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14 mai 2012 16 h 49

Marinard Biotech : les résidus de crevettes dorénavant jetés au dépotoir de Gaspé

Marinard Biotech, de Rivière-au-Renard, ne produira plus de chitosane. Les résidus de crevettes de Pêcheries Marinard prennent dorénavant le chemin du dépotoir de Gaspé.

Depuis 1999, Marinard Biotech récupérait les carapaces de crevette de son entreprise mère, Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard. Une fois extraits les minéraux, les protéines et l’eau des résidus, il restait des petits copeaux blancs : le chitosane, que l’entreprise vendait en moyenne 30 $ le kilo.

Son principal client, Sani Marc, l’utilisait pour purifier l’eau des piscines.
Marinard Biotech a écoulé ses derniers stocks de chitosane l’hiver dernier, et n’a rien produit depuis 2010.

Citée en exemple

L’entreprise de Rivière-au-Renard était la seule productrice de chitosane en Amérique du Nord. Elle a longtemps été citée en exemple pour la valorisation des résidus marins.

Marinard Biotech a déjà produit 32 tonnes de chitosane par an, transformant ainsi tous les résidus de Pêcheries Marinard. Elle n’en a produit qu’une dizaine de tonnes en 2010 (30 % des résidus).

Équipement désuet et manque d’eau

«Le marché était là» pour le chitosane, affirme pourtant Benoit Reeves, directeur général de Pêcheries Marinard. Mais il manquait d’eau potable pour alimenter à la fois l’usine de décorticage de crevette récemment modernisée et la chaîne de production de chitosane. Cette dernière a été sacrifiée, d’autant plus que l’équipement était désuet, explique M. Reeves.

Marinard Biotech continue d’exister : ses cinq employés font des analyses de laboratoire pour les usines de transformation gaspésiennes. Ils ont déjà été 40.
Soutien public

Développement économique Canada avait prêté 1,8 million de dollars à Marinard Biotech entre 1997 et 2003. En 2002, le gouvernement du Québec,  la Fondaction CSN et Innovatech Régions-ressources y avaient investi 3 millions de dollars.

Pêcheries Marinard paie maintenant 200 000 $ par an pour enfouir près de 2000 tonnes de résidus de crevette au dépotoir de Gaspé. L’usine voisine, Crevette du Nord Atlantique de L’Anse-au-Griffon, fait de même avec une quantité équivalente.