le Dimanche 30 août 2026
le Mercredi 15 juillet 2026 15:31 | mis à jour le 16 juillet 2026 9:08 25 ans

CHANTIERS MARITIMES : UNE AMÉLIORATION DEPUIS 2019? OUI

GASPÉ | En 2019, la construction de bateaux en Gaspésie connaît un essor considérable, lié d’abord à la bonne tenue du secteur des pêches commerciales, notamment en raison de la montée fulgurante des prises de homard.

CHANTIERS MARITIMES : UNE AMÉLIORATION DEPUIS 2019? OUI
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Le directeur général du Chantier Naval Forillon, Jean-David Samuel.

Photo : Jean-Philippe Thibault

De plus, l’obtention en 2015 d’un important contrat de construction de six bateaux de recherche et sauvetage par le Chantier Naval Forillon représente aussi un développement majeur, d’autant plus qu’il a été suivi par l’ajout de quatre bateaux similaires. La facture totale de ces 10 unités, 80 millions de dollars (M $), représente de loin le plus gros mandat accordé à un chantier naval gaspésien.

En 2019, l’Atelier de soudure Gilles Aspirault, de Rivière-au-Renard, maintenant appelé Chantier Naval MM, vient de recevoir son premier mandat pour construire un bateau de pêche, alors que l’entreprise se spécialisait surtout dans la fabrication d’équipements pour les pêches maritimes jusque-là.

En 2018, la famille Desbois avait acheté les Entreprises maritimes Bouchard, un chantier naval également situé à Rivière-au-Renard, en quête d’une relève. En 2022, le Chantier Naval Forillon, encore en pleine croissance, a acquis les Entreprises maritimes Bouchard, se dotant donc d’un second chantier lui permettant de répartir ses contrats entre Sandy Beach et Rivière-au-Renard.

De retour en 2019, Conception navale FMP, une jeune entreprise de Newport, connaissait aussi un beau développement, axé surtout sur la construction de homardiers et de crabiers.

D’autres dimensions

En octobre 2023, le Chantier Naval Forillon a signé un contrat de 55,5 M $ pour la construction d’un navire de recherche halieutique semi-hauturier hybride de 32 mètres, soit près de 110 pieds.

« Il portera le nom d’Estelle-Laberge, du nom d’une scientifique de l’Institut Maurice-Lamontagne ayant péri dans le naufrage du Nadine », précise Jean-David Samuel, directeur général du Chantier Naval Forillon. La coque du Estelle-Laberge est réalisée à 50 %.

Malgré la forte prédominance des bateaux construits pour la Garde côtière et Pêches et Océans Canada depuis 2015, le Chantier Naval Forillon met toujours l’accent sur les pêches commerciales, en parallèle.

« On commence un bateau pour Terre-Neuve, un bateau de 80 pieds par 26, pour la pêche au crabe et au poisson de fond. On en a déjà fait un plus gros, l’Executioner, de 90 pieds de longueur », signale M. Samuel.

Le bateau de 80 pieds pour Terre-Neuve sera construit aux installations de Sandy Beach, où sont basés 75 des 100 travailleurs du Chantier Naval Forillon, les 25 autres oeuvrant à partir de Rivière-au-Renard.

« Trois-quarts de nos employés sont basés à Sandy Beach, mais en production, c’est deux-tiers-un-tiers, parce que la gestion de l’entreprise se fait à Sandy Beach », note Jean-David Samuel.

L’incertitude économique et le nouvel ordre mondial, jouxtés aux menaces d’annexion du Canada par les États-Unis, ont incité le gouvernement fédéral à augmenter son budget en Défense nationale au cours de la dernière année. Ces nouvelles orientations se traduiront à moyen terme par des appels d’offres dans le secteur maritime.

« On regarde beaucoup ce qui s’en vient en défense. On parle de livraison en 2030 pour les contrats octroyés en 2028. D’ici quatre ans, le marché sera saturé. La défense a bougé beaucoup. Il va manquer de chantiers maritimes », commente M. Samuel.

Le Forum Naval de l’Est a réuni les 16 et 17 juin les principaux acteurs de la construction navale entre Gaspé et Québec. Le Chantier Naval Forillon y a évidemment participé.

« Le Chantier Davie y était, et ça aide qu’il se soit positionné. On s’est retrouvés quatre chantiers, nous, Davie, le Groupe Océan et Conception navale FMP, représentés à une

Malgré la forte prédominance des bateaux construits pour la Garde côtière et Pêches et Océans Canada depuis 2015, le Chantier Naval Forillon met toujours l’accent sur les pêches commerciales, en parallèle, comme en témoigne le San Marco livré en juillet 2024. Le bateau de pêche hybride – pour le crabe des neiges et le sébaste – a été évalué à plus de huit millions de dollars.

Photo : Jean-Philippe Thibault

table pour souper, au Brise-Bise à Gaspé. On voulait discuter de ce qu’on pourrait aller chercher comme contrats. Ça aurait été difficile à imaginer il y a quelques années », analyse Jean-David Samuel.

La participation de plus petits constructeurs comme Chantier Naval Forillon et Conception navale FMP devrait permettre à de plus grandes entreprises comme Davie et le Groupe Océan de s’ajuster rapidement lors de certains mandats.

« On est plus agiles quand on est petits, tout en étant capables de faire des projets d’envergure », résume M. Samuel.

Rampe de halage améliorée

Depuis quelques mois, le Chantier Naval Forillon améliore la capacité de sa rampe de halage.

« Les travaux de renforcement vont bon train. On a une bonne partie de fait, comme le béton. On vient d’attaquer les travaux en zone de marnage, l’espace entre la marée haute et la marée basse. Il faut arrêter les travaux quand la marée monte jusqu’à un certain point. La capacité sera de 725 tonnes. On travaille aussi à
améliorer le déplacement des bateaux de façon latérale sur la rampe, pour des réparations, alors que la capacité passera de 300 tonnes à 500 tonnes », explique Jean-David Samuel.

Dans une phase subséquente, la capacité de la rampe de halage passera à 1000 tonnes. « Ça se fera d’ici les prochaines années. On vise 2032 pour que ce soit fonctionnel », dit-il.

L’intérêt exprimé par la direction du Chantier Naval Forillon pour d’éventuels contrats venant de la Défense nationale est loin d’éloigner l’entreprise du secteur des pêches.

« Il y a un creux au Québec dans le domaine semi-hauturier, mais ça va bien à Terre-Neuve, où les chantiers construisent surtout en fibre de verre. Le Québec est bien positionné quand il s’agit de bateaux d’acier. Chez les homardiers, c’est la folie en matière de construction », indique M. Samuel.

Le navire Estelle-Laberge sera livré à la fin de 2027, tout comme le crabier polyvalent destiné à Terre-Neuve. La quête de contrats constitue souvent la recherche d’un équilibre difficile à obtenir.

« On regarde donc pour obtenir des contrats pour la fin de 2027 et le début de 2028. On peut travailler longtemps avant de signer une entente, à développer ces ententes, à discuter d’ingénierie; c’est tellement long comme processus. Ça cogne à la porte, et on cogne aux portes. Il y a eu récemment des projets qu’on a dû laisser de côté et qu’on aurait eu de bonnes chances d’obtenir. On aurait pu construire un traversier à câble pour le Nouveau-Brunswick.

On en a construit un, mais on n’a pas soumissionné cette fois, parce que c’était trop proche des mandats qu’on réalise présentement », explique Jean-David Samuel.

Par ailleurs, le chantier naval Verreault, des Méchins, a de nouveaux propriétaires depuis 2023, le Groupe Océan. Bien qu’il soit situé en Matanie, donc dans la région administrative du Bas-Saint-Laurent, ce chantier joue un rôle économique important en Haute-Gaspésie, puisqu’une partie appréciable de sa main-d’oeuvre provient de Cap-Chat et de Sainte-Anne-des-Monts.

Les installations des Méchins sont en action constante, sa grande cale sèche constituant selon toute vraisemblance la plus active infrastructure du genre dans l’est du Canada. Elle reçoit d’imposants navires canadiens et d’autres pays.

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