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22 septembre 2020 16 h 38

Une rentrée sur toile de fond de COVID-19 (texte 1/3)

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Comme ceux d’ailleurs en province, les professeurs de la région ont effectué leur rentrée scolaire il y a quelques semaines, une étape venant un peu plus tard que prévu et compliquée par les précautions à prendre en raison du contexte de pandémie. Comment ces enseignantes, enseignants et membres du personnel de soutien ont-ils abordé cette rentrée 2020? S’attendaient-ils à mieux ou à pire que ce qu’ils ont vécu le printemps passé? Avaient-ils de l’appréhension, de la hâte? GRAFFICI a rencontré cinq personnes œuvrant dans le domaine de l’éducation; elles nous ont présenté leur façon de voir et de faire, à la fin du mois d'août, ainsi que leur perception du moment.

Une continuité des mesures mises en place au printemps

SAINT-OMER | Les enfants comprennent beaucoup plus qu’on pense les mesures de distanciation sociale et la nécessité de porter le masque dans les classes, tel que demandé par le gouvernement du Québec.

Rachel Dugas enseigne depuis 15 ans. Elle croit que le court retour à l’école en mai, pour ceux et celles qui ont fréquenté les classes du primaire, leur permettra d’agir en mentor pour ceux qui sont demeurés à la maison.

« Je vais me servir des élèves qui étaient présents pour rassurer (les autres): « Peux-tu lui rappeler comment on fait quand on quitte la classe ? » Ils vont se sentir importants dans ça et les autres vont se dire… « OK, il l’a fait. Ce n’est pas si pire » », illustre celle qui enseignait l’année dernière au deuxième cycle du primaire, à l’école des Audomarois de Saint-Omer du Centre de services scolaire René-Lévesque.

Dans les écoles, des sens uniques ont été implantés, des stations de lavage de mains ont été créées et des mesures de distanciation ont été mises en place. Moins de matière a été enseigné, les interactions étaient plus limitées entre les élèves qui devaient «demeurer dans leur bulle ».

Et les élèves ont bien saisi l’ampleur de la problématique. «Les points au sol, le lavage des mains… on pensait gérer ça, mais pas du tout. Les parents avaient probablement bien abordé le sujet. » Mais hors du cadre scolaire, notamment lors de la sortie des classes, il fallait faire des rappels. «On leur disait que ce n’était pas seulement dans l’école. Le virus peut être présent partout. Si vous ne respectez pas ça, on va recommencer à zéro. C’était de l’éducation», raconte Mme Dugas.

Prête pour une «deuxième vague»

Le sens unique va demeurer alors que le masque fait son apparition pour les élèves du troisième cycle du primaire. Dans les classes, le fonctionnement sera pratiquement normal. Elle ne voit pas de problème pour les élèves de 10 à 12 ans. « Je pense que ça s’explique bien, car c’est pour leur sécurité et la nôtre. C’est comme au restaurant », illustre-t-elle à propos du couvre-visage.

Mais toute l’expérience acquise servira : «Là, on est prêts à vivre une nouvelle catastrophe, on l’appelle catastrophe parce que c’est vraiment exceptionnel. L’enseignement à distance n’était peut-être pas tout à fait prêt. On était au compte-gouttes. Mais là, c’est prêt », dit Mme Dugas, qui a choisi de poursuivre sa carrière au troisième cycle à l’école des Quatre-Temps de Nouvelle.

Avec l’expérience du printemps, l’enseignante croit que si un cas de COVID-19 est déclaré dans une classe, on ne devrait pas alerter l’ensemble de la planète. « Si la bulle est bien respectée, je crois que la classe seulement devrait être mise en quarantaine. On ne devrait pas alerter toute l’école ou toute la commission scolaire au complet. »

Toutefois, si l’élève a fréquenté un service de garde ou a circulé dans la municipalité, peut-être qu’il faudrait songer à fermer une école. «Un peu comme les camps de jour cet été. Seulement un camp de jour était visé. Peut-être que les mesures n’avaient pas été bien respectées. C’est peut-être pour ça qu’il y avait eu une éclosion», croit-elle.


Rachel Dugas croit que les élèves s’adaptent aux nouvelles façons de faire dans les écoles.
Photo : Nelson Sergerie