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29 août 2014 11 h 48

Gaspé : grogne contre un projet de logement social

GASPÉ – Un organisme communautaire de Gaspé veut construire un immeuble de 25 logements sociaux au centre-ville pour des personnes qui ont des problèmes de santé mentale ou y sont vulnérables. Le projet rencontre la résistance de résidents du quartier, mais ne serait pas une première en Gaspésie.

Le Centre de ressourcement, de réinsertion et d’intervention (CRRI) travaille à ce projet depuis près de dix ans, dans un contexte où Gaspé « manque de logements abordables et de bonne qualité », indique le président du CRRI, Pascal Soucy.

La clientèle « pourrait être, par exemple, une personne qui vit une période dépressive et qui s’y enlise, explique M. Soucy, une femme qui sort d’une maison d’hébergement [pour victimes de violence conjugale], ou encore un jeune qui sort du Centre Jeunesse, qui a toujours vécu en famille d’accueil et doit s’organiser avec des moyens restreints. »

« C’est pour des personnes autonomes et stables, insiste M. Soucy, ce n’est pas un centre de crise. » Le président estime que le projet est victime de « désinformation ». « On essaie de nous faire passer pour un centre de traitement pour toxicomanes, alcooliques ou même pour pédophiles », déplore-t-il.

Le projet d’environ 5 M$ serait construit sur la rue Wayman, derrière l’église anglicane Saint-Paul. Il aurait trois étages et comporterait des trois et des quatre et demie. Le centre d’activités de jour du CRRI, actuellement hébergé par le cégep, y déménagerait ses services.

La Société d’habitation du Québec est le principal bailleur de fonds. Le CRRI et l’Église anglicane, propriétaire du terrain, ont signé des engagements de vente.

Trop gros, selon les opposants

Selon Frédéric Jacques, porte-parole d’un conseil de quartier récemment formé, c’est « l’ampleur du projet qui dérange les gens », même s’il suscite « plus d’intérêt et d’émotion parce qu’on parle de santé mentale ».

M. Jacques nie que les opposants soient motivés par la peur des futurs locataires. « Mais si tu as choisi un quartier pour sa qualité de vie, précise-t-il, et que tu deviens en minorité parce qu’on réinsère trop de gens… on se demande qui va réinsérer qui? »
« Il faudrait que ce soit plus petit et qu’il n’y ait pas de centre de jour », déclare M. Jacques, ce qui « cadrerait mieux avec notre milieu résidentiel ».

Un précédent à Chandler

Un concept similaire existe à Chandler, où le Centre Émilie-Gamelin possède depuis 2001 un immeuble de 12 logements pour personnes ayant des problèmes de santé mentale. « Ça n’a pas été facile au début, rapporte Johanne Bécu, directrice du Centre. La rue d’en face, où j’habitais, s’était soulevée contre moi. […] Il a fallu faire beaucoup de représentation, démystifier le projet. »

Depuis, « il n’est jamais rien  arrivé et la communauté nous respecte beaucoup », indique Mme Bécu. « La population ne devrait pas avoir peur, ajoute-t-elle, mais devrait plutôt se sentir sécurisée. Ils sont déjà parmi nous, les malades, et personne ne s’en occupe! »
Une rencontre d’information publique sur le projet se tiendra le jeudi 4 septembre à 19 h 30 à l’Hôtel de ville.