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3 février 2014 12 h 35

Cimenterie : Montage financier à finir

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PORT-DANIEL-GASCONS – Le président de Beaudier, Laurent Beaudoin, croit que le montage financier préalable au démarrage du chantier de construction de la cimenterie de Port-Daniel sera complété à la fin de mars.

Beaudier est le conglomérat d’investissement contrôlé par M. Beaudoin et des membres de sa famille, dont les Bombardier, liés comme lui au géant du transport. Beaudier s’est intéressé au projet de Port-Daniel il y a trois ans, au point d’en acquérir le contrôle à la fin de 2011.

Le projet nécessitera un investissement de 1 milliard de dollars, dont 800 millions à Port-Daniel et autour de 200 millions dans des terminaux de réception de ciment le long de la côte est américaine, le marché visé par Ciment McInnis, promoteur du projet depuis 2012.

«Le montage financier est pratiquement complété, a indiqué M. Beaudoin, lors de son passage à Port-Daniel-Gascons vendredi. Comme tout montage financier de cette envergure, il faut un certain temps (…) On pense que tout devrait être fini pour le 31 mars».

M. Beaudoin a donné des détails sur la structure financière de l’initiative, structure qui sera composée d’un bloc de capital de 500 millions$ et d’emprunts de 525 millions$, en incluant la portion de 250 millions$ venant d’Investissement-Québec, le bras financier de l’État québécois.

Beaudier fournira 150 millions$ en capital, comparativement à 100 millions$ pour la Caisse de dépôt et de placement du Québec, et 100 millions$ supplémentaires d’Investissement-Québec.

Selon les détails fournis par M. Beaudoin et Michael Sabia, président de la Caisse de dépôt et de placement, les deux groupes qu’ils représentent forment une compagnie qui détiendra 51% du contrôle de Ciment McInnis. Investissement-Québec détiendra 24% de l’actionnariat tandis que «d’autres investisseurs privés», que M. Beaudoin n’a pas nommés, posséderont le solde de 25%.

 

Marois répond aux critiques

Aussi présente à Port-Daniel-Gascons vendredi, la première ministre du Québec Pauline Marois a répondu aux critiques, celles des autres cimentiers du Québec et du Syndicat des métallos, qui dénonçaient depuis trois jours la nouvelle selon laquelle des organismes publics appuieraient financièrement Ciment McInnis.

«C’est une entreprise qui s’adresse aux marchés extérieurs (…) Je veux rassurer les cimentiers québécois. Je crois au contraire que ça va permettre de développer une expertise différente» a dit Mme Marois.

Elle a quand même avoué que la cimenterie gaspésienne tenterait de vendre son produit dans le but de remplacer des importations québécoises. En ce sens, elle tient le même discours que tenait à l’automne, le président de Ciment McInnis, Christian Gagnon, quand il a précisé que la firme tenterait de fournir le client achetant son ciment de la Corée du Sud. Il s’agit de Béton Provincial, à raison d’un volume d’environ 225 000 tonnes par an, soit environ 10% de la production québécois en 2013.

Depuis des mois, les cimentiers québécois, Ciment Québec et Lafarge en tête, dénoncent ce qui était jusqu’à vendredi l’éventuelle participation d’institutions publiques. Ils avancent que c’est une concurrence déloyale dans un contexte où l’industrie fonctionne aux deux tiers de sa capacité et que les emplois à Port–Daniel ne constitueront qu’un déplacement de main d’œuvre.

Pauline Marois a essayé de les rassurer  en statuant qu’Investissement-Québec et des firmes indépendantes avaient réalisé des études de marché afin de prendre «la bonne décision».

La cimenterie est également la cible de plusieurs groupes environnementaux, qui s’inquiètent de la combustion de 240 000 tonnes de coke de pétrole et de l’émission dans l’atmosphère de 1 750 000 tonnes de gaz à effet de serre par année, une donnée concédée par Ciment McInnis.

Pauline Marois a brièvement parlé de l’environnement, spécifiant que les Américains ont des normes environnementales sévères. En sous-entendu, elle rejoignait une fois de plus le discours de Christian Gagnon, qui affirme que la cimenterie de Port-Daniel remplacera des cimenteries vétustes aux États-Unis, ce qui abaissera globalement, dit-il, les émissions de gaz à effet de serre.

Mme Marois a indiqué que le projet avait été évalué par le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE), sans processus de rencontres publiques, avant de se corriger en période de questions, appuyé par M. Gagnon, pour préciser que c’est le ministère de l’Environnement qui l’a étudié.

En réponse aux gens qui réclament un processus d’examen avec audiences publiques, M. Gagnon a indiqué que «la revue scientifique a été plus profonde que celle à laquelle il (le projet) aurait été soumis dans le cas du BAPE».

Les données fournies vendredi en matière d’emplois sont parfois différentes de celles auxquelles Ciment McInnis faisait référence depuis deux ans. À l’automne, Christian Gagnon parlait de 100 à 150 emplois lors de l’exploitation de la cimenterie, d’une capacité de 2,2 millions de tonnes par an, et de 600 emplois pendant la construction.

Vendredi, en se basant sur une étude de la firme Stratem, M. Gagnon a parlé «de 400 emplois directs et indirects» en phase d’exploitation, prévue pour le printemps 2016, et de «2 135 emplois par année» durant la construction, pour tout le Québec, en incluant les gens qui voient à l’hébergement et à la restauration des travailleurs.