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17 janvier 2014 7 h 13

Le nucléaire à Maria : loin de la coupe aux lèvres

Tout indique que l'implantation d'un service satellite de médecine nucléaire à Maria ne se réalisera pas à court terme, malgré la récolte d'un million de dollars de la Fondation Santé Baie-des-Chaleurs. 

Ce service spécialisé est actuellement offert à l’hôpital de Chandler, le CSSS du Rocher-Percé ayant le mandat de desservir l’ensemble de la Gaspésie. Mais depuis plusieurs années, le CSSS Baie-des-Chaleurs souhaite implanter un service satellite à l’hôpital de Maria. La Fondation santé Baie-des-Chaleurs a d’ailleurs fait de ce projet son principal objectif au cours des dernières années. Cette dernière a amassé un total d’un million de dollars pour soutenir l’établissement.

Mais les patients n’ont toujours pas accès au service. Lors de la dernière Assemblée générale de la Fondation, le directeur du CSSS Baie-des-Chaleurs, Jean-Philippe Legault, a indiqué que son organisation réévalue les besoins et la pertinence du projet, en raison des contraintes budgétaires. Il a précisé que la direction mène une consultation auprès de son personnel médical pour déterminer la suite des choses.

 

L’Agence ferme la porte

 

Alors qu’un montant annuel de 300 000 $ est nécessaire pour assurer le fonctionnement du service, M. Legault a déclaré que la balle est dans le camp de l’Agence régionale de la santé et des services sociaux de la Gaspésie-les-Îles et des instances gouvernementales. Autrement dit, aucun projet de développement ne sera entrepris au CSSS, sans un engagement financier de l’Agence. Et cette dernière est catégorique : aucun fonds ne sera débloqué pour la médecine nucléaire à Maria, d’autant plus que le service à Chandler s’est amélioré, soutient le médecin-conseil, Claude Mercier. « À l’époque, la liste d’attente à Rocher-Percé était relativement longue. Le ministère était confortable avec l’idée que l’établissement développe un service satellite, s’il s’entendait avec le CSSS Baie-des-Chaleurs. Mais beaucoup de travail a été effectué depuis, et les délais d’attente ont été réduits », souligne-t-il.

 

M. Mercier rappelle que l’Agence avait appuyé l’idée, à condition que le budget de fonctionnement soit assuré par le CSSS Baie-des-Chaleurs. Bref, l’Agence ne s’est jamais engagée financièrement. Ce dernier salue par ailleurs la réflexion entamée par la direction de l’hôpital de Maria. « La décision leur appartient. Mais si l’établissement voit que les besoins ont évolué et décide que l’argent amassé serve à d’autres équipements plus utiles pour la communauté locale, l’Agence sera très à l’aise avec ça », dit-il.

 

La Fondation maintient le cap

 

Mais les administrateurs de la Fondation gardent le cap sur leur objectif. Alors qu’elle a convaincu les donateurs pour un montant s’élevant à un million de dollars pour concrétiser le projet, ces derniers s’attendent à ce que le CSSS puisse convaincre l’Agence et le gouvernement d’implanter le service satellite. Son vice-président, Gilles Tremblay, mentionne qu’il s’agit d’une question de crédibilité pour la Fondation. « Il faut pouvoir donner des comptes. Et si on veut rester crédible, il faut livrer la marchandise », lance-t-il.

Mais si le service devait ne pas se concrétiser, les donateurs auront un droit de regard sur l’utilisation des fonds, ajoute M. Mercier. « Il faut dire que l’argent est dans les coffres, il est disponible. Mais encore faudrait-il avoir l’aval des donateurs, si le projet se modifiait ou devenait impossible », prévient-il.

 

Nathalie Normandeau persiste et signe

 

Nouvellement élue administratrice de la Fondation, Nathalie Normandeau promet de se battre pour rendre disponible la médecine nucléaire à Maria. « Les gens veulent la médecine nucléaire, alors ce sera mon cheval de bataille. La Fondation est allée convaincre les donateurs de dédier leur don pour ce projet, alors il y a une question de crédibilité dans les circonstances », pense-t-elle.