• jeudi 12 décembre 2019 16 h 10

  • Météo

    -13°C

  • Marées

Actualités

1 octobre 2014 11 h 56

Méthane à Haldimand : des citoyens veulent empêcher le forage

GASPÉ – Le comité Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé demande au ministre de l’Environnement d’empêcher le forage d’Haldimand n° 4, prévu par Pétrolia à la fin octobre, à la lumière d’analyses sur le méthane dans l’eau souterraine près du forage voisin.

La présence de méthane dans un puits d’observation de l’eau souterraine près d’Haldimand n° 1 est connue depuis septembre 2012. Ce qui est nouveau, c’est l’interprétation faite par l’ingénieure-géologue Chantal Savaria des analyses menées par l’INRS dans son étude hydrogéologique présentée en mai.

Dans une note technique préparée pour le comité Ensemble, Mme Savaria écrit que le méthane trouvé dans des puits d’observation à Haldimand est « majoritairement thermogénique ». En d’autres termes, il viendrait d’hydrocarbures en profondeur et non de la décomposition de matières organiques près de la surface, comme le méthane dit « biogénique ».
Le méthane thermogénique « indique la présence de fractures [naturelles] pouvant causer la contamination de l’eau souterraine par le gaz provenant du pétrole en profondeur », indique Mme Savaria.

Des produits associés « dangereux »

« De mettre d’autres forages va accentuer le problème. Les concentrations [de méthane] pourraient devenir problématiques, déclare Mme Savaria en entrevue à GRAFFICI.CA. Le méthane n’est pas dangereux comme tel, mais les produits qui y sont associés, comme l’éthane et le propane, sont plus dangereux. Le méthane est un indicateur », poursuit-elle.

Il suffirait d’analyser le gaz contenu dans Haldimand n° 1 pour savoir s’il a bel et bien suinté dans le puits d’observation à proximité, ce que l’INRS n’a pas fait, souligne l’ingénieure-géologue.

La note de Mme Savaria contredit certains pans de l’analyse de l’hydrogéologue de l’INRS, René Lefebvre. Selon M. Lefebvre, la fracturation naturelle « ne serait pas une voie continue entre le réservoir pétrolier [en profondeur] et la surface ».

La note de Chantal Savaria « confirme nos doutes par rapport à l’étude de l’INRS, commente Lise Chartrand, du comité Ensemble. Nous allons écrire une lettre en bonne et due forme au ministre [de l’Environnement, David Heurtel] pour qu’il révise son autorisation. »

Le maire s’en remet à Québec

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, a réagi par voie de communiqué pour dire qu’il « enverra au ministère différentes informations qui ont été portées à son attention ». Québec détient la compétence légale et l’expertise nécessaire pour traiter la question, estime le maire.

« Contrairement à ce qui avait été écrit dans le communiqué diffusé par le comité Ensemble […], la Ville ne demande pas la révision du certificat d’autorisation [de Pétrolia] », ajoute le maire Côté.

Étiquettes :