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6 février 2025 14 h 48

Denis Gagnon : comment repousser les limites de l’âge dans le sport ?

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MARIA | Un boxeur professionnel qui fait un retour à l’approche de la soixantaine le temps d’un combat, une gymnaste de 92 ans qui impressionne l’assistance ou encore un marathonien de 100 ans qui bat un record pour sa catégorie d’âge! C’est assez incroyable ce qu’on peut trouver sur le Web concernant les prouesses sportives des gens âgés.

Il y a une génération à peine, il était plutôt rare de voir des femmes et des hommes du quatrième âge réussir de tels exploits. De nos jours, les performances dans le sport de personnes qui dépassent les 80 ans ne cessent de nous étonner!

Il est vrai qu’aujourd’hui, nous travaillons physiquement moins dur, nous nous soignons plus, nous sommes davantage conscients de la nécessité d’avoir une bonne hygiène de vie ; ce qui a pour conséquence d’accroître la durée de notre existence sur Terre. Il y a donc plus de chances d’avoir des personnes plus âgées, toujours plus en forme.

Nous avons plusieurs exemples autour de nous; je vous présente un de ceux-là que je côtoie chaque semaine …


Denis Gagnon, de Carleton-sur-Mer, aura 79 ans en cours d’année et il joue toujours au hockey, deux fois par semaine, avec son groupe de 50 ans et plus. Photo : Alain Boudreau

À chacune de ses parties de hockey, il s’assoit constamment au même endroit dans le vestiaire… Pour s’en assurer, il arrive presque toujours le premier à l’aréna. Mais, si par mégarde, quelqu’un prend sa place, il lui fait sentir… Un rituel : toujours à la même place, à la même heure, avec sa collation à la mi-partie… Il est sûrement très superstitieux, comme beaucoup de ces athlètes professionnels!

Denis Gagnon, de Carleton-sur-Mer, aura 79 ans en cours d’année et il joue toujours au hockey, deux fois par semaine, avec son groupe de 50 ans et plus. D’ailleurs, il n’est pas le seul : quelques-uns de ses coéquipiers sont aussi septuagénaires. Quand je m’assois à côté de lui dans le vestiaire, il me raconte des histoires sur son passé de sportif et c’est lui qui m’a inspiré cette chronique sur les limites de l’âge dans le sport.

Né à Brébeuf dans l’arrière-pays de Nouvelle, il est issu d’une famille de 12 enfants ; rien de vraiment exceptionnel pour l’époque! Il dit avoir commencé à jouer au hockey vers l’âge de 9 ans sur les étangs gelés du village. Oui, lui aussi a joué au tout début avec des bouts de bois et des branches comme bâtons de hockey, ainsi que toutes sortes de trucs pour faire une rondelle, incluant, vous vous en doutez, des crottes de cheval gelées!

Après avoir fait des études classiques dans la région de Bathurst, où il a joué au hockey mineur, il revient s’installer dans la région et fait partie de différentes équipes locales. Il me dit que ça jouait dur dans le temps; les rivalités étaient très fortes entre les municipalités, le jeu était robuste et les joueurs mal protégés avec des équipements rudimentaires. Jusque dans les années 1970, les parties se jouaient dehors. Chaque affrontement était un évènement; le tour des bandes de patinoire était bondé de spectateurs.

En plus de jouer au hockey, il a été arbitre et encore aujourd’hui, il officie des parties amicales deux fois par semaine et aime bien aller voir des parties de hockey mineur à l’occasion. En tout, il se rend à l’aréna de cinq à six fois par semaine, parfois plus! Dans son rôle d’arbitre, il en a vu de toutes les couleurs; il a déjà quitté un aréna sous escorte policière et il a été cité comme témoin en cour dans une poursuite… Disons que ça refroidit la passion!

Je trouve exceptionnel qu’une personne joue encore au hockey à son âge. C’est un sport qui a ses exigences et qui requiert une bonne forme physique et de bons réflexes, et c’est sans compter que le pratiquant a sur lui un lourd équipement et des lames sous ses pieds; rien pour faciliter la tâche! Les risques de blessures et de malaises causés par les chutes, les collisions avec d’autres joueurs ou un effort physique trop ambitieux sont donc omniprésents et rendent la pratique du hockey à un âge avancé encore plus méritoire.

Durant les parties, ses coéquipiers le taquinent beaucoup … Des blagues sur son âge, sur ses histoires (toujours les mêmes) et sa façon de jouer! Son coup de patin n’est certes pas le meilleur et ses passes les plus raides non plus… Mais, il se permet à l’occasion de faire des buts, et ne se gêne pas pour narguer les autres joueurs qui se défendent en disant avoir oublié qu’il était sur la patinoire! Malgré toutes ces taquineries, il dit qu’il n’y a rien comme l’atmosphère d’une chambre de hockey; c’est la meilleure thérapie qui soit selon lui!

Il le dit humblement, il était loin d’être le meilleur, mais il a le mérite d’avoir pratiqué un grand nombre de sports (une trentaine) au cours de sa vie, et il est fier d’être toujours très actif. Et quand je lui demande s’il souhaite jouer au hockey encore longtemps ? Autant que sa santé lui permettra, répond t-il. Je le lui souhaite, du moins c’est ce que je me dis, quand je le vois sortir de l’aréna et s’en retourner chez lui à pied, son sac sur son épaule, comme il y a 70 ans de cela…

Tout de même, jouer au hockey à presque 80 ans, il faut le faire! Pour moi, avant, un tel exploit était impensable, c’était quelque chose de surréel, de contre nature. Tout ça m’amène à réfléchir sur les limites de l’âge dans le sport. Juste pour le hockey, au fil des ans, on a vu apparaître dans les tournois des catégories pour les 50 ans et plus, ensuite pour les 60 ans et plus; verrons-nous un jour celle pour les 100 ans et plus ?

Je le vois partout dans mes lectures, l’âge ne doit pas être un obstacle à la pratique sportive et à l’activité physique. Tout est une question d’adaptation et d’équilibre.

Bien sûr, vous ne referez pas ce que vous faisiez dans la vingtaine, mais encore, les exemples de personnes qui se sont mises à l’entraînement tardivement et qui en font plus qu’avant ne sont plus rares.

Comme je vous le mentionnais dans une chronique précédente, trouvez les activités qui vous conviennent, respectez vos limites, ayez de bonnes habitudes de vie (bougez régulièrement, mangez sainement, ayez un bon sommeil et faites du social!) : vous en ressentirez tous les effets bénéfiques sur votre santé physique et mentale, peu importe l’âge. De plus, une personne plus en forme, habituée de relever des défis et de repousser ses limites, aura certainement plus d’outils pour faire face aux vicissitudes de la vie…

Faites comme Denis et bien d’autres, ne laissez pas le vieillissement vous empêcher d’être actif. Avec les années, vous aurez peut-être moins de capacités physiques, mais vous aurez plus de temps et de sagesse… Et, l’énergie, ça se crée!
Bon hiver !