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14 décembre 2015 15 h 11

DES REFUGES POUR LES LAISSÉS-POUR-COMPTE

GASPÉ, décembre 2015 – Ils font face à des problèmes de santé mentale, sont aux prises avec une dépendance, forcés à l’itinérance ou vivent simplement « une mauvaise passe ». Ces laissés-pour-compte, quatre maisons d’hébergement les accueillent en Gaspésie et les aident à se refaire une santé physique et mentale. Sans ces refuges, près de 400 personnes se seraient retrouvées à l’hôpital ou dans la rue au cours de la dernière année. GRAFFICI a visité l’une de ces maisons et traite, dans son journal de janvier actuellement présent dans 170 points de chute sur le territoire, de différents aspects de leurs oeuvres et de leurs défis quotidiens.

DANS LE JOURNAL VOUS POUVEZ LIRE…

LE TEMPS DE SE REFAIRE
Daniel Bond, 61 ans, a déposé ses bagages à l’Accueil Blanche-Goulet de Gaspé, dans l’espoir de se refaire une vie dans sa ville natale. Geneviève Gélinas l’a rencontré et vous raconte son histoire dans le journal GRAFFICI, actuellement disponible dans 170 point de chutes en Gaspésie.

BESOINS CROISSANTS, MOYENS MANQUANTS
Dans le journal, il est aussi question de financement, celui qui manque cruellement à ces refuges. Le Centre Émilie-Gamelin, à Chandler, devra fermer pour deux mois à partir de la fin janvier. « On est rendus au bout du rouleau. On n’a pas le budget qu’on devrait avoir. On n’a pas eu autant de dons que d’habitude. La pauvreté est dans le milieu », rapporte Brenda Keays, une administratrice du Centre.

LES MULTIPLES VISAGES DE L’ITINÉRANCE
Finalement, dans son dossier, Mme Gélinas traite de l’itinérance en Gaspésie qui prend d’autres visages et qui est plus cachée qu’en ville. C’est ce que disent les travailleurs des maisons pour personnes en détresse qui sont témoins de plusieurs formes d’itinérance.

ET EN COMPLÉMENT WEB…

LA MULTIPLICATION DES PAINS, FAÇON BLANCHE-GOULET

Le sous-sol de l’Accueil Blanche-Goulet est le domaine de Linda Langlais, responsable du comptoir alimentaire. Le jour du passage de GRAFFICI, elle vient de recevoir 49 caisses de denrées livrées par le camion d’A.P.S, la firme qui fait la tournée des épiceries pour les banques d’aliments.

Il s’agit de denrées que les épiciers ne souhaitent pas mettre sur leurs tablettes : « Des cannes de conserve avec du papier arraché, des bouteilles de ketchup salies parce qu’une dans la boîte a ouvert, des boîtes de céréales écrasées », énumère Mme Langlais.

Il faut acheter les produits manquants en maximisant les sommes disponibles. Mme Langlais court les spéciaux et congèle poulets, côtelettes de porc et bologne.

La margarine, elle l’achète en chaudières et la répartit dans des contenants récupérés. Le spaghetti, elle l’achète en vrac et l’ensache. Son objectif : donner le plus possible aux près de 600 personnes rejointes chaque année par ce service de dépannage.

Les besoins augmentent, rapporte Caroline Ross, directrice de l’Accueil Blanche-Goulet : « Avant, on voyait seulement des bénéficiaires de l’aide sociale. Maintenant, on voit des gens qui travaillent au salaire minimum, qui sont monoparentaux et n’ont pas de HLM. Ces personnes auront beau refaire leur budget 15 fois, elles n’y arrivent pas. »

DE LA PSYCHO À LA CUISINE, DES EMPLOYÉS POLYVLENTS

Dans la cuisine de l’Accueil Blanche-Goulet, Rose-Marie Cloutier surveille le jambon qui mijote pendant qu’Isa-Belle St-Sauveur cuisine des muffins chocolat-banane. Mais la popote n’est qu’une partie des tâches de ces deux employées, qui jouent un rôle d’intervention psychosociale auprès des résidents.

« Ma vocation, quand j’avais 15 ans, c’était de devenir infirmière et d’aller travailler dans les pays pauvres », dit Rose-Marie Cloutier, qui travaille à l’Accueil depuis 1998.

Mais ce fut impossible. À l’âge où l’on apprend une profession, elle a plutôt dû prendre soin de ses 14 frères et sœurs. Plus tard, à 43 ans, elle est retournée à l’école. « C’est un amour de travailler ici, malgré les cas difficiles. Certains paniquent avec ce monde-là, mais ça n’adoucit pas le problème », dit Mme Cloutier.

Isa-Belle St-Sauveur, 40 ans, Montérégienne d’origine, a déménagé en Gaspésie il y a trois ans. « Ici, il y a les mêmes problèmes de santé mentale, de toxicomanie qu’en ville. Et même, l’isolement est plus grand parce que les personnes en difficulté ne veulent pas que ça se sache », dit-elle.

En voie de compléter une maîtrise, Mme St-Sauveur a occupé d’autres emplois, notamment au Centre jeunesse, avant de se retrouver à l’Accueil, où elle trouve une philosophie qui lui convient. « Les gens ne se sentent pas jugés, ils sentent qu’ils peuvent être entendus, c’est l’esprit communautaire. »

Mme St-Sauveur a elle-même déjà résidé dans une maison du type de Blanche-Goulet. « J’ai reçu un peu de dignité humaine. J’avais juste 18 ans. Parce que j’ai reçu ça, je voulais le rendre. »

NOS MAISONS D’HÉBERGEMENT GASPÉSIENNES

Le Sentier de l’espoir de Sainte-Anne-des-Monts
Accueil Blanche-Goulet de Gaspé
Centre Émilie-Gamelin de Chandler
Centre Accalmie de Pointe-à-la-Croix

DES LIEUX TRÈS FRÉQUENTÉS

394     personnes différentes hébergées
        (dont certaines font plus d’un séjour)
7269     jours d’hébergement/an
11 à 19 durée moyenne d’un séjour en jours
2 M$     budget total des quatre maisons*

Source : Rapports d’activités 2014-2015 des maisons
*Note : Le budget de 2 M$ inclut l’hébergement et l’accompagnement, mais aussi d’autres services tels les centres de jour, les comptoirs alimentaires et le soutien aux proches.