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10 novembre 2014 13 h 50

Services de garde éducatifs : parents et travailleurs sortent dans la rue

NEW RICHMOND — Une manifestation de plus de 400 personnes a eu lieu dimanche à New Richmond et une centaine d'autres manifestants se sont rassemblés à Gaspé pour la sauvegarde de la politique familiale québécoise. Le message lancé est clair : « pas question de sacrifier les services de garde éducatifs sur l'autel de l'austérité ».

Partout au Québec, comme ici à New Richmond et Gaspé, des milliers de parents et leurs enfants, ainsi que des travailleuses et des travailleurs oeuvrant dans les services de garde éducatifs ont dénoncé hier les mesures d’austérité que veut mettre en place le gouvernement de Philippe Couillard.

Aussi, la CSN invite le gouvernement à faire marche arrière et à oeuvrer plutôt au renforcement de ce joyau que sont les services de garde. « Nous sommes très satisfaits de la participation des parents et de celle de nos membres qui ont clairement démontré leur volonté de s’opposer aux visées de ce gouvernement qui cherche à imposer ses mesures d’austérité sans jamais prendre en considération les besoins de la population. Il n’a pas fini d’entendre parler de nous », lance Jacques Mimeault, président du conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Des menaces sans précédent
Dans un communiqué émis lundi, le syndicat rappelle que le 5 septembre dernier, le journal Le Devoir dévoilait que le gouvernement envisageait d’imposer des hausses de tarifs de base, en plus d’ajouter une modulation tarifaire en fonction des revenus, balayant du coup les principes d’accessibilité et d’universalité des services de garde.

En outre, le gouvernement a déjà adopté une série de mesures qui pourraient mettre en péril la qualité des services éducatifs. Parmi elles, la CSN mentionne des coupes de 70 M$ dans les services de garde éducatifs à la petite enfance, l’élimination de l’allocation spéciale pour le soutien aux enfants en milieu défavorisé et d’importantes compressions dans les services de garde éducatifs en milieu scolaire. Le syndicat signale aussi que plusieurs familles n’ont toujours pas accès aux services de garde à 7,30 $ en CPE, en milieu familial régi ou même à l’école sur leur territoire. La décision de reporter en 2021 la création de 15 000 nouvelles places en CPE n’aidera aucunement les parents.

Pour Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et responsable du dossier des services de garde et de l’éducation, « Le gouvernement fait complètement fi des avantages concrets et prouvés que procurent aux familles et aux enfants les services de garde éducatifs financés par l’État. La mission éducative des services de garde sur le développement des enfants, l’accès des femmes au marché du travail en raison de l’existence des services de
garde de proximité et les retombées économiques sont complètement évacués sous prétexte d’atteindre le déficit zéro. Eh bien, ces mesures de régression sociale ne passeront pas. »

Plus largement, la CSN considère que tous les acquis sociaux sont attaqués de plein fouet. « La recherche d’une plus grande équité entre les individus, d’un meilleur partage de la richesse, d’une économie respectueuse de l’environnement, de services de santé et de services sociaux de qualité, d’un système d’éducation qui assure l’égalité des chances ou encore d’une administration publique au service des besoins de la population, tout ça est mis à mal par le gouvernement libéral », opine le syndicat.

En plus d’être membre de la coalition Mouvement pour la sauvegarde de la politique familiale, la CSN a formé récemment avec des dizaines d’organismes le mouvement Refusons l’austérité. Des organisations féministes, communautaires, populaires, étudiantes et syndicales projettent d’intensifier les moyens d’action pour contrer les plans d’austérité du gouvernement. Deux manifestations sont prévues simultanément à Montréal et à Québec, le 29 novembre prochain.

À propos des services de garde et de la CSN

Quelque 10 200 travailleuses et travailleurs en centre de la petite enfance et un peu plus de 2000 responsables de service de garde en milieu familial sont membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), de même qu’environ 4 000 travailleuses et travailleurs en services de garde en milieu scolaire membres de la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP–CSN). Pour sa part, la CSN représente plus de 325 000 membres issus de tous les secteurs d’activité tant privé que public.

Le député Roy marchait avec les familles

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, se dit heureux d’avoir participé, hier à New Richmond, au rassemblement du Mouvement pour la sauvegarde de la politique familiale québécoise.

« Le gouvernement libéral attaque les fondements mêmes de la politique familiale québécoise. Cette politique fait pourtant la fierté de la population; elle sert de modèle partout dans le monde. Les mesures qui la sous-tendent sont très importantes, elles sont progressistes et ont fait avancer le Québec. Partout, le gouvernement libéral a retardé le développement de places attendues en service de garde. En modulant les tarifs des services de garde selon les revenus, il a aussi décidé d’imposer une taxe famille, qui touchera particulièrement les familles de la classe moyenne. Philippe Couillard promettait, en campagne électorale, de limiter la hausse à l’inflation; il a brisé cette promesse », a déclaré Sylvain Roy.

Le député rappelle également les effets positifs d’une politique familiale forte, autant sur le plan social qu’économique. « Grâce à cette politique ambitieuse, le Québec a notamment permis aux parents de concilier la vie de famille et le travail. De plus, les mères et les pères monoparentaux ont amélioré leurs conditions de vie et des dizaines de milliers de femmes ont accédé plus rapidement au marché du travail », opine le député en ajoutant que de financer les services de garde et le soutien aux familles, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement et une mesure de développement économique.

« Le constat est que chaque dollar investi par l’État, produit 1,60 $ en terme d’activité économique, et via une fiscalité adaptée, l’État récupère le dollar afin d’équilibrer ses finances et laisse le 60 cents à la société. Donc la rhétorique libérale n’est pas financière, elle est idéologique et vise à déconstruire les institutions d’émancipations collectives qui font de nous un peuple qui se distingue », conclut Sylvain Roy.

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