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23 juillet 2014 17 h 07

Règlement provincial sur l’eau potable : un feu vert à Pétrolia

GASPÉ – Québec vient d’adopter le règlement provincial sur l’eau potable réclamé à cor et à cri par Gaspé depuis deux ans. Son application aura pour effet de donner le feu vert à Pétrolia pour forer Haldimand n° 4.

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, était à Gaspé mercredi pour présenter son Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP), qui prévoit une distance minimale de 500 mètres entre un forage pétrolier et une source d’eau potable. C’est davantage que le projet de règlement adopté par les péquistes en mai 2013 (300 mètres), mais pas assez pour interdire à Pétrolia de forer son prochain puits, prévu à 850 mètres du puits artésien le plus proche.

Le ministre Heurtel s’est vanté de mettre en œuvre « des mesures parmi les plus sévères en Amérique du Nord » et de « répondre aux demandes des municipalités, de l’industrie et des citoyens ».

Avant d’être autorisées à forer, les compagnies devront présenter une étude hydrogéologique couvrant un rayon de deux kilomètres autour du site de forage. À la lumière de cette étude, la distance entre le forage et les sources d’eau potable pourrait être augmentée pour minimiser les risques de contamination.

Dans le cas de Pétrolia, une étude hydrogéologique commandée par le ministère de l’Environnement a déjà conclu que le forage d’Haldimand n° 4 ne mettrait pas à risque les sources d’eau potable du secteur.

Avant de forer, les firmes devront creuser des puits d’observation de la nappe phréatique près de l’emplacement et échantillonner tous les puits artésiens dans un rayon de deux kilomètres.

En cas de fracturation, la distance minimale en surface est aussi de 500 mètres en surface. Mais en profondeur, les firmes devront fracturer à plus de 600 mètres de la surface, une marge qui protège l’eau souterraine, selon le ministère.

Le règlement provincial entrera en vigueur le 14 août. Il aura pour effet de rendre caduc le règlement municipal de Gaspé et ceux de 80 autres municipalités qui avaient adopté un texte semblable.

Le règlement de Gaspé avait pour effet d’empêcher le forage d’Haldimand n°4. La municipalité se préparait à le défendre en Cour d’appel, mais a toujours répété qu’elle abandonnerait son recours si Québec adoptait son propre règlement.

Le maire content, mais…

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, se dit « content que le gouvernement assume ses responsabilités », mais demeure critique quant à l’emplacement du forage, à 350 mètres de résidences. « Côté acceptabilité sociale, on va continuer de l’avoir en travers de la gorge, dit-il. Un forage en milieu habité, ce ne sera jamais la bonne façon de faire. »

À l’avenir, M. Côté souhaite que les municipalités puissent déterminer les zones où les forages seraient permis. « On peut décider où l’on met une carrière, une maison, un commerce, mais pas un puits de pétrole! »

« Très déçue »

La présidente du comité Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé, Lise Chartrand, s’est dite « très déçue ». « C’est tout à fait irresponsable de permettre le forage à 500 mètres de puits artésiens. Le collectif scientifique [qui a contribué à rédiger le règlement de Gaspé] décrétait que le minimum devait être de deux kilomètres […]. Pour les citoyens, c’est le début d’un nouveau ton. Dès cet après-midi, on va consulter nos troupes. »

Forage en octobre

Pétrolia prévoit reprendre ses travaux « d’ici les trois prochains mois, peut-être début octobre », indique le PDG Alexandre Gagnon. « Il y a des équipes à remobiliser, des fournisseurs à recontacter », explique-t-il.

« Le Règlement [provincial] règle la situation entre Pétrolia et la Ville de Gaspé et évite le recours aux tribunaux », ajoute M. Gagnon. La firme promet de tenir des « activités d’information de la population » avant de reprendre son forage.

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