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12 mars 2013 15 h 50

Épandage de pesticides : Gaspé est sévèrement critiquée

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La Société de conservation ZICO de la Baie de Gaspé demande à la Ville de Gaspé et à la MRC de la Côte-de-Gaspé de respecter leurs propres règlements concernant l'épandage de pesticides le long des corridors de transport routier, aéroportuaire et ferroviaire.

Dans une lettre très critique, dont nous avons obtenu copie et expédiée à tous les conseillers municipaux de Gaspé et à plusieurs préfectures de la région, le groupe écologiste rappelle le maire et préfet, François Roussy, à ses devoirs en l’exhortant de mettre en application les règlements édictés en 1995 et 1996, ce qui n’est pas encore le cas.

«C’est excessivement troublant de constater que la Ville de Gaspé et la MRC ne respectent pas ses propres règlements. Nous leur demandons depuis un bon bout de temps de cesser l’épandage d’herbicides chimiques. Mais là, nous sommes sans nouvelle et on craint que cela ne se reproduise [cet été] le long de la voie ferrée», souligne la présidente de l’organisme, Margret Grenier.

Dans sa lettre, Mme Grenier rappelle à M. Roussy que le règlement municipal numéro 597-95 de la Ville de Gaspé et le règlement municipal numéro 96-74 de la MRC de la Côte-de-Gaspé, interdisant l’épandage d’herbicides chimiques «concernant l’entretien de la végétation dans tous les corridors de transport routier, ferroviaire, d’énergie et aéroportuaire», ont été adoptés par Gaspé le 5 juin 1995, à l’unanimité et par la MRC de la Côte-de-Gaspé le 13 mars 1996, «également à l’unanimité».

«Les herbicides sont des poisons toxiques envers tous les êtres vivants, incluant les humains» et peuvent contaminer «le sol, l’air, l’eau et la chaîne alimentaire», souligne Mme Grenier, qui rappelle aussi «que tous les herbicides sont bannis en forêt depuis 2002».

De plus, l’écologiste fait remarquer qu’il existe plusieurs alternatives aux herbicides chimiques «dont la vapeur chaude, le traitement thermique, la coupe mécanique, le désherbage manuel, les traverses en plastique recyclé. Si votre volonté est en effet de protéger la santé et l’environnement, il ne faudra plus jamais qu’il y ait des épandages d’herbicides sur la voie ferrée», écrit-elle.

Mme Grenier note aussi que le maire de Gaspé tient un discours contradictoire en portant une attention particulière sur la possibilité de contamination de l’eau potable liée à d’éventuels forages pétroliers, mais en faisant fi de la contamination liée à l’épandage d’herbicides chimiques sur le territoire municipal.

Le maire se défend

François Roussy assure que tout est envisagé pour éviter à terme l’épandage d’herbicides chimiques le long des corridors de transports, notamment le long de la voie ferrée en rappelant que la firme Activa est en train de répertorier les végétaux qui se retrouvent le long de la voie ferrée et d’envisager toutes options autres que l’épandage d’herbicides chimiques. «Écoutez, notre intention est claire et ferme. On veut trouver des solutions autres que l’arrosage et l’épandage de pesticides chimiques pour contrôler la végétation».

M. Roussy concède que sa municipalité ne respecte pas sa propre réglementation en autorisant la Société de chemin de fer de la Gaspésie d’épandre des herbicides chimiques. «Oui, il est clair qu’il y a une telle réglementation à Gaspé, mais pas à la MRC. Et effectivement, quand il y a de l’arrosage, ça va à l’encontre de cette réglementation. Par contre, il y a une autre réglementation qui nous dit qu’on a la responsabilité d’assurer la sécurité des passagers qui utilisent la voie ferrée. Donc il y a deux responsabilités et deux règlements qui se confrontent dans ce dossier-là».