« Nous allons attendre que l’appel soit entendu », a déclaré la première ministre en entrevue mercredi à Radio-Gaspésie. Le contenu du jugement permettrait à Québec d’ajuster son règlement, a-t-elle expliqué.
« C’est surprenant, a réagi le maire de Gaspé, Daniel Côté. Les sons de cloche qu’on avait, c’est que le règlement serait adopté à très court terme après la période électorale. » Une procédure d’appel prend au minimum plusieurs mois, et parfois d’un à deux ans, indique le maire.
M. Côté réclame toujours l’adoption rapide d’un règlement provincial, qui remplacerait le règlement municipal de Gaspé sur l’eau potable. « Mais si le gouvernement souhaite reconnaître cette compétence [aux municipalités], qu’il nous le dise clairement et qu’il nous donne les moyens techniques et financiers pour le faire », ajoute-t-il.
« Pas le seul outil », dit Lelièvre
Le candidat péquiste dans Gaspé, Gaétan Lelièvre, a minimisé l’importance des déclarations de sa chef et d’un éventuel règlement provincial. « Ce que Mme Marois a amené hier a toujours été présent. […] Tous les gouvernements sont très hésitants à se prononcer quand un dossier est judiciarisé. »
« Si j’avais seulement le règlement sur l’eau, je serais très inquiet. On a d’autres outils pour gérer efficacement et sécuritairement le dossier », a ajouté M. Lelièvre. « Je suis d’accord pour qu’on attende le résultat de la Cour d’appel pour déposer un règlement à condition qu’on utilise d’autres mécanismes dont le gouvernement dispose pour qu’il n’y ait pas de reprise des activités [à Haldimand n° 4] avant, notamment, l’étude hydrogéologique », a-t-il déclaré.
Le règlement de Gaspé a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer Haldimand n° 4. Il interdit d’introduire, par forage ou autre procédé, toute substance susceptible d’altérer l’eau souterraine, dans un rayon de deux kilomètres d’une source d’eau potable. Pétrolia a contesté le règlement et obtenu gain de cause en Cour supérieure, un verdict que Gaspé a porté en appel en mars.
Plus tôt cette semaine, le chef libéral Philippe Couillard a indiqué qu’il adopterait « d’abord une loi sur les hydrocarbures et “par la suite, [préciserait] le règlement sur l’eau potable”.