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31 mars 2022 11 h 05

Des mots, des notes et des images

Hommage à un bâtisseur : Jules Bélanger

Hélène Laverdière, conservatrice et directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

GRAFFICI publie exceptionnellement un texte fourni par Bibliothèque et Archives nationales du Québec, l’organisme voulant rendre un hommage à l’enseignant gaspésien Jules Bélanger, décédé en février 2021, à Gaspé.

Alors que s’achèvent les festivités entourant le 100e anniversaire des Archives nationales, nous profitons de l’occasion pour saluer l’action de passionnés qui aident Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) à faire rayonner ses trésors archivistiques. Véritables ambassadeurs et ambassadrices, ces personnes jouent un rôle important.

Gens de la Gaspésie, le nom de Jules Bélanger vous est sans doute familier. Décédé en février 2021, cet ancien professeur de latin, de français et de littérature a signé de nombreux ouvrages sur l’histoire de cette région dont il a toujours défendu le patrimoine avec passion.

En témoigne sa participation à la création de la Société historique de la Gaspésie en 1962 et du Musée de la Gaspésie en 1977 ainsi qu’à l’obtention de l’agrément du centre d’archives du Musée de la Gaspésie en 1990.

Il a aussi milité pour que les archives publiques de la Gaspésie se retrouvent sur leur territoire, contribuant ainsi à la création du plus récent centre d’archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Gaspé, en 2010.

Grand pédagogue, Jules Bélanger a fait beaucoup pour la scolarisation dans la région. En plus d’enseigner pendant de nombreuses années, il a notamment participé à la fondation du Cégep de la Gaspésie. Ses efforts s’inscrivent
en ligne directe avec ceux déployés, au début du XIXe siècle, par d’autres bâtisseurs qui ont aidé à organiser l’éducation dans la Baie-des- Chaleurs.


Acte pour encourager l’éducation élémentaire en Gaspésie, 25 décembre 1831. Photo : Archives nationales du Québec à Gaspé (E17, S300, SS10, P4).

Du rôle des archives au quotidien

Le travail accompli par Jules Bélanger tout au long de sa vie attire l’attention sur le rôle que peuvent jouer les archives dans la vie de tous les jours : notamment, nous aider à comprendre qui nous sommes et d’où nous venons pour mieux préparer ce que nous serons.

Inaugurées en 2010, les Archives nationales à Gaspé se consacrent à la conservation et à la mise en valeur des archives publiques et privées de la région de la Gaspésie. Chaque année, elles accueillent des centaines d’usagers provenant du grand public ainsi que des milieux scolaires, professionnels et culturels.

Certains utilisent les services de BAnQ dans le cadre de recherches touchant l’histoire de leur famille, de leur localité ou de la région. D’autres viennent consulter des documents judiciaires afin de faire valoir leurs droits. D’autres encore viennent pour se divertir.

Voilà de bonnes raisons de fréquenter le centre de Gaspé… comme les neuf autres centres de BAnQ situés aux quatre coins du Québec.

Les Archives nationales sont maintenant centenaires, mais leur aventure ne fait que commencer. En personne ou en ligne, nous vous encourageons à faire des archives la matière première de vos recherches et de vos créations afin d’ajouter votre part à cette histoire qui nous mènera loin.

Merci à tous nos ambassadeurs, merci à Jules Bélanger, dont le legs reste bien vivant!

Hélène Laverdière


Jules Bélanger en 1970. Photo : Ladislas Pordan

 

L’art d’illustrer en fiction l’actualité par la voie romanesque

avec Jocelyne Mallet-Parent

POINTE-À-LA-CROIX | La Gaspésienne d’origine acadienne Jocelyne Mallet-Parent publie déjà son septième roman, Arnaqués.com, un polar dans lequel elle extériorise toutes ses craintes et ses angoisses face à Internet. Un livre fidèle à son style, soit de puiser son inspiration dans les nouvelles de l’actualité.


Jocelyne Mallet-Parent a lancé son dernier livre le 24 mars. Photo : Image gracieuseté des Éditions David

Des fausses nouvelles (fake news) à la cybercriminalité, l’histoire de ce nouveau livre explore les méandres complexes et sournois des réseaux sociaux en suivant trois personnages englués dans la toile du net et qui essaient de s’en déprendre.

Ainsi, à l’instar d’un roman choral, Arnaqués.com raconte en 250 pages le bouleversement dans le quotidien de trois victimes qui ne se rencontreront jamais dans l’écriture et qui pourtant verront leur vie être reliées par l’inspecteur Alex Duval. Une tâche titanesque pour le héros qui devra plonger dans le Web clandestin (dark Web) pour éclaircir cette affaire de fraudeurs invisibles.

« Bien sûr en cette époque numérique dans laquelle nous vivons, je ne peux m’empêcher de penser qu’Internet demeure la plus grande menace dans notre quotidien avec les arnaqueurs en ligne et la désinformation qui y pullule », explique l’auteure de 71 ans résidant dans la Baie-des-Chaleurs. Néanmoins, elle demeure consciente que l’Internet procure une accessibilité déconcertante aux connaissances du monde entier.

« J’ai simplement plongé dans les dérives du Web ; les fakes news partagées par millions lors de la campagne électorale américaine de Donald Trump en 2016 m’ont particulièrement inquiétée », mentionne-telle en ajoutant que l’écriture du livre lui a pris deux ans environ.

Une troublante prémonition

Considérant une première de couverture illustrant la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux de Moscou et une petite partie d’Arnaqués.com se déroulant en Russie, avait-elle vu venir l’invasion russe en Ukraine bien avant les experts en géopolitique?

« Ce n’est qu’un hasard fortuit! Ça n’a rien à voir, je n’espère aucun boycottage de mon livre! », lance-t-elle. « L’idée de camper partiellement mon histoire en Russie m’a effleuré l’esprit en constatant que de nombreux sites frauduleux et d’extorsion proviennent de là », précise-t-elle.

En effet, loin d’être une Nostradamus gaspésienne moderne, Jocelyne Mallet-Parent est en fait une globetrotteuse accomplie qui a voyagé dans plus de 65 pays. Avant de plonger dans l’écriture en 2007, elle a parcouru le monde en étant correspondante internationale en éducation pour les pays de la Francophonie et aussi sous-ministre adjointe au ministère de l’Éducation au Nouveau-Brunswick. C’est d’ailleurs cette ancienne vie qui lui donne cette envie de voyager par l’écriture.

Par ailleurs (petit clin d’oeil), le protagoniste du récit, l’inspecteur de police Alex Duval, se retrouvait dans le roman précédent de l’auteure Basculer dans l’enfer paru en 2017. L’histoire raconte comment de jeunes adolescents se sont radicalisés pour aller faire le djihad au Moyen-Orient. Il s’agit sans doute du roman qui a vécu la plus belle consécration critique et publique de la romancière, selon ses dires.

Il est possible de se procurer Arnaqués.com à la librairie Liber à New Richmond. Sinon, il peut être commandé rapidement dans la plupart des bouquineries. Le roman, publié aux Éditions David, est également disponible en version électronique.

Guillaume Whalen

 

Ma dame en mode virtuel

Claude Lucier

MARIA | Comptant plus de 50 ans de musique dans le système, Claude Lucier, de Maria, a récemment mis en ligne sa dernière composition, Ma dame, une chanson ayant précédemment généré quelques milliers de clics sur Facebook.

Cette composition lui a été inspirée par une expérience assez récente. « Ça fait plusieurs années que je vis seul, depuis 2015 en fait. Depuis ce temps, j’ai eu une amourette, avec quelqu’un 30 ans plus jeune. Ça n’a pas fonctionné et j’ai souffert. J’avais 64 ans, elle en avait 34. C’est bon pour l’ego, cette différence, mais je me suis rendu compte que j’étais dépendant affectif. J’ai été très affecté par la rupture. J’étais en train de fendre mon bois, dans la cour, quand j’ai pensé écrire Ma dame. C’est comme un call. Quand je l’ai mise en ligne, j’ai eu l’impression d’avoir accès au coeur des gens. J’ai été surpris par les réactions. Des gens m’ont appelé pour me dire que la chanson les rejoignait », raconte Claude Lucier.

L’homme de 68 ans a commencé à jouer de la guitare à 12 ou 13 ans, avant de commencer à chanter vers 18 ans. « Je suis autodidacte. Je joue toujours à l’oreille, je ne lis pas la musique. Je ne suis pas capable. Quand je compose, je fais des barbots pour me retrouver ».

Claude Lucier avait enregistré un album vinyle lancé en 1980, Les planteurs de lumière. Lors de la mobilisation populaire de 2003 à 2006 contre le projet d’incinérateur de la firme Bennett à Belledune, il a été un pivot de l’enregistrement du disque compact Baie nette, un album qui a contribué à financer le mouvement contre l’initiative néo-brunswickoise.

« On avait pu compter sur la collaboration de Bruce Cockburn, de la formation autochtone Eagle Feathers, qui a eu, plus tard, une nomination aux prix Juno. J’ai aussi enregistré une chanson sur Albert Leblanc, Le globetrotter à vélo, à l’occasion d’un projet lancé par la Municipalité de Maria, avec des chanteurs locaux », dit-il.

Ma dame a été enregistrée aux Studio Tracadièche, de Carleton-sur-Mer. Claude Lucier vante les compétences du musicien et technicien de son, Richard Dunn, dans cette démarche.

« Il a des compétences que je n’ai pas. Moi, je fonctionne à l’oreille et il est capable de s’ajuster. Il va produire la version qui te ressemble le plus. Il n’a pas un ego artistique. Il ne s’acharne pas à avoir raison mais des bouts, il va s’affirmer. Je n’aimais pas le premier mixage. Il y avait trop de piano. Il n’y avait pas de problème pour lui. Ça m’a pris trois ou quatre mixages différents avant d’aimer le résultat et là, on l’avait », souligne Claude Lucier.

On peut entendre Ma dame sur Bandcamp ou sur la page Facebook de Claude Lucier.

Gilles Gagné


Claude Lucier a composé Ma dame chez lui. Photo : Gilles Gagné