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6 septembre 2019 13 h 59

Une exposition de 37 oeuvres de Kittie Bruneau au Chafaud de Percé

Gilles Gagné

Journaliste

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PERCÉ | Le musée Le Chafaud, de Percé, présente jusqu’au 24 septembre l’exposition La fougue de l’envol, de l’artiste-peintre Kittie Bruneau. Les 37 œuvres exposées soulignent les 90 ans de Madame Bruneau, qui demeure encore très active en création.

Kittie Bruneau entretient depuis près de 60 ans une relation privilégiée avec la Gaspésie. De 1961 à 1972, elle réside sur l’île Bonaventure, en face de Percé, et elle fera partie du dernier groupe d’expropriés par le gouvernement du Québec.

L’État vide alors l’île afin de créer le Parc de l’île Bonaventure et du rocher Percé. Madame Bruneau fait partie des derniers résistants à l’expropriation, avec ses amis Lise Deguire et Sidney Maloney, qui forment un couple dans la vie. L’artiste-peintre achètera par la suite une propriété à Pointe-Saint-Pierre, entre Percé et Gaspé, où elle passe encore ses étés.

« On ne parle pas d’une rétrospective de ses œuvres. Il s’agit d’un choix d’œuvres majeures, des œuvres récentes et des œuvres remontant aux années soixante. Il est trop tôt pour parler d’une rétrospective dans son cas. Kittie Bruneau crée encore et elle a des projets pour des années », précise Jean-Louis Lebreux, directeur du Chafaud.

Les œuvres de Kittie Bruneau sont souvent associées au post-automatisme mais elle ne fait partie d’aucune école particulière ou de mouvement spécifique.

Originaire de Montréal, elle a entamé ses études à l’École du Musée des beaux-arts de la métropole en 1946 avant de poursuivre à l’École des beaux-arts de Montréal et au Montreal School of Art, en 1949. Elle s’installe ensuite à Paris, où elle s’inscrit à l’Académie Julian. Elle habitera la France jusqu’à la fin des années 1950. Elle présentera ses premières expositions dans plusieurs villes dont Montréal, Ottawa, Halifax et Paris.

Elle met ensuite la peinture de côté pour quelques années afin de s’adonner à la danse. « Il est incroyable de constater qu’elle a dansé dans la troupe de Maurice Béjart. Ça nous donne une idée de sa dimension artistique », précise Jean-Louis Lebreux

Elle a aussi réalisé des murales, des vidéos et des livres d’artiste, pour lesquels elle collabore avec des écrivaines et écrivains tels que Françoise Bujold et Leonard Cohen. Elle a reçu plusieurs bourses en reconnaissance de son travail au fil des décennies, tout en présentant plus de 60 expositions individuelles. Elle est membre de l’Académie royale des arts du Canada.

Jean-Louis Lebreux se désole un peu de la relative méconnaissance du grand public à l’endroit de Kittie Bruneau mais il se console à la pensée « que les plus grands musées du Québec et du Canada possèdent de ses œuvres dans leur collection. Les gens qui viennent voir l’exposition sont aussi très élogieux à son endroit. »

Il lui a fallu près de deux ans de travail pour préparer cette quatrième exposition du Chafaud portant sur Kittie Bruneau. L’une des expositions était collective. Depuis 2017, il a pu compter sur le concours de la Galerie d’art Eric Devlin, à Montréal de Franz Roussel, agent de l’artiste et de la courtoisie de bienveillants collectionneurs, précise-t-il.

Certains thèmes sont récurrents dans l’œuvre de Kittie Bruneau, dont les oiseaux, une île, un couple, la mer. « Il est clair qu’elle a été marquée par son séjour à l’île Bonaventure note le directeur du Chafaud.

Ce musée offre aussi aux visiteurs une second exposition, à l’étage, Transpercé, « une remarquable suite d’oeuvres inspirées au photographe Guy Fortin par le magnétisme et le pouvoir de séduction du Rocher Percé. Exceptionnel! », résume Jean-Louis Lebreux.

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