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9 février 2015 12 h 28

L’ex-patron de la SCFG refuse de blâmer l’ancienne direction

Thierry Haroun

Collaboration spéciale

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PERCÉ, décembre 2014 – Contrairement à l'actuel grand patron de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, Éric Dubé, son prédécesseur, Jacques Côté, à qui la SCFG doit près de 100 000 $, refuse de faire porter l'odieux des difficultés financières de la Société à l'ancienne direction générale

CHNC a joint M. Côté, l’ex-président-directeur général de la SCFG, dans la grande région de Montréal afin de faire le point sur la situation de la SCFG et de faire attester un document-clé qu’il a produit, dont la station de New Carlisle a obtenu copie, et qui a été remis à tous les membres du conseil d’administration de la SCFG le 24 octobre dernier à New Richmond, soit près d’un mois avant que l’organisme se mette sous la Loi de la faillite et de l’insolvabilité.

Ce document de plusieurs pages intitulé « ‘Projet de redressement de la SCFG »’ indique que la SCFG se trouve présentement dans une situation critique qui menace sa survie. « ‘Les infrastructures de la Société, notamment les ponts, ont été négligées par les propriétaires antérieurs (CN et CFMG) au point qu’elles nécessitent une réhabilitation majeure en vue de pouvoir reprendre une opération normale pour le trafic passager (Via Rail), et pour le trafic marchandise à l’est de Nouvelle. Une demande de financement de l’ordre de 35 M$ pour les 4 prochaines années a été déposée au MTQ, mais la réponse du ministre se fait malheureusement attendre. »’

Encore plus inquiétant pour la survie de la SCFG, lit-on « ‘est la réponse du ministre qui se fait également attendre pour une aide d’urgence de 1,4 M$ en vue de permettre à la Société de renflouer ses liquidités suite au déficit d’opération (582 000 $) de la dernière année et des créances accumulées auprès de ses fournisseurs. Sans cette aide d’urgence, la SCFG devra mettre fin à ses opérations, même si, à court terme, elle a réussi à colmater la brèche en réduisant drastiquement ses opérations et son personnel pour ne desservir essentiellement que l’usine de Temrex, à Nouvelle. Cette situation est évidemment intenable, même à court terme »’.

Solution saline et bris de confiance

Concernant l’incident de l’épandage de la solution saline, Jacques Côté écrit que « ‘malheureusement, le lien de confiance qui existait avec les partenaires, et particulièrement le MTQ, a été sévèrement endommagé par certaines décisions de la SCFG au cours de cette même période. La décision d’utiliser une solution saline pour traiter les mauvaises herbes dans l’emprise et le défaut de respecter les exigences du MTQ dans l’octroi de certains contrats ont eu pour effet d’anéantir ce lien de confiance. »’

Rôle du directeur général

En qui a trait au rôle du directeur général, M. Côté lui a recommandé de mettre en place, avec son équipe, un processus structuré de gestion, de rencontrer les principaux clients (Temrex, Fabrication Delta, Rail GD, Ciment McInnis) et de rétablir le contact avec Via Rail pour clarifier sa position sur l’avenir du trafic passager en Gaspésie advenant l’octroi de la subvention pour la réhabilitation des infrastructures, entre autres. « ‘Nous faisons essentiellement face à un problème de liquidité à court terme causé par la fermeture quasi complète du chemin de fer suite au malheureux incident de la solution saline au printemps 2013 », fait valoir, M. Côté.

En entrevue exclusive accordée à CHNC

En entrevue, Jacques Côté, confie avoir été « le plus ouvert possible dans ce document ». Concernant la dette de 3,6 M$ de la SCFG, il indique que la dette nette est de 1,4 M$, car il faut prendre en considération les subventions qui étaient dues de la part du MTQ, du ministère du Tourisme et du ministère de l’Économie. Des sommes qui totalisent entre 1,5 M$ et 2 M$, selon lui.

M. Côté refuse de faire porter le blâme sur l’ancienne direction générale en précisant au passage que les frais du « syndic de faillite, ce n’est pas gratuit. Le syndic veut avoir une garantie de se faire payer et il y a eu une hypothèque quelconque qui a été prise sur les actifs pour garantir les frais encourus du syndic qui vont probablement coûter 200 000 $. » Des frais, dit-il, qui n’ont rien à voir avec l’ancienne direction générale. On rappellera que l’actuel président de la SCFG, Éric Dubé, a récemment pointé du doigt, sur les ondes de CHNC, l’ancienne direction générale concernant la situation financière actuelle de la SCFG.

Notons en outre que Jacques Côté, qui n’a pas été payé depuis 2012, fait partie des quelque 115 créanciers de la SCFG qui lui doit 98 202 $. Sur ce point, il demeure confiant que l’ensemble des créanciers seront payés, dont lui-même, en rappelant que dans le pire des cas, la SCFG a des actifs d’environ 20 M$. « ‘Je réitère mon optimisme quant à la suite des choses »’, dit-il, en faisant référence à la proposition d’achat déposée par des gens d’affaires de la Baie-des-Chaleurs pour acheter une partie du rail. La Cour supérieure a donné jusqu’au 25 février pour que la SCFG relance les opérations du chemin de fer.

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