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12 août 2014 15 h 10

Cimenterie : la contestation du certificat surveillée de près

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PERCÉ – La contestation du certificat d'autorisation de la cimenterie de Port-Daniel est surveillée de près par des écologistes du fait que cette cause pourrait faire jurisprudence.

Trois groupes tentent de faire invalider le certificat émis le 3 juin dernier. Le cimentier Lafarge, le Centre québécois du droit en environnement et Environnement Vert-Plus ont déposé récemment une requête en Cour supérieure qui sera entendue le 28 août au Palais de justice de Montréal. Ces derniers estiment que le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a outrepassé ses pouvoirs en autorisant le projet sans le soumettre à la procédure d’évaluation sur les impacts environnementaux. Québec a, de son côté, toujours soutenu que le projet n’a pas à se soumettre à un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement puisque l’avis de projet a été déposé en mai 1995, soit avant le resserrement des règles environnementales pour ce type de projet.

Or cette requête est une première au Québec selon l’Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique. Son président, André Bélisle, juge que le projet tel que présenté en mai 1995 est bien différent de ce qu’il est maintenant. Le projet devait produire un million de tonnes de ciment au départ alors qu’aujourd’hui il est question de 2,5 millions de tonnes. D’autant plus, dit-il, qu’à l’époque le coke de pétrole n’était pas envisagé comme combustible pour le four. M. Bélisle estime que cette contestation est un test important pour l’actuelle législation gouvernementale. « On surveille ce dossier de près parce que c’est une première en soi. Et, à mon avis, c’est une nécessité de tester la loi à cet égard. »

Crédibilité des environnementalistes mise en cause

De son côté, le président de la Table des préfets de la Gaspésie, Jean-Guy Poirier, met son grain de sel dans ce débat en faisant valoir qu’Environnement Vert-Plus perd toute crédibilité en s’associant au cimentier Lafarge Canada dans le cadre de cette contestation. « Écoutez, le peu de crédibilité que ces gens détenaient encore, ils viennent de le perdre. »
Jean-Guy Poirier note par ailleurs que les membres du groupe écologiste nuisent à la région en menant désormais cette bataille devant les tribunaux. « Vous savez, les membres d’Environnement Vert-Plus, ce sont des gens de la Gaspésie. Ce ne sont pas des extraterrestres. Ce sont des gens qui vivent ici et leur contestation va donner des armes aux gens de Montréal et d’ailleurs qui sont contre la cimenterie. C’est indécent, le geste qu’a posé Environnement Vert-Plus », soutient M. Poirier.

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