atmosphériques surtout que l’usine pourrait être en opération 100 ans.»

La candidate de Québec solidaire dans Bonaventure, Patricia Chartier s’interroge sur les effets que l’usine pourrait avoir sur le tourisme et les pêches. «Nous sommes sensibles à la création d’emplois, mais allons nous en créer 100 pour en enlever 100 autres dans des emplois qui nous nourrissent. Soyons prudents dans ce dossier-là. On veut développer le tourisme par bateau. Vont-ils venir encore si Port-Daniel est une mine à ciel ouvert?»

Hélène Leclerc, de Maria, déplore de son côté que les maires aient souscrit au projet sans en connaître les conséquences sur l’environnement. «Je perçois le vote de ce soir comme un bulldozage.»   

Préfet

Le préfet de la MRC, Jean-Guy Poirier, a défendu le conseil des maires et balayé du revers de la main les récriminations des citoyens présents. «J’ai eu deux rencontres avec les promoteurs. Les informations que j’ai reçues nous ont permis de prendre la décision de ce soir. Au plan de l’environnement, des ministères sont en place pour faire ce travail.»

M. Poirier laisse le soin aux municipalités de déterminer elles-mêmes les suites à donner au projet. «Si les municipalités veulent appuyer un BAPE, elles le feront, elles sont autonomes.»

Et bien que la MRC a combattu l’implantation de l’incinérateur d’hydrocarbures de la Bennett à Belledure il y a quelques années, le maire refuse de faire un parallèle avec la cimenterie. «On s’était prononcé contre, car on avait assez d’information à l’effet que le projet posait un problème majeur à l’environnement»

Questionné à savoir s’il pourrait changer de position face à la cimenterie s’il était prouvé que l’usine pourrait poser des problèmes à la santé des Gaspésiens, le préfet a eu cette réponse plutôt surprenante.«Je n’irai pas jusque-là.»

Reste que M. Poirier ne s’est pas fait beaucoup partisans durant la rencontre.

«La cimenterie va émettre des dioxines, des furannes, des polluants organiques persistants», a lancé un des citoyens présents.

«T’as autant de problèmes quand tu manges une canne de pois qu’avec ce qui va sortir de là-bas», a rétorqué Jean-Guy Poirier Poirier suscitant la réprobation dans la salle.

Présente à la rencontre, la préfet de la MRC Rocher-Percé, Diane Lebouthillier a tenté de calmer le jeu assurant que le projet répondra de façon très stricte aux normes actuels.

«Ce sera un des projets qui sera à la fine pointe de la technologie au niveau mondial nous a assuré l’entreprise. Si les gens ont des questions particulières à poser, le Conseil régional de l’environnement sera l’interlocuteur privilégié.»