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Jacques Mimeault de La Martre explore une nouvelle façon de jouer de la guitare, qu'il présente comme modale ou dulcimer. Photo : Johanne Fournier.
20 novembre 2019 15 h 28

Pour l’amour de la musique : Jacques Mimeault, de chansonnier à ménestrel

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SAINTE-ANNE-DES-MONTS | La musique occupe une place prépondérante dans le coeur et la tête d’un nombre impressionnant de Gaspésiens. Ce constat explique en grande partie pourquoi une région aussi petite démographiquement renferme autant de chanteurs et de musiciens professionnels. Selon la même logique, bien des Gaspésiennes et des Gaspésiens se produisent dans un environnement plus informel, qu’il s’agisse de spectacles amateurs, dans des bars, des festivals, des soirées-bénéfices, des fêtes familiales, des mariages ou devant des personnes âgées, notamment. C’est un ajout pécuniaire pour arrondir les fins de mois dans bien des cas mais parfois, c’est du pur bénévolat. Ces performeurs y mettent généralement la même énergie, divers degrés de talent mais invariablement tout leur coeur. GRAFFICI présente ici quelques-uns d’entre elles et d’entre eux.

Après avoir été chansonnier pendant une vingtaine d’années, Jacques Mimeault explore une nouvelle façon de jouer de la guitare. « Je la présente comme une guitare modale ou dulcimer, décrit le musicien amateur de La Martre. Le dulcimer est un instrument traditionnel accordé différemment. C’était l’instrument des ménestrels. »

« Il y a mille et une façons d’accorder un instrument, continue M. Mimeault. Mais celle-ci permet de jouer une mélodie, tout en ayant un accord en même temps. Sa couleur est unique […]. Parfois, on a l’impression d’être au Moyen-Âge. J’ai présenté des pièces en public et on me dit que c’est très beau. C’est devenu, pour moi, la seule façon de jouer. On peut y interpréter du rock, du folklore, du classique et même du disco. Mon créneau est le rock classique. »

Jacques Mimeault est né à Marsoui. À l’âge de cinq ans, sa famille est déménagée à Montréal, où il a grandi. Le goût de la musique s’est développé à l’adolescence. C’est à ce moment qu’il a eu sa première guitare et qu’il a commencé à apprendre à en jouer à l’oreille. « Au secondaire, je trouvais ça rassembleur, raconte-t-il. À l’âge de 20 ans, j’ai commencé à écrire mes premiers textes et à 24 ans, j’ai commencé à les interpréter. »

M. Mimeault a été chansonnier dans les bars et les restaurants de Shawinigan et parfois aussi dans des écoles et des bibliothèques, tout en travaillant dans le monde de la construction. À l’occasion, il prêtait sa voix et sa musique dans des noces et des résidences pour aînés.

Il y a 17 ans, Jacques Mimeault est revenu dans sa région natale. Simultanément, l’homme alors âgé de 37 ans a décidé de changer de carrière. Du travailleur de la construction qu’il était, il a complété une formation collégiale en éducation spécialisée.

« Avant de quitter la Mauricie, j’ai écrit un opéra rock […] », relate-t-il. Son titre : La vie en 13 tableaux. « Pour l’obtention de mon diplôme, La vie en 13 tableaux est devenu un projet en éducation spécialisée, décrit-il. J’étais en stage à la Maison des jeunes de Cap-Chat et, avec les jeunes, je l’ai produite à la Maison de la culture [de Sainte-Anne-des-Monts]. On a gardé les chansons, mais j’ai laissé aux jeunes le soin de réécrire les textes. Ce fut très émouvant! »

Jacques Mimeault a formé un duo avec un ami de Marsoui, Steve Berger. Le duo Allée simple a participé à plusieurs soirées dans des villages de la Haute-Gaspésie. « J’ai un répertoire d’environ 250 chansons québécoises », précise-t-il. Dans son milieu professionnel, au CLSC de Sainte-Anne-des-Monts, il a organisé quatre boîtes à chansons avec ses collègues.

Il y a quelques années, l’auteur-compositeur-interprète a gagné un concours amateur propulsé par la station CHNC de New Carlisle pour sa chanson Danser sous la pluie. Le prix consistait en une journée d’enregistrement avec des professionnels au studio de la Vieille Usine de l’Anse-à-Beaufils.

Aujourd’hui, le cinquantenaire se produit rarement en public. Sa dernière présence sur scène remonte en août lors du Show d’gars, présenté à Sainte-Anne-des-Monts. Avec près de 100 compositions francophones, le chanteur et musicien possède l’équivalent de 10 albums qui dorment dans ses tiroirs. « J’aimerais me payer le luxe de faire au moins un CD, rêve-t-il. J’aimerais aussi écrire pour les autres. »

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