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11 juin 2021 15 h 58

D’un camping sauvage vers un camping plus civilisé

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La Gaspésie a fait les manchettes sur la scène nationale d’une façon pas très élégante l’été dernier. La région a été vue d’une autre façon que bucolique. Des campeurs sans itinéraire précis ont envahi les plages et les lieux publics sans invitation, particulièrement dans les régions de Gaspé et Percé, prenant ces endroits comme des dépotoirs. GRAFFICI propose un rappel de ce qui s’est passé l’an dernier et un survol de ce qui est prévu cet été dans quelques municipalités.


Photo : snazzymaps.com

1. CARLETON-SUR-MER avait déjà posé certains gestes

La situation a été somme toute relativement calme en 2020 dans le chef-lieu d’Avignon. Une réglementation était déjà en place depuis deux ans et aucun débordement majeur ne s’est produit. La Municipalité avait permis à la fabrique de créer 10 sites sur son stationnement pour accueillir des visiteurs supplémentaires. « Notre réglementation fonctionne pour le camping nomade, pour s’assurer que les gens respectent les écosystèmes et les espaces fragiles. On a beaucoup travaillé avec les opérateurs de terrains de camping », explique le maire, Mathieu Lapointe. Il y aura plus de places de camping en 2021 : l’Hostellerie Baie Bleue passera de 11 à 25 emplacements et le camping Aux Flots Bleus du secteur Saint-Omer ajoute 11 emplacements. « Tout ça combiné devrait permettre de répondre à la demande », dit avec confiance le maire, qui ajoute que Tourisme Gaspésie aura des outils pour permettre de voir rapidement en ligne les campings disponibles, « pour éviter que les gens se butent à des endroits complets ».

 2. NEW RICHMOND a bien géré sa situation

« New Richmond a vu des choses qu’on n’était pas habitués de voir, lance d’entrée de jeu le maire, Éric Dubé. Je ne peux pas dire que ça a été la catastrophe durant huit semaines. » Les deux plus gros terrains de camping sont situés sur le territoire municipal. L’élu s’est fixé comme objectif de ne refuser personne, en collaboration avec le bureau d’information touristique. « Si vous êtes à New Richmond, on va vous trouver un coin de gazon, un coin de gravelle entre deux arbres, on va vous accommoder. » Le maire peut compter sur le Parc régional de la Petite-Cascapédia, une entité municipale, qui comprend de grands espaces. « L’an passé, on est allé chercher presque 95 000 $ de revenus, car on avait la capacité d’accueil », souligne M. Dubé.

3. CHANDLER aura un grand camping de débordement

Un quiproquo est survenu à Chandler sur la façon de préparer la saison 2021. La Ville a annoncé son intention de mettre en place un camping de débordement sur le site de la défunte usine Gaspésia, une ancienne papeterie démantelée, avec service de réservation et la possibilité de demeurer sur les lieux jusqu’à 48 heures. Les deux gestionnaires de sites privés n’ont pas apprécié et l’ont fait savoir à la Ville, de sorte que les élus ont revu leur position. Le site ne sera donc disponible qu’une fois les places comblées chez les privés, sans promotion. Le Grand Chandler a vécu certains défis en 2020, surtout en raison des gens qui se sont installés dans les nombreuses haltes routières le long du littoral. « C’est plus à ces endroits qu’on a vu des problématiques. On va faire appliquer le règlement et mettre en place de l’affichage sur 25 sites identifiés. On va travailler en collaboration avec la Sûreté du Québec qui va faire de la surveillance. Si les campeurs sont stationnés illégalement, ils vont être invités à aller vers un camping privé ou le camping de débordement », souligne le maire suppléant, Bruno-Pierre Godbout. Le camping de débordement comptera quelque 70 places. « Ce sera vraiment un service de base », dit l’élu.

4. PERCÉ appliquera à nouveau son règlement

Percé se prépare à faire face à 2021. Au début du mois de mai, les élus constataient déjà que de très nombreuses réservations étaient faites par les visiteurs souhaitant se rendre dans la capitale touristique gaspésienne. Les autorités municipales avaient déjà agi l’été dernier. « Dès 2020, on avait établi certaines façons de faire. On a appliqué notre règlement surtout pour protéger nos milieux fragiles. On va agir de la même façon en 2021. On va rediriger les gens vers les sites appropriés », explique la mairesse Cathy Poirier, qui évite d’utiliser l’expression « camping de débordement ». La plage du secteur de Barachois avait notamment été utilisée par les campeurs itinérants. L’élue croit que toute la sensibilisation faite l’été dernier et même la présentation humoristique du Bye Bye de Radio-Canada, le 31 décembre dernier, aura un effet de retenue sur le grand public.

5. SAINT-MAXIME-DU-MONT-LOUIS planifie le futur

Le site des Lions, cet endroit près de la rivière Mont-Louis avec tables, bloc sanitaire et cantine, et le stationnement de l’église ont été choisis par quelques campeurs l’été dernier. Ces visiteurs d’un soir n’ont toutefois pas vraiment causé de problématique dans la municipalité. « Je n’ai pas vu d’actes extrêmes », souligne le maire, Guy Bernatchez. Un camping de débordement a été créé près du camping Parc et Mer, mais à la condition que le camping soit plein. « S’ils veulent zéro service, ce sera gratuit, mais il y aurait des frais minimums si jamais ils veulent utiliser certains services. On va au-devant des coups. » La municipalité réfléchit à créer un camping pour les amateurs de caravanage sur le site de la halte routière du gouvernement du Québec, près du lac de l’Anse-Pleureuse. « On a fait notre étude de faisabilité et une firme est à préparer un plan d’affaires », explique l’élu. Dix-sept emplacements pourraient être créés sur ce magnifique site. L’an dernier, plusieurs visiteurs ont campé à la halte même si c’est, en principe, interdit. Du sport nautique pourrait même voir le jour à cet endroit.

6. SAINTE-ANNE-DES-MONTS a connu certaines problématiques

La plage Cartier a été le secteur problématique l’été dernier à Sainte- Anne-des-Monts. Toutefois, comme la plage est une propriété municipale, les interventions ont été facilitées. « Nous, en juin 2020, on a modifié notre règlement sur le camping pour créer une zone de débordement qui est le stationnement de l’aréna. Je suis passé à quelques reprises en fin de soirée et j’y ai vu de 15 à 18 campeurs par nuit. Ça a permis de diminuer les irritants du camping sauvage », croit le maire, Simon Deschênes. La municipalité a trois campings privés sur son territoire qui étaient déjà pleins, selon l’élu. « Les gens qui ne veulent pas payer, même si les campings ne sont pas complets, ils vont se trouver un trou [dans une] cachette pour ne pas payer. Aussi bien avoir le stationnement de l’aréna », philosophe l’élu. Un nouveau camping de 100 emplacements verra le jour cet été sur le site de l’ancienne coopérative alimentaire, à quelques pas de la plage Cartier.

7. GASPÉ
Voir l’article Gaspé met en place un nouveau règlement.