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16 novembre 2022 10 h 42

Viviane Audet présente une petite tournée gaspésienne bien rodée

Gilles Gagné

Journaliste

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NEW RICHMOND – L’auteure-compositrice-interprète gaspésienne Viviane Audet présentera trois spectacles dans la région cette semaine, une prestation en trois volets créée à Sainte-Anne-des-Monts et qu’elle offrira jeudi à Amqui, vendredi à New Richmond et samedi à Gaspé.

Dans le premier tiers du spectacle, elle offrira des musiques de film qu’elle aime. Elle enchaînera ensuite avec Les filles montagnes, un album sorti en novembre 2020 dans lequel elle rend hommage aux femmes décédées lors de la tragédie de l’École polytechnique de Montréal. Puis, elle présentera au public ses dernières compositions, une partie intitulée Le piano et le torrent.

« En fait, c’est un spectacle que j’ai créé à la Maison de la culture de Sainte-Anne-des-Monts pendant la pandémie. J’étais l’une des premières à revenir donner un spectacle à cet endroit. Pendant une semaine en juillet 2021, je me suis installée avec ma directrice artistique et mon éclairagiste. C’était une sorte de résidence d’artiste. Le spectacle a ensuite été présenté à Sainte-Anne-des-Monts, Matane et Carleton », explique Viviane Audet, à propos d’une prestation aux accents assez uniques.

« En novembre 2021, quelques mois plus tard, j’ai eu l’occasion de le présenter à la Maison symphonique à Montréal, pas en spectacle, mais en captation. De cette façon, le spectacle a eu l’occasion d’évoluer. Je l’ai présenté un peu partout, une douzaine de fois en tout. J’ai l’impression de l’avoir rodée en ville et de le présenter chez moi maintenant », dit-elle, décrivant ainsi une démarche opposée à la tendance lourde, qui consiste pour les artistes à faire une tournée avant d’offrir le spectacle dans la métropole.

Elle revient sur le déroulement du spectacle qu’elle présentera à Amqui, New Richmond et Gaspé.

« En première partie, je vais jouer quelques pièces de la musique de film que j’ai faite, mes coups de cœur de ce que j’ai composé en cinéma dans les dernières années, dont une pièce de Lafortune en papier sur Claude Lafortune, un film de Tanya Lapointe, une composition de l’adaptation théâtrale Les Plouffe qu’on a fait à Québec, un mois avant la pandémie au Trident, et de la musique du film Les rois mongols. Trop souvent, la musique de film, on ne la rejoue jamais », précise l’artiste.

Dans la seconde partie de son spectacle, elle présente Les Filles montagnes, 11 pièces découlant d’un projet de documentaire, Polytechnique : ce qu’il reste du 6 décembre auquel elle avait aussi été liée en composant la musique. En 2020, un an après la sortie du documentaire, elle a remanié une partie des compositions de 2019 pour son premier album instrumental en solo.

« Les Filles montagnes, ça m’a ouvert sur un pan social, sur la situation des femmes, des maisons d’hébergement, ça m’a rapproché du Chaînon [NDLR : un organisme s’occupant des femmes et des enfants sans toit]. En même temps, la bienveillance a fait partie de mon cheminement; mon père était directeur d’un centre d’action bénévole. Composer de la musique pour cette cause, ça donne un sens à ce que je fais », souligne Viviane Audet.

« J’ai été surprise par le succès des Filles montagnes. Ça m’a fait découvrir comme compositrice. On me connaissait comme interprète, comme comédienne, peut-être pour les musiques de film. Je me suis trouvé une équipe à partir de ce projet », ajoute-t-elle.

Parlant toujours de ses projets avec animation, elle vibre encore plus en discutant de la troisième partie de son spectacle, parce qu’elle y présente des pièces d’un album qui ne sera lancé que dans un an.

« Ce sera en première, Le Piano et le torrent, qui sortira à la fin de 2023. J’ai beaucoup pensé à mes racines, à ma Gaspésie. C’est le torrent de la vie, le torrent du temps qui passe, mais aussi de la mer. Je pense au décès de ma grand-mère. Je parle aussi de déracinement; mes parents sont partis de la Gaspésie, ce n’est pas un secret pour personne. Ce déracinement vient nourrir ma création. Ce spectacle prend racine dans mon cœur. La fondation est là », raconte-t-elle.

Un autre morceau de cette fondation s’est manifesté quand elle a découvert un vieux piano blanc, en 2021, dans la sacristie du village qu’elle habite, Richelieu, en pleine pandémie. Elle a réussi à faire livrer ce piano chez elle.

« En mai 2021, je compose une pièce par jour. Ce n’est pas tout bon. C’est pendant ce mois que j’ai perdu ma grand-maman. Mon cœur était en Gaspésie, ma famille accompagnant ma grand-mère. Ça me plongeait dans quelque chose de bien nostalgique. Avec ces spectacles en Gaspésie, je viens porter le projet où il est né. Je ne suis pas retournée en Gaspésie depuis un an et demi. Ça ne m’est jamais arrivé. Y retourner, ça va faire du bien », décrit Viviane Audet.

Une année occupée s’annonce pour elle. « En mai 2023, je sortirai un album de chansons, avant Le Piano et le torrent. J’ai reçu une subvention en juin 2019 de Musi-action et trois jours après, j’apprends que je suis enceinte. Puis, boum, la pandémie frappe. En 2019, je n’avais pas tellement de choses à dire mais depuis, j’ai vécu tellement de choses! Cet album n’était pas dû pour sortir tout de suite. Le titre est long: Les nuits avancent comme des camions blindés sur les filles. C’est une phrase apparue comme un flash il y a cinq ou six ans », raconte Viviane Audet, qui donne ici pour la première fois publiquement le titre de cet album.

« Dans mon spectacle, je vais présenter des chansons de cet album, même s’il ne sort qu’en mai. Tout ça n’est pas décousu. Il y a un fil narratif. N’empêche que j’ai toujours travaillé à l’envers. Je fais le spectacle et je lance l’album », dit-elle en riant.

« Je ne fais pas de disque [de chansons] pendant huit ans et là, j’en fais deux en quelques mois. À travers ça, je joue dans Mentana, avec mon chum, Robin-Joël Cool, dans ce groupe folk, en anglais », conclut-elle.


Viviane Audet revient présenter dans sa région natale un spectacle profondément inspiré par cette Gaspésie. Photo : Studio La Luz Portraits