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2 novembre 2011 13 h 56

Hydrocarbures en mer : trop de lacunes, estiment des Gaspésiens

Les lacunes dans les lois et les connaissances sont trop importantes pour songer à aller de l’avant dans la mise en valeur des hydrocarbures dans le Golfe. C’est le message lancé par les participants aux consultations d’hier à Gaspé.

Les consultations visaient à enrichir le contenu de l’évaluation environnementale stratégique commandée à la firme Genivar par le gouvernement du Québec.

Laurent Juneau s’est présenté vêtu d’un T-shirt à l’image de ses craintes. «Non à une marée noire dans le Saint-Laurent», y était-il inscrit. «Le Golfe, c’est un seul écosystème, une mer semi-fermée. S’il arrive une catastrophe, ça refoule partout sur les côtes, et dans l’estuaire», souligne-t-il.

Les emplois dans la pêche et le tourisme doivent être considérés, croit Marie-Claude Trudel. «Dans 20 ou 30 ans, la plate-forme sera peut-être fermée, mais on aura risqué de perdre des emplois plus durables.»

Gilbert Scantland, directeur de la Conférence régionale des élus,  juge «embêtant» de s’opposer à l’exploitation du pétrole. «Ça va se faire à notre bénéfice, sinon ça se fera au bénéfice d’autres provinces.» Toutefois, le modèle actuel, qui «collectivise les risques et privatise les profits» est à revoir, dit-il.

Éric Boucher appelle les citoyens à croire en leur pouvoir. «Si les citoyens décident qu’ils ne veulent pas d’exploitation, les gouvernements devront inévitablement en tenir compte», a-t-il lancé.  

Critiques sur la forme

L’acquisition par Genivar d’une firme de conception d’installations pétrolières les place en conflit d’intérêts, selon M. Juneau. «On l’a appris en même temps que vous, a répondu Christian Couette, de Genivar. C’est une petite entreprise qui fait de l’entretien dans les sables bitumineux. Ce n’est même pas en mer.»

Les citoyens se sont plaints d’avoir manqué de temps pour éplucher la brique de près de 700 pages du rapport, rendu public seulement le 3 octobre. Le mandat de Genivar ne couvre ni Old Harry (projet de forage à 80 km des Îles-de-la-Madeleine), ni la pertinence d’exploiter ou non les hydrocarbures, ont dénoncé certains.

Déjà des changements

La zone dite «de faible sensibilité», une portion de 57 % du Golfe où Genivar recommandait d’aller de l’avant dans son rapport préliminaire, pourrait fondre comme neige au soleil à la suite des commentaires reçus.

Les zones côtières d’une profondeur de 0 à 20 mètres seront automatiquement qualifiées de «forte sensibilité». Presque toute la Baie-des-Chaleurs et le pourtour des Îles-de-la-Madeleine vont acquérir ce statut, tout comme l’ensemble des zones d’importance écologique et biologique. Les secteurs d’intérêt touristique, où sont organisées des excursions en mer, seront aussi considérés.  

La présentation de Genivar hier mentionnait d’éventuelles redevances régionales, une notion absente du rapport préliminaire.

M. Couette, de Genivar en a rajouté sur l’insuffisance des systèmes en place pour intervenir en cas de déversement. «Les systèmes actuels sont faits pour traiter des accidents de la navigation de 15 000 tonnes maximum.» Le forage de BP dans le Golfe du Mexique en a laissé échapper 700 000 tonnes, a-t-il ajouté.

Les consultations se poursuivent ce soir à Chandler, le 3 novembre à Bonaventure et le 8 novembre aux Îles-de-la-Madeleine.