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25 septembre 2014 10 h 53

Ciment Mc Innis se défend

Devant les gros titres du début de la semaine où l’on traitait le projet de cimenterie de Port-Daniel de « Poubelle de l’Amérique », le président et directeur général de Ciment Mc Innis Christian Gagnon a effectué une sortie le 24 septembre en envoyant une lettre à tous les médias, défendant son projet.

Voici la lettre dans son  intégralité :

Par Christian Gagnon, ing., président et directeur général de Ciment McInnis

Dernièrement, beaucoup a été dit sur le volet environnemental de la cimenterie de Ciment McInnis en cours de construction à Port-Daniel–Gascons, en Gaspésie. Il importe aujourd’hui d’amener dans le débat public des précisions incontournables pour la bonne compréhension du dossier.

Cimenterie ultra-moderne de nouvelle génération

Dotée d’une technologie de pointe conçue par des ingénieurs allemands, l’usine de Ciment McInnis utilisera 33 % moins de combustible par tonne de ciment et 40 % moins d’énergie que les cimenteries existantes dans l’Est du Canada et des États-Unis, largement désuètes. Elle n’émettra ainsi que 0,79 tonne de CO2 par tonne de ciment produit, contrairement à 1 tonne pour la moyenne des cimenteries de l’Amérique du Nord, soit 20 % de moins.
En introduisant dans le marché une usine aussi performante et à moindre coût de production, le jeu de la concurrence fera en sorte que l’équivalent de sa production sera retiré d’usines moins performantes, où qu’elles se trouvent dans l’Est du continent, contribuant ainsi à la lutte au changement climatique.

Pour répondre aux exigences ministérielles, la mise à jour de l’étude de répercussions analyse, comme il se doit dans le cadre d’un tel projet, le pire des scénarios, celui d’une utilisation annuelle de 175 000 tonnes de coke de pétrole sans autre combustible et d’émissions de 1,76 millions de tonnes de GES par an (et non pas 2 millions). Ces données sont issues d’hypothèses qui ne se matérialiseront jamais dans la réalité pour deux raisons principales : aucune nouvelle installation ne produit à pleine capacité à sa première année d’exploitation, et les quantités indiquées ne tiennent pas compte de l’introduction graduelle de la biomasse après la période de rodage.

Ces chiffres ne seront jamais atteints par la cimenterie en exploitation et Ciment McInnis fera tout pour diminuer à la fois sa consommation de coke de pétrole et ses émissions de GES.

Des chiffres à préciser

Il est faux d’avancer que la cimenterie produira 10 % des GES industriels du Québec. Le Québec produit environ 80 millions de tonnes de GES par an. L’usine en produira donc moins de 2 %, et environ 6 % de ses GES industriels.

Ciment McInnis participera au marché du carbone. Pour 2015, 459,8 millions de tonnes de droits d’émission de GES seront mis en circulation. La cimenterie émettra moins de 0,4 % de ce total. Elle sera de plus la seule au Canada et une des seules en Amérique du Nord à respecter les normes américaines de polluants dangereux qui entreront en vigueur en 2015 pour les nouvelles usines, beaucoup plus strictes que celles actuellement en vigueur au Québec et au Canada.

Coke de pétrole et biomasse

Par ailleurs, notre technologie offre le débouché le plus écologique qui soit pour le coke de pétrole, un résidu presque impossible à utiliser pour générer de l’énergie domestique. Sans la cimenterie, il irait contaminer les sites d’enfouissement ou l’atmosphère à la suite de procédés beaucoup moins performants. Les fours et le système de précalcination de la cimenterie à très haute température permettent d’utiliser le pouvoir calorifique supérieur du coke de pétrole, tout en réduisant les émissions de polluants atmosphériques grâce à une filtration hautement performante des gaz de combustion.

La cimenterie remplacera graduellement une partie du coke de pétrole, jusqu’à 50 %, par la biomasse abondante disponible en Gaspésie, permettant ainsi d’atteindre une réduction des GES d’un autre 20 %, pour un total de 40 % par rapport aux autres usines nord-américaines. Des résidus de coupe de bois importants produits par les scieries gaspésiennes sont actuellement enfouis, faute de débouché rentable.

Bref, nous avons des réserves très abondantes de calcaire de grande qualité, un accès maritime immédiat qui nous permettra d’expédier facilement et écologiquement nos produits (1 bateau = 1 500 camions), de même que la meilleure technologie disponible mondialement. C’est un projet visionnaire, ambitieux et moderne, mené par des gens d’ici, qui génère d’importantes retombées économiques pour les Gaspésiens et les Québécois, tout en étant à l’avant-garde mondiale en matière d’environnement. Nous en sommes fiers à tous égards.