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27 août 2014 15 h 40

1400 kilomètres en kayak sur le Saint-Laurent

GASPÉ -- Quatre kayakistes ont complété mardi à Gaspé un périple de près de 1400 kilomètres de la source du Saint-Laurent, à Kingston en Ontario, jusqu’à son embouchure. Leur but : sensibiliser le public à la conservation de ce cours d’eau.

Souriants et bronzés, les aventuriers ont touché terre à la marina de Gaspé, où des amis les attendaient avec de la bière belge. « Le coup de fatigue tombe. On est un peu tristes de savoir que ça se termine, qu’on ne prendra pas les kayaks demain », a commenté Richard Mardens, chef d’expédition et biologiste, dans les heures suivant son arrivée.

Trois des quatre acolytes sont Belges : M. Mardens, le géographe et navigateur Jean Bériaux et l’infirmier Manuel Simon. La Québécoise Martine Turcotte, une technicienne en tourisme d’aventure spécialisée en kayak, complète le quatuor.

M. Mardens, qui a fait une partie de ses études à l’Université Laval de Québec, a eu l’idée de l’expédition l’automne dernier, quand il a entendu parler d’un nouveau déclin de la population de bélugas. « Ça ne faisait ni chaud ni froid à personne, et le gouvernement prend des décisions qui favorisent la prospection pétrolière [dans le Saint-Laurent]. Ça m’a choqué un peu. J’ai voulu faire quelque chose pour toucher les gens. »

Le site Internet www.coupdepagaie.com rend compte de l’expédition et des valeurs qui la sous-tendent. Le quatuor a pris des photos et des vidéos de son périple. « L’idée, c’est d’avoir des photos à montrer, liées à des conférences [sur le Saint-Laurent] et de réaliser un vidéo plus axé sur l’aventure de kayak », explique M. Mardens.

Du 12 juillet au 26 août (dont sept jours de pause), les kayakistes ont parcouru en moyenne 43 kilomètres par jour et campé sur les berges.

Ils ont observé certains impacts de l’activité humaine sur le fleuve. « Quand on arrive près des villes, l’eau est moins claire, rapporte M. Mardens. On voit parfois une petite couche d’hydrocarbures sur l’eau ou on sent des odeurs. »

Les kayakistes ont aussi ramassé une dizaine de sacs à poubelle de déchets dans les eaux. Ils les confieront à un artiste de Prévost, dans les Laurentides, pour qu’il en fasse une œuvre d’art.

Le meilleur et le pire

Le pire moment de l’expédition est arrivé lorsqu’on leur a volé pour 7000 $ de matériel en pleine nuit près du quai de Saint-Siméon (dans Charlevoix), où ils campaient. « On avait pensé à toutes les possibilités : un ours qui voudrait notre bouffe, une perte de matériel [dans un chavirement], mais pas à un vol. »

Les kayakistes se souviendront des endroits découverts et des rencontres humaines, ainsi que de moments de grâce avec la faune. « Vers La Malbaie, on était à cinq kilomètres de la rive et on a vu un groupe de bélugas venir vers nous, dit M. Mardens. Ils plongeaient sous nos embarcations et l’un a tapoté l’arrière du kayak. »