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24 novembre 2014 16 h 53

Les gens d’affaires de Gaspé inquiets, mais en faveur de la restructuration annoncée

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GASPÉ – Quelque 150 gens d’affaires se sont réunis samedi à Gaspé afin de discuter de l’avenir économique de la Ville. Une forte majorité appuie Québec dans la restructuration du développement économique régional, même s’ils sont conscients des impacts négatifs à court terme. Des manifestants ont profité de la visite du ministre responsable de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Jean D’Amour, pour se faire entendre.

« On est préoccupé par ce qui se passe et des impacts des compressions. Un emploi sur quatre à Gaspé est en lien avec la fonction publique. Tout le monde est conscient qu’il y a un effort budgétaire à fournir au Québec. Il y a un large consensus parmi nos membres. Ce que l’on souhaite par contre, c’est qu’on ne sacrifie pas ce qui peut permettre la relance et s’assurer que les choix que l’on fait seront les bons », explique le président de la Chambre de commerce et de tourisme de Gaspé et organisateur du colloque, Frédéric Côté.

Les gens d’affaires sont conscients que les choix sont difficiles à faire. Choisir entre le statu quo, les pertes d’emplois et poser les gestes pour assurer le futur économique n’est pas une mince affaire.
 
 « Il y avait nécessité d’équilibrer le budget. Ils ont pris certaines décisions que l’on trouve drastiques. La région sera affectée par les pertes d’emplois. C’est inquiétant. Mais après avoir eu le choc, je crois que, comme région, on devra négocier et maintenir tout ce qu’on pourra et se retrousser les manches pour aller chercher d’autres opportunités », analyse Brent Simpson, qui possède des concessions d’automobiles à Gaspé.
 
« Peu importe le parti, on est dû pour un changement. On ne peut plus continuer comme ça. C’est sûr que ça va faire mal, particulièrement dans les régions. Ce n’est pas la première fois que cela se produit, mais on est toujours revenu plus fort et c’est ce qu’on va faire », ajoute avec philosophie David McCallum.

Élément qui peut paraître surprenant dans tout le débat : le directeur du Festival musique du bout du monde n’est pas en désaccord avec la position actuelle du gouvernement : « C’est certain que ça nous questionne, mais je me dis qu’au lieu de bâtir des murs de brique pour empêcher le changement, je suis plus une personne qui va vouloir mettre un moulin à vent afin de trouver les nouvelles opportunités. Il faut être à l’écoute des besoins de changement. Le gouvernement a eu le mandat et il faudra voir comment on se positionne », explique Stéphane Brochu.

Des manifestants

La visite d’un ministre du gouvernement au pouvoir est l’occasion privilégiée pour les gens de démontrer leur mécontentement face aux politiques actuelles. Tout comme à Carleton-sur-Mer vendredi, plus d’une cinquantaine de personnes ont tenté de perturber une allocution du ministre responsable de la région, Jean D’Amour, samedi midi.
 « On manifeste contre les politiques d’austérité qui vont avoir un impact dramatique pour la région. On a déjà le couteau à la gorge. Je me demande pourquoi le gouvernement prend ces décisions-là. L’austérité est un prétexte pour repositionner l’État. Nous, ce qu’on valorise, ce sont des services publics de qualité. On n’en veut pas de cette austérité-là », exprime Magalie Larochelle, enseignante au Cégep de la Gaspésie et des Îles.
« Il faut démontrer que ça touche tout le monde. Il faut qu’on démontre que ce n’est pas des groupes particuliers. Ça a un impact incroyable. Ça me brise le cœur de voir des familles perdre des revenus et mettre en péril leur vie ici et les voir déménager vers les grands centres. Il faut se mobiliser. On n’a pas le choix », ajoute Steve Boulay.

Le ministre persiste et signe

Jean D’Amour a pris le temps d’écouter leurs revendications : « On vit en démocratie, les gens ont le droit de s’exprimer pourvu que ça ne soit pas dans la violence. Ils ont fait entendre leur message. J’ai gagné plus à échanger avec les gens sur une base individuelle », commente le ministre.

Il a rappelé la nécessité d’agir : « On est un gouvernement qui veut dès le printemps prochain ramener l’équilibre budgétaire et se redonner une liberté. »

Les impacts des compressions dans la Conférence régionale des élus ou des CLD sont évalués entre 15 et 20 millions $, selon les sources consultées par GRAFFICI.CA.

« Il faut éviter de faire de la surenchère des millions qui pourraient être perdus. Il faut faire dans la pédagogie dans le sens qu’on ne coupe pas d’argent dans le développement. On coupe dans les structures. Oui, il y a un effet direct, j’en conviens. Pour ce qui est des Fonds locaux d’investissements (FLI), pour ce qui est du programme FAIR (fonds d’aide aux initiatives régionales) pour ce qui est de nos programmes réguliers, on ne coupe pas d’argent », explique Jean D’Amour.

Il soutient que dans le brassage d’idées, ce seront les MRC qui auront à définir le modèle de gestion du développement. « On est dans une zone où on doit s’ajuster au niveau de l’argent. Ça va être bon pour la Gaspésie pour tout le Québec », croit M. D’Amour.
Depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, Jean D’Amour indique que le programme FAIR a permis la réalisation de 61 projets. « On fait ça pour la Gaspésie », dit-il.

Selon lui, durant sa tournée gaspésienne au cours de la dernière fin de semaine, 40 projets ont été approuvés, pour des investissements totaux de 12 M$. Plus de 95 emplois ont été créés et 700 autres consolidés.

 « Il y a un bel avenir pour la Gaspésie. On traverse une zone de turbulences, mais après, je suis convaincu que ça va bien aller ».
 

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