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2 septembre 2011 8 h 53

Vivre le télétravail en Gaspésie

Tous les matins, Marie-Michèle Rousseau-Clair n’a qu’à franchir les trois mètres qui séparent son salon de son bureau pour se rendre au travail. Comme environ de 5 à 8% des salariés québécois, elle travaille de son domicile. Une situation qui lui permet d’occuper, ici en Gaspésie, les mêmes fonctions qu’elle avait à Montréal, il y a quatre mois.

En janvier dernier, cette jeune professionnelle de 26 ans a demandé à son employeur, l’organisme Conservation de la nature basé à Montréal, si elle pouvait s’établir en Gaspésie et travailler de la maison. Conciliant, son patron a décidé de tenter l’expérience.

«Il connaissait mon intention de venir m’établir ici. Et à la place de me perdre, il a accepté mon offre», raconte la coordonnatrice. Établie dans la Baie-des-Chaleurs depuis le mois de juin dernier, elle se considère «chanceuse» d’avoir obtenu ce qu’elle voulait.

L’attrait du télétravail

Selon le site de recherche d’emplois Workopolis, le télétravail séduit. Un sondage interne de l’entreprise révèle que plus de 70% de ses utilisateurs changeraient d’emploi si un employeur leur offrait la possibilité de travailler de la maison.

Mme Rousseau-Clair ne s’étonne pas de ces chiffres. «C’est attrayant. Il y a plein de côtés positifs. Mes déplacements sont limités alors je paye moins d’essence.  Et je suis  beaucoup plus productive grâce au calme», illustre-t-elle. «Mais il n’y a pas que du positif», nuance-t-elle.

Après quatre mois de télétravail, elle réalise maintenant que sa vie sociale au travail en prend un coup dur.  «Mes heures de dîner sont plus tranquilles qu’avant. Pour m’occuper, je regarde mes plantes pousser», dit-elle à la blague. Plus sérieusement, la nouvelle arrivante se promet de participer à des activités et de s’inscrire à des cours pour lutter contre l’isolement.

Entreprises peu ouvertes à l’idée?

Les entreprises québécoises seraient encore réticentes à mettre en place des programmes de télétravail ou à privilégier cette option avec leurs employés. C’est du moins ce qu’a constaté dans ses recherches Diane-Gabrielle Tremblay, une professeure à la Télé-Université du Québec à Montréal (TÉLUQ).

«Le préjugé du travailleur qui procrastine à la maison demeure encore très fort chez les employeurs», a remarqué celle qui étudie l’évolution du télétravail au Québec depuis quinze ans. «Pourtant, dans certains secteurs, c’est très profitable. Et ça peut l’être aussi pour garder des gens dans les régions, comme en Gaspésie», estime-t-elle.

Au Québec, les incitations gouvernementales pour encourager le télétravail sont limitées. Par contre, depuis avril 2010, le Bureau de normalisation du Québec offre une certification aux entreprises qui respectent certaines normes conciliation travail/famille, dont le télétravail.