• vendredi 06 août 2021 00 h 12

  • Météo

    17°C

  • Marées

Actualités

Culture
8 juillet 2021 9 h 22

Mélanie Langlois, libraire à sa manière

Élise Fiola

Journaliste

Partager

NEW RICHMOND | Le 13 mai dernier, Mélanie Langlois, propriétaire de la Librairie Liber de New Richmond depuis novembre 2016, s’est vue remettre l’un des deux prix d’excellence de l’Association des libraires du Québec (ALQ) pour souligner, entre autres, son inventivité inépuisable, son talent de gestionnaire et son esprit d’équipe.

Arrivée à la librairie Liber en 2012, la recrue s’est tout de suite démarquée par son imagination bouillonnante et son engagement. Celle qui venait de faire un changement de carrière était animée par sa passion pour la littérature et son intérêt pour l’entrepreneuriat. « Ce que j’aimais de cette librairie-là, c’est le côté bien ancré dans sa communauté. […] C’était une librairie comme je les aime… Je me sentais à ma place. Ce qui m’a fait le plus triper avec [les anciens propriétaires] c’est que, quand je suis arrivée ici, moi, je voyais tout ce qui pouvait être fait. J’amenais plein d’idées et ils embarquaient », se souvient la néo-Gaspésienne.

C’est en remarquant son grand investissement personnel et son enthousiasme pour son travail que Rock Harvey et Josée Essiambre lui ont proposé de prendre la relève. Au bout d’un court trois mois de formation intensive, Mélanie Langlois a pris les rênes de l’entreprise et réalisait ainsi un rêve de jeunesse qu’elle croyait irréaliste : posséder sa propre librairie.

Plus qu’un trophée

Cinq ans plus tard, fière de sa nomination, la lauréate perçoit ce prix comme l ’encouragement qu’il est rare de recevoir lorsque l ’on est son propre patron. « Oui, c’est l’ALQ qui me remet le prix. Je sais qu’ils ont vu ce que j’ai fait parce que j’ai eu des commentaires durant toute l’année, mais ce n’est pas d’eux que ça vient, c’est de ma gang à moi », reconnaît celle qui est aussi titulaire d’un baccalauréat en littérature française et québécoise.

Plus précisément, c’est François-Alexandre Bourbeau, son collègue depuis 2013, qui a pris l’initiative d’envoyer sa candidature pour le prix d’excellence remis par l’ALQ. « S’il y a quelqu’un qui se dévoue corps et âme à ce qu’elle fait, qui croit, qui s’investit avec passion, avec amour, c’est bien Mélanie », affirme-t-il.

En la côtoyant, particulièrement en temps de pandémie, le libraire a remarqué « sa force de caractère inouïe, sa persévérance remarquable et sa direction exemplaire ». C’est ce qu’il a voulu saluer à travers la reconnaissance de tout le milieu du livre. « Elle a tout pour diriger une entreprise, oui, mais également pour nous faire sentir bien au sein de l’entreprise », ajoute François-Alexandre.

Pour cette passionnée des mots, c’est cet « équilibre » entre son métier de libraire et son rôle de gestionnaire auprès de ses employés qui est reconnu à travers le prix. C’est d’ailleurs, admet-elle, un « grand défi » de créer un environnement de travail stimulant dans lequel les membres de son équipe prennent plaisir à travailler. « Ça, c’est sûrement ma plus grande satisfaction, parce que c’est ce qu’il y a de plus difficile comme équilibre à créer. […] J’étais contente qu’on le souligne. »


Les trophées remis par l’ALQ ont, cette année encore, été sculptés dans le bois par l’ébéniste et artisan Louis-Georges l’Écuyer. Celui de Mélanie Langlois est exposé à l’entrée de la librairie Liber. Photo : Élise Fiola


Mélanie Langlois (au centre) est photographiée en compagnie de sa précieuse équipe, sans qui elle ne pourrait pas concrétiser toutes ses idées. « Ça prend une équipe qui est là et qui embarque dans ces folies là », spécifie la propriétaire de Liber. Photo : Élise Fiola

Un plaisir contagieux

Il suffit de lire les commentaires sur la page Facebook de l’entreprise pour avoir un léger aperçu de tout le soutien que l’équipe de la librairie de New Richmond reçoit de la part de la communauté. Très actifs sur les réseaux sociaux, les libraires de Liber partagent des moments cocasses entre collègues et créent des journées thématiques inspirées de leurs folies.

La propriétaire cherche à dynamiser le milieu du livre et à déconstruire l’image plus conventionnelle et stéréotypée du libraire. « Il y a l’idée de démocratiser le livre pour démontrer que c’est accessible à tous, d’où l’importance de créer, des fois, des événements qui ne sont pas directement liés aux livres et d’en créer à l’extérieur aussi. »

Par exemple, le « jeudi apéro » est né d’une habitude qu’avaient Mélanie et François-Alexandre de prendre un verre pendant leur dernière heure de travail lors du confinement. « [Ce type de partage], c’est l’occasion de mettre de l’avant non seulement nos lectures à nous, mais aussi de faire la promotion de produits du terroir », estime François-Alexandre.

Dans sa vision de gestionnaire, l’entrepreneure croit que « pour réussir, […] il faut travailler ensemble, que ce soit d’abord et avant tout avec notre équipe et, après ça, avec les gens d’affaires de la communauté ».

Encore des surprises!

Ayant longuement cherché à garder le contact avec la communauté, surtout pendant la pandémie, la libraire soutient que le lien et la rencontre avec les lecteurs sont au coeur de son travail. En ce sens, l’entreprise compte offrir un nouveau site Web personnalisé visant à recréer « l’expérience en librairie ».

De plus, face à un fort achalandage en magasin et une charge de travail grandissante, l’équipe songe à diverses possibilités pour optimiser l’espace et rendre la boutique toujours plus accueillante. Des projets de taille s’annoncent pour la librairie Liber. Il faudra rester à l’affût pour voir comment Mélanie et ses collègues travailleront « à créer la librairie de [leurs] rêves ».

 

Les suggestions de Mélanie Langlois

La libraire nous présente quelques-uns de ses coups de coeur littéraires : « Ce sont tous des titres qui m’ont beaucoup touchée, voire même bouleversée au cours de la dernière année. »

Là où chantent les écrevisses, Delia Owens (Seuil)
Betty, Tiffany McDaniel (Gallmeister)
Là où je me terre, Caroline Dawson (les Éditions du remue-ménage)
Le petit astronaute, Jean-Paul Eid (La Pastèque)
La garçonnière, Mylène Bouchard (La Peuplade)
Pour mémoire : petits miracles et cailloux blancs,
Dominique Fortier et Rafaële Germain (Alto)