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Culture
Diane Bérubé lors de sa prestation au CHSLD Mgr Ross, le 25 octobre dernier. Photo : Nelson Sergerie.
20 novembre 2019 15 h 10

Pour l’amour de la musique : 50 ans de musique pour Diane Bérubé

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Gaspé | La musique occupe une place prépondérante dans le coeur et la tête d’un nombre impressionnant de Gaspésiens. Ce constat explique en grande partie pourquoi une région aussi petite démographiquement renferme autant de chanteurs et de musiciens professionnels. Selon la même logique, bien des Gaspésiennes et des Gaspésiens se produisent dans un environnement plus informel, qu’il s’agisse de spectacles amateurs, dans des bars, des festivals, des soirées-bénéfices, des fêtes familiales, des mariages ou devant des personnes âgées, notamment. C’est un ajout pécuniaire pour arrondir les fins de mois dans bien des cas mais parfois, c’est du pur bénévolat. Ces performeurs y mettent généralement la même énergie, divers degrés de talent mais invariablement tout leur coeur. GRAFFICI présente ici quelques-uns d’entre elles et d’entre eux.

Diane Bérubé divertit son public depuis pratiquement 50 ans. C’est en mai 1970 que l’artiste de Rivière-au-Renard a donné ses premières prestations devant public.

Il fallait voir les gens heureux en écoutant madame Bérubé offrir son spectacle à des résidents du centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD) Mgr-Ross de Gaspé, le 25 octobre dernier. À travers les demandes spéciales et le répertoire varié de l’artiste, sourires, rires et visages rayonnants étaient faciles à remarquer chez la quarantaine de bénéficiaires venus entendre le tour de chant.

L’artiste a débuté sa « carrière » à l’hôtel Le Ranch à Rivière-au-Renard : « ils faisaient une activité dans le cadre de la fête des mamans et j’y étais avec maman, car j’avais le droit d’entrer ce dimanche après-midi-là. Mon parrain avait demandé au propriétaire de l’hôtel – qui était aussi musicien dans l’orchestre – si je pouvais chanter une chanson. Par la suite, l’orchestre avait déjà une fille et elle a eu un problème à la gorge un week-end et ils m’ont appelée pour savoir si je voulais la remplacer une fin de semaine. »

Sa première interprétation fut Can’t let you walk out of my life, popularisée par Ginette Reno, une chanson qui l’avait accrochée après l’avoir entendue à Jeunesse d’aujourd’hui, une émission musicale de l’époque animée par Pierre Lalonde à Télé-Métropole, l’ancêtre du réseau TVA.

Son talent avait été reconnu puisqu’elle est demeurée au sein de la troupe comme chanteuse avec l’autre jeune femme durant quatre ans. Mme Bérubé était âgée d’à peine 14 ans à ses débuts.

Cette fonctionnaire de carrière a mis la musique de côté le temps de faire ses études et n’a effectué des spectacles que de façon sporadique lors de soirées bénéfices ou de spectacles privés lors de son travail.

La retraite avec le chant

Depuis 2003, Diane Bérubé a « relancé » sa carrière à la suite d’une demande spéciale originant de Grande-Vallée.

« Ça faisait 20 ans qu’on avait arrêté. C’est une dame qui m’avait demandé de faire un retour, le temps d’une soirée. C’est comme ça qu’on a refait surface avec l’orchestre Racine. On avait rempli le centre Esdras-Dufresne. Avec Racine, on a fait deux ans. »

Et l’aventure repartait : « j’étais presque à ma retraite, j’ai reparti le bal : ce n’est pas plus que jamais, mais c’est autant et ce n’est pas la même vocation. Maintenant, je me tourne vers les personnes âgées, je fais beaucoup de spectacles bénéfices et des spectacles privés pour des organisations comme des spectacles de Noël », souligne celle qui avait été une des grandes artisanes du spectacle bénéfice pour la reconstruction du Théâtre de la vieille forge de Petite-Vallée, présenté à Gaspé en octobre 2017.

Son répertoire est composé de milliers de chansons, des années 1950 à aujourd’hui. Parmi les titres les plus demandés : Il est où le bonheur (Christophe Maé); Si jamais j’oublie (Zaz); Un coin du ciel (Marcel Martel) et Le petit voilier (Paolo Noël).

« Chanter, c’est une passion. Je ne suis pas une chanteuse à voix. J’ai une voix juste, mais je n’irai pas dans des éclats de voix. Ce n’est pas nécessairement parce que j’ai une voix en or, mais ça parait que j’aime ce que je fais, j’aime les gens et j’aime chanter. Ces trois ingrédients là ensemble font qu’après 50 ans, on me demande encore et c’est toujours un plaisir d’y aller, tant que le bon Dieu va me donner cette chance-là. »

Mme Bérubé ne demande aucune rétribution pour les spectacles offerts auprès des personnes âgées ou des organismes sociaux. « Ça me coûte de l’argent pour aller chanter pour les personnes âgées, c’est mon bénévolat à moi. Mais quand on est deux, on va demander un petit cachet pour couvrir un peu les dépenses. »

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