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20 juin 2013 13 h 20

Forum sur les hydrocarbures : Un second volet mitigé

Le volet socio-économique du forum sur les hydrocarbures s’est terminé jeudi dernier aux Îles-de-la-Madeleine, après s’être tenu à Gaspé et à Bonaventure. Des questions restent encore sans réponses mais le débat continue.

Le second volet des forums sur les hydrocarbures a attiré la semaine dernière 140 personnes. Ces rencontres organisées par le Conseil régional des élus de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, ont pour objectifs d’informer et d’échanger autour des enjeux socio-économiques liés à l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures.

Le bilan de ces débats est mitigé. «La CRÉGÎM a fait un travail satisfaisant, mais ils n’ont ni l’expertise, ni les moyens pour avoir des réponses aux questions fondamentales, seul un BAPE peut être à la hauteur de la situation,» explique la porte-parole de l’association Tâche d’huile, Maude Prud’homme.

«Il y a du gaz qui fuit autour de la zone d’extraction [à Gaspé] et on ne sait toujours pas d’où ça vient, pourquoi ça fuit, le type de gaz et sa provenance,» alerte la porte-parole du comité Ensemble pour l’avenir durable du Grand Gaspé, Lise Chartrand. «Cela peut avoir un impact sur la valeur de nos maisons,» ajoute-t-elle.

Pour le président de la régie intermunicipale de l’énergie, Joël Arseneau, ce forum à quand même permis d’échanger les points de vue et susciter l’intérêt. « Nous n’avons pas l’ambition de répondre à l’ensemble des questions, mais toutes ont été reçues sans nécessairement mettre un point final à la discussion,» rappelle-t-il.

Des questions fondamentales

Chaque forum a donné des moments d’échanges différents. La porte parole de l’association Tâche d’huile rapporte qu’à Gaspé peu de gens étaient présents, contrairement à Bonaventure où les discussions ont beaucoup porté sur la qualité de l’eau potable. «Avant de parler de partage des richesses présumé, il faut préserver notre richesse actuelle qui est l’eau,» décrit Mme Prud’homme.

Pour le comité Ensemble pour l’avenir du Grand Gaspé, cette exploitation n’apporterait que des emplois temporaires.

Le besoin majeur qu’une loi sur les hydrocarbures soit adoptée au plus vite a été exprimé par les élus, la population et les industries qui déplorent l’absence du gouvernement du Québec dans ces discussions. «Il y a un manque de cohérence politique et de règles claires. Il y a un moratoire dans le Bas-Saint-Laurent mais on semble accélérer les choses à Anticosti, […] est-ce-que une orientation ne devrait pas faire partie d’une politique énergétique ?,» se questionne M. Arseneau.

Boycott

Le comité Ensemble pour l’avenir du Grand Gaspé a boycotté les deux volets des forums sur les hydrocarbures. «À force d’en parler les personnes se font à l’idée et finissent par être d’accord avec ce développement là,» explique la porte-parole, Lise Chartrand, citant comme exemple une étude française.

Pour ce comité, les conséquences négatives sociales et environnementales ne font pas partie des préoccupations des promoteurs. «Il manquait de contre-expertise dans ces forums au niveau scientifique et technique,» précise Mme Prud’homme.

Rappelons que le panel était composé de Jean-François Minardi de l’Institut économique de Montréal, Mario Lévesque de l’Association des Fournisseurs de services pétroliers et gaziers du Québec, Robert Laplante de l’Institut de recherche en économie contemporaine et Jean-François Spain du Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable.

Une prochaine rencontre ?

Une dernière rencontre pourrait avoir lieu sous la même forme, en septembre, sur un ou deux thèmes comme le modèle économique ou le cadre légal annonce M. Arseneau.

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