Le 2 novembre, ne votez pas pour une plante verte … en loisirs!
MARIA | Le 2 novembre prochain se tiendront simultanément des élections municipales dans toutes les villes et municipalités du Québec. Ce sera l’occasion pour des millions de Québécois ayant le droit de vote de choisir les élus qui prendront en charge la destinée du palier de gouvernement que l’on dit le plus proche des citoyens.
Chaque élection nous rappelle l’importance de choisir les bons élus, qui s’affaireront dans une multitude de dossiers – dont les loisirs – au cours des quatre années qui suivront. Comme c’est mon champ d’intérêt, j’ai pensé vous guider dans votre réflexion pour choisir les élus qui défendront le mieux les loisirs de votre communauté.
Le loisir, c’est important
Chaque fois que l’occasion se présente, je me fais un devoir de rappeler l’importance du loisir dans nos vies. Que ce soit les loisirs que vous pratiquez seul ou en groupe, sur vos propres sites, avec vos propres équipements ou encore celui offert par le privé et enfin, et surtout, le loisir offert par votre municipalité ou votre ville. C’est sur ce dernier que j’attire votre attention au regard des prochaines élections municipales.
On l’oublie parfois, mais le loisir occupe une grande partie de nos vies et celui offert par votre municipalité joue un rôle important dans l’ensemble des loisirs que nous pratiquons.
Le loisir municipal offre des équipements récréatifs publics (arénas, piscines, centres plein air, terrains sportifs extérieurs, etc.), des parcs et des espaces verts, des sentiers pédestres et cyclables ainsi que des bibliothèques ou des centres communautaires et culturels, notamment. Toutes ces infrastructures sont, dans la plupart des cas, accessibles à faible coût ou sinon gratuitement. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de loisir public; celui-ci est majoritairement financé par l’impôt foncier et on veut que le plus grand nombre possible de personnes en profite. La gamme de services offerts ne s’arrête pas aux équipements. La municipalité ou la ville adopte aussi des politiques en loisir inclusives (pour les jeunes, les familles et les aînés par exemple), offre du soutien technique et professionnel aux organismes, et présente des programmes d’activités et d’animation, entre autres.
Par ailleurs, le loisir est reconnu comme un droit par l’Organisation des nations unies (ONU). En effet, l’article 24 de la Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que « toute personne a droit au repos et aux loisirs, notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques ». Pour sa part, l’UNESCO (l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture) souligne que « ce droit est essentiel pour le bien-être individuel et collectif ». Ce n’est pas rien.
Le loisir est aussi un levier important du développement global des communautés. Il fait souvent l’enjeu de campagnes électorales; un projet important en loisir peut faire basculer le vote du côté des sympathisants … ou des opposants.
Il est important de le rappeler, l’offre globale de loisir d’une municipalité ou d’une ville fait partie des principaux critères pour le choix d’un lieu de résidence, en particulier pour les jeunes familles. La qualité de l’offre en loisir permet aux municipalités de se distinguer et d’être plus attractives.
Enfin, le loisir suscite l’engagement citoyen, favorise le sentiment d’appartenance à une communauté et contribue aux bonnes relations intergénérationnelles et à l’intégration des nouveaux arrivants. On peut presque parler d’un service essentiel!
Le rôle de l’élu qui s’intéresse particulièrement aux loisirs
Alors, voilà pourquoi il est si important à mes yeux d’être à l’écoute des aspirants aux postes d’élus. En matière de loisirs, ont-ils un programme? Quel est leur compréhension de l’importance du loisir et quelle vision s’en dégage? Comme citoyen qui s’intéresse spécifiquement au loisir municipal, le prétendant au poste d’élu, pour avoir votre vote, devra vous convaincre que :
• Il a une bonne connaissance des dossiers et des enjeux des loisirs de votre communauté;
• Il est à l’écoute du milieu pour tout ce qui touche le loisir;
• Il est idéalement engagé dans le monde associatif, sans que ce soit une obligation;
• Il est lui-même (ou ses proches) un participant qui s’adonne à la pratique d’une ou plusieurs activités de loisir;
• Il est présent aux évènements festifs qui se passent dans son patelin.
Et vous, pourriez-vous devenir un élu municipal?
L’avenir de votre municipalité vous tient à coeur? Vous avez une certaine expérience du monde du loisir municipal? Vous souhaitez des changements ou des améliorations dans les loisirs de votre localité? Alors, vous êtes possiblement la personne toute désignée pour occuper un poste d’élu municipal qui veillera à l’avancement de ce service. Ce n’est pas compliqué. Il faut surtout de l’intérêt et de la détermination. Le reste, ça s’apprend!
Cette métaphore de « plante verte » pour désigner un élu qui ne sert pas à grand-chose m’a toujours fait rire. Malheureusement, dans bien des cas, elle s’avère juste. Pour plusieurs raisons, trop d’élus (pas tous), une fois en poste, ne sont pas à la hauteur de la tâche et déçoivent. Par contre, d’autres font du bon travail, même au-delà de nos attentes; il faudrait s’en inspirer…
Oui, je sais, parfois je rêve en couleur… Le candidat idéal que je vous ai décrit précédemment n’existe probablement pas. Qu’importe, j’aime rêver. J’ose croire aussi que ma chronique permettra peut-être l’éclosion d’une future « star » politique du loisir municipal!
Ah oui, j’oubliais, vous pouvez aussi écouter les candidats sur ce qu’ils ont à dire concernant les autres dossiers de services publics, de transport, de développement local, de logement, de sécurité, etc.! Alors, le 2 novembre prochain, allez voter et faites-le pour une personne qui sera plus qu’une plante araignée ou pire, un cactus, dans les salles de réunion de votre hôtel de ville!
Bon automne!

Le dynamisme d’une administration municipale peut avoir un impact important sur les activités de loisir familial,
comme celles ayant lieu dans un gymnase. Photo : Alain Boudreau


