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Éditorial
14 octobre 2015 17 h 07

LE TRIO DE L’ENFER

Thierry Haroun

Libre arbitre

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Le Libre arbitre vous l’a déjà dit, le gouvernement québécois est une sorte de gouvernement Harper à la sauce québécoise. En d’autres mots, ce gouvernement libéral agit en ultraconservateur, mais drapé du rouge libéral. Quand une controverse, un problème ou un scandale éclate, l’approche conservatrice n’est pas de faire amende honorable en qualité de ministre, mais plutôt de jeter le blâme sur ses subalternes ou encore de pointer un doigt accusateur vers ses plus fervents critiques.

Voici quelques cas recensés par le Libre arbitre, au cours des derniers mois, qui confortent notre thèse sur « Le trio de l’enfer ».

1.        Dans le débat entourant l’abolition des conférences régionales des élus (CRÉ) et des centres locaux de développement (CLD), le ministre Moreau déclarait à LaPresseAffaires, le 3 juin dernier : « Le maire de Gaspé est parti en croisade pour les CLD. Il pense que c’était la meilleure invention depuis le pain tranché […] Quand il y avait une CRÉ et un CLD à Gaspé, le taux de chômage n’était pas en baisse et il n’y avait pas une explosion économique. Eux, ils sont attachés à la structure […]. Nous, on est attachés à l’objectif, qui est de faire du développement économique. » C’est un grand mensonge que tout cela, nous le savons très bien.

2.        À la fin juin, à Chandler, j’ai eu l’occasion de confronter le ministre D’Amour à propos de la trentaine de personnes qui ont perdu leur emploi à la suite de l’abolition de la CRÉ, de la vingtaine d’autres suivant l’abolition de l’Agence régionale de la santé, de ceux qui ont aussi perdu leurs emplois dans le secteur forestier ou encore au ministère du Travail, à Gaspé et à Sainte-Anne-des-Monts. Le ministre a ainsi répliqué : « Depuis un certain nombre de mois, on a relancé les travaux concernant le maintien de la voie ferrée [gaspésienne]. On a relancé Merinov. On annonce aujourd’hui un projet de 4,5 M$ qui va consolider et créer 150 emplois au total. » Voilà sa fuite en avant plutôt que de répondre en vrai gouvernant et de dire plutôt quelque chose comme (citation imaginaire) « Je comprends que ce sont des moments difficiles que ces personnes traversent. Comme gouvernement, nous allons tout faire pour qu’ils se trouvent rapidement du travail… » En clair, la réponse du ministre peut se résumer ainsi : « Je vous emmerde! »

3.        Pendant l’été, la station de radio CHNC a sollicité le ministre Poëti pour connaître son point de vue sur les enjeux du rail, nommément en ce qui a trait à la section entre Percé et Gaspé qui sert au train touristique L’Amiral. Par courriel, le cabinet du ministre s’était dit « très déçu des décisions prises par la précédente administration de la Société du chemin de fer de la Gaspésie [SCFG] qui ont causé une détérioration significative du chemin de fer et qui force le report de l’ouverture du train touristique à 2016 ». Ça, c’est pour le premier jab. Toujours sur cette même question, le second coup poing sur la gueule assené par le ministre à la SCFG nous est parvenu via une entrevue qu’il a récemment accordée à Radio Gaspésie. Vous êtes bien assis? « C’est un déficit de 200 000 $ [que le train touristique a fait l’an dernier] pour le peu de sorties qu’il a fait. Si c’est ça le fer de lance de Gaspé ou de la Gaspésie, je pense qu’on ne voit pas les affaires de la même façon. De toute évidence, si les chiffres, ils [la SCFG] connaissaient ça, et que cela avait bien été, on ne se serait pas retrouvés en faillite », a dit le ministre. Visiblement, il faut avoir les nerfs solides pour siéger au conseil d’administration de la SCFG par les temps qui courent.

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