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4 décembre 2011 21 h 36

Suspendus pour avoir participé à une marche contre l’intimidation

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Une dizaine d’élèves de l’école Gabriel-Le Courtois de Sainte-Anne-des-Monts ont appris que la direction de l’établissement les suspendait cinq jours pour ne pas être allés en classe vendredi après-midi.

Ceux-ci ont préféré participer à une marche initiée par des parents et des élèves afin de dénoncer le phénomène de l’intimidation et qui consistait aussi à honorer la mémoire de Marjorie Raymond, qui s’est suicidée après s’être plainte de ce problème.

«C’est con, c’est ridicule, fustige l’une des élèves suspendues. On fait ça pour que l’intimidation arrête! «C’est une forme d’intimidation», ajoute une autre élève suspendue.

Pour une mère, Annie Daraîche, dont le fils Brian est victime d’intimidation, cette suspension est un non-sens. «Mardi, au lendemain du suicide de Marjorie, les élèves étaient libres de ne pas aller en classe, raconte-t-elle. Ils pouvaient aller où ils voulaient. On les retrouvait chez Hart ou chez Tim Hortons à flâner. Mais là, ils se font suspendre pour avoir participé à une marche pour une bonne cause.»

Un phénomène d’une ampleur considérable

La marche, qui a pris naissance devant l’Aréna J. Robert-Lévesque, pour se diriger vers le centre-ville et prendre fin à son point d’origine, a réuni une centaine de parents et de jeunes qui, selon les deux organisatrices, Jessy Fournier et Joannie Therrien, ont, pour la plupart, vécu de l’intimidation.

Plusieurs parents qui, comme leurs enfants, ont poursuivi leurs études secondaires à l’école Gabriel-Le Courtois, rappellent que le problème de l’intimidation ne date pas d’hier. «Ça fait vingt ans que je me bats pour vivre ce que je vis maintenant, soit de dénoncer l’intimidation, lance Martine Roy avec beaucoup d’émotion. J’ai été victime d’intimidation et mon fils l’a été aussi. Moi, j’ai fini par décrocher, mais mon fils a été plus fort que moi. Il a passé au travers et a fini ses études. Dès ma première année de secondaire, j’ai commencé à vivre de l’intimidation. Cette bâtisse-là, elle est damnée!»

«On est ici pour que la planète se rende compte qu’on est des humains et que si personne ne fait rien, que tout le monde se regarde le nombril et que personne ne bouge, il va y avoir d’autres suicides, continue la mère de famille. Il y a des jeunes dans la polyvalente qui vivent la même chose que Marjorie et qui sont obligés d’endurer ça.»

Une autre maman, qui désire conserver l’anonymat, ajoute que son fils a pensé au suicide. «Cette marche, je la fais pour lui et pour ma nièce, souligne-t-elle. La direction va les suspendre pour avoir participé à la marche, alors qu’ils veulent que le message se rende plus haut. Mais ça n’ira jamais plus loin que ça parce que nous, en Gaspésie, on s’est toujours battus tous seuls.»

Beaucoup de compassion pour Marjorie Raymond

Une amie de Marjorie Raymond, Julie Daraîche, en avait gros sur le cœur. «Ça faisait longtemps que Marjorie me parlait qu’elle était tannée de l’école, qu’elle n’était plus capable de se faire tout le temps tabasser, relate-t-elle. Mais nous, on la ramenait à la raison. Sinon, ce serait arrivé plus tôt. Il faudrait que ça bouge quelque part, que le monde se réveille, qu’ils voient que ce n’est pas rien! C’est gros, l’intimidation. Ça l’a amenée à se suicider! Nous autres, on a perdu une grande amie…»